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Les couleurs de l'oubli
Les couleurs de l'oubli

« Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir » Pensées de Pascal mort à 40 ans.

Pour évoquer la maladie d’Alzheimer, Alain Finkielkraut a invité le philosophe empiriste Michel Malherbe dont la femme est atteinte du mal et qui évoque cette expérience intime dans le récit « Alzheimer : la vie, la mort, la reconnaissance »,

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et le médecin-chercheur, directeur du Centre d’études du vivant et président du Comité consultatif national d’éthique Jean-Claude Ameisen.

Dans sa première intervention Michel Malherbe évoque la reconnaissance. En effet la question habituelle qui est posée aux proches dans de tels cas est : Est-ce qu’elle te reconnait ? Or la bonne question est : Est*-ce que moi je la reconnais ?*

Le regard des malades s’attache à vous et on est prisonnier de ce regard qui n’a pas d’horizon. Or sans horizon il n’y a pas de monde, pas de perspectives, pas de sujet. C’est donc un regard sans sujet ou un sujet vide.

Il incombe à l’accompagnant de procéder à un acte de reconnaissance pour que le regard ne soit plus celui de l’absence mais devienne celui de la présence et de la confiance.

Pour **Michel Malherbe ** la maladie d’Alzheimer est une destruction de la personne et pas seulement de ses capacités

Pour Jean-Claude Ameisen , médecin-chercheur, président du Comité consultatif national d’éthique, et co-auteur de **Les couleurs de l’oubli, ** ne croire que ce que l’on voit a été une tentation dans la médecine notamment pour l’autisme, la maladie de Sachs, le locked-in syndrome et l’empirisme une source d’erreur.

Pour le cas d’Alzheimer il faut restaurer la personne ce qui induit qu’elle est toujours là.

Que puis-je percevoir de la vie intérieure de l’autre ? Ce que j’en perçois ne peut être la réalité entière. Le problème est comment connaître (et non reconnaître).

Notre impossibilité à imaginer que les malades ont une vie intérieure nous faisait croire qu’ils n’en ont pas. Nous passons un tiers de notre vie à dormir, nous ne pouvons dire que nous n’avons pas de vie intérieure dans ces moments là même s’il n’y pas de conscience et de rationalité.

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