"Ethan Frome", un roman d'Edith Wharton

Portrait d'Edith Wharton (1862-1937)
Portrait d'Edith Wharton (1862-1937) ©Getty - E. F. Cooper, Newport, Rhode Island - Wikimedia Commons
Portrait d'Edith Wharton (1862-1937) ©Getty - E. F. Cooper, Newport, Rhode Island - Wikimedia Commons
Portrait d'Edith Wharton (1862-1937) ©Getty - E. F. Cooper, Newport, Rhode Island - Wikimedia Commons
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Conversation autour du roman d’Edith Wharton, "Ethan Frome" avec les écrivains, Julie Wolkenstein et Frédéric Vitoux.

Avec

Alain Finkielkraut s'entretient avec les écrivains, Julie Wolkenstein et Frédéric Vitoux, à propos d'un roman de l'écrivaine américaine, Edith Wharton (1862-1937),  Ethan Frome - court roman, publié en 1911, et traduit dans une nouvelle version par Julie Wolkenstein (éd. POL, 2014).

Ethan Frome, dans une petite ferme du Massachusetts, est sous la domination de sa femme Zenobia, une mégère hypocondriaque qui dépense tout l'argent du ménage à soigner des maladies imaginaires. L'arrivée de Mattie Silver, une cousine de Zenobia, illumine la vie d'Ethan en lui apportant de la douceur e de la compréhension. Mais elle déchaîne la jalousie de la redoutable Zenobia,.. (Ethan Frome, d'Edith Wharton)

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"Edith Wharton (1862-1937), la grande amie de Henry James (1843-1916), n'a pas seulement dépeint avec une implacable lucidité les travers et les tourments, les intrigues et les frustrations, les manigances et les malheurs des heureux du monde ; Ethan Frome, le roman peut-être le plus beau et en tous cas, le plus déchirant qu'elle ait écrit, se passe dans un village perdu de la Nouvelle-Angleterre, et ses héros sont des oubliés du monde. Avec Julie Wolkenstein,   qui nous offre une nouvelle traduction d' Ethan Frome, et Frédéric Vitoux, l'un des plus fins connaisseurs d'Edith Wharton, nous allons tenter de partager notre passion pour ce chef-d'œuvre méconnu de la littérature mondiale." Alain Finkielkraut.

Julie Wolkenstein

Pourquoi avoir retraduit le texte ? La question se pose d'autant plus qu'il n'existait pas seulement la version de Pierre Leiris, mais une version en français d'Edith Wharton elle-même, qui publie le texte en anglais en 1911, et en donne une version d'auteur en 1912, sous le titre de "Sous la neige". C'est intéressant lorsqu'on regarde cette version, parce qu'il ne reste à peu près rien de ce qui fait la force du roman en anglais - elle parlait couramment le français, c'est donc un français châtié, mais justement, on a l'impression qu'elle essaie de se conformer à la langue de ses amis qu'elle fréquentait à Paris. Il y a quelque chose d'extrêmement corseté, de vieilli.

Elle donne des détails pour les Français, mais ne rend pas justice à l'œuvre. J'ai été frappée par le texte en lisant la traduction de Pierre Leiris, à la fois sous le choc, mais avec le sentiment que quelque chose m'échappait du texte d'origine, il y avait aussi, quelques tournures ampoulées. Ce que j'ai découvert sur le texte en le lisant et en le traduisant, c'est une langue d'une grande sobriété, brute, en somme. La plupart des traductions de l'anglais vieillissent. J'ai essayé d'être le plus près possible du texte.

Frédéric Vitoux

Je pense que c'est comme avec une sonate de Beethoven, pourquoi on n'aurait pas plus d'une réinterprétation ? Ce que je peux dire, c'est que le côté ampoulé de chez Pierre Leiris ne m'avait pas frappé. Quand vous prenez la première phrase du roman, par exemple, quand vous dites : " Le paysage était noyé sous soixante centimètres de neige" ou "sous trois pieds de neige", alors on peut dire que c'est plus simple de dire "soixante centimètres de neige", mais moi j'aime bien les trois pieds, ça me met dans le climat de l'époque, dans une sorte d' exotisme lointain du Massachussetts de la fin di 19e - dire soixante centimètres de neige, c'est peut-être plus facile pour un lecteur français, c'est deux options différentes, je ne me permettrais pas de trancher.

L'émission est écouter dans son intégralité en cliquant sur la page.

Une rediffusion de l'émission du 14/06/2014.

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