Citoyen américain à Manhattan.
Citoyen américain à Manhattan.
Citoyen américain à Manhattan.  ©Getty - SPENCER PLATT
Citoyen américain à Manhattan. ©Getty - SPENCER PLATT
Citoyen américain à Manhattan. ©Getty - SPENCER PLATT
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Résumé

Guillaume Erner, à l'aide des sciences sociales, éclaire quotidiennement l'actualité du Covid-19. Alors que le Conseil scientifique réuni par l'exécutif préconise six semaines de confinement, le producteur des Matins interroge ses conséquences directes et indirectes.

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Donc ce confinement devrait durer six semaines en tout, j'ai bien l'impression que c'est ce à quoi l'on prépare l'opinion. Un aréopage de savants s'est réuni et a suggéré au gouvernement de nous maintenir en appartement pendant 42 jours. Dans ces conditions, difficile de passer outre : on voit mal comment l’exécutif pourrait décréter une levée de cette mesure avant la date fatidique... Reste malgré tout une interrogation. 

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Ce comité de sages est composé de médecins, lesquels doivent apprécier la meilleure manière de combattre une épidémie. Combattre une épidémie, le principe est simple : faire en sorte que celle ci fasse le moins de victimes possible. Si ces scientifiques ont décidé d'étendre le confinement de la sorte, c'est parce que leurs connaissances des épidémies les autorise à dire qu'au bout de six semaines, la maladie sera stoppée. Oui mais voilà : cette décision ne concerne que l'épidémie, je veux dire les victimes causées par l'épidémie. Il s'agit, et on le comprend fort bien, de minimiser le nombre de morts provoqué directement par le Coronamachin. Problème : a-t-on calculé dans le même temps les « externalités », autrement dit les dégâts directs et indirects causés par le confinement ? 

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Un peu partout dans le monde, des voix s’élèvent pour expliquer que toutes les conséquences du confinement n'ont pas été prises en compte

C'est notamment le propos de l'historien israélien, Adam Raz, dans le journal « Haaretz ». Car une période comme celle-ci aura de nombreuses conséquences directes et indirectes. Pas facile de supporter l'enfermement, de le supporter sans se venger sur les chips, de le faire aussi sans sombrer dans la dépression ou les apéros Skype, voire les apéros tout court. Combien de personnes vont mal vivre ce moment, très mal le vivre. 

Et quelles conséquences cela pourrait-il avoir en terme de santé publique ? 

Et tous ces malades qui vont hésiter avant d'aller chez le médecin, les traitements parfois sérieux qui ont été repoussés, les différentes pathologies qu'il faudrait diagnostiquer maintenant et que l'on ne diagnostiquera pas, parce que chacun a bien compris que tout devait être remis à après demain. Cela, ce sont les conséquences directes du confinement, mais bien entendu plus ce confinement se prolonge plus ses conséquences indirectes vont être lourdes. 

Les conséquence indirectes vont être lourdes 

Je songe bien sûr d'abord aux conséquences économiques. Or, on le sait, les périodes de crise économiques pèsent sur la santé de tous, elles sont anxiogènes, le chômage entraîne d'autres pathologies, bref tout cela aura aussi des conséquences. Tout cela pour dire que la durée du confinement participe d'un calcul en réalité bien complexe. Face, les morts du Covid 19. Mais pile, et il ne faudrait pas les oublier, tous les morts liés aux conséquences directes et indirectes du confinement. Problème, les premiers sont beaucoup plus faciles à évaluer que les seconds. Car c'est cela la clé – autant les modèles épidémiologiques, pour prévoir les épidémies, sont nombreux, autant les modèles pour prévoir les conséquences du confinement sont compliqués à mettre en œuvre. Voila pourquoi on se fie aux premiers et pas aux seconds : comme le fou de la blague qui cherche ses clés sous le lampadaire, parce que là au moins il y a de la lumière. 

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Guillaume Erner
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