L'écrivain Milan Kundera (né en 1929), à Paris le 17 septembre 1982 ©Getty - Francois LOCHON/Gamma-Rapho
L'écrivain Milan Kundera (né en 1929), à Paris le 17 septembre 1982 ©Getty - Francois LOCHON/Gamma-Rapho
L'écrivain Milan Kundera (né en 1929), à Paris le 17 septembre 1982 ©Getty - Francois LOCHON/Gamma-Rapho
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Résumé

Conversation autour de l'œuvre de Milan Kundera entrée dans la Pléiade, avec Dominique Fernandez et le regretté François Ricard

avec :

François Ricard, Dominique Fernandez (Ecrivain).

En savoir plus

En avril 2011, Alain Finkielkraut s'entretenait avec les écrivains, essayistes, Dominique Fernandez et François Ricard, dans une émission consacrée à Milan Kundera, à l'occasion de la parution en Pléiade de "Œuvre".

"Innombrables sont les écrivains qui écrivent des livres. Rares, infiniment rares, ceux qui deviennent des livres. Plus rares encore, ceux qui connaissent de leur vivant, cette transsubstantiation. C'est le cas de Milan Kundera, entré dans la Bibliothèque de la Pléiade. En plus de son corps de chair, le voici désormais doté de ce corps glorieux, deux forts volumes, 13 cents pages en papier bible. Je me réjouis de cet événement, avec le grand écrivain Dominique Fernandez et François Ricard, auteur de cette édition dans la Pléiade. Il ne s'agit pas d'une édition comme les autres : nous ne sommes pas invités à lire les œuvres de Kundera, mais l'œuvre. Pourquoi donc ce singulier ?" Alain Finkielkraut

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François Ricard

"C'est effectivement le seul cas dans la collection de la Pléiade. Pourquoi ce singulier ? C'est bien pour marquer l'unité de l'œuvre de Kundera d'une part - même si l'édition comprend quinze livres, dix romans, une pièce de théâtre, quatre essais, tout cela forme un ensemble homogène, un ensemble traversé toujours par les mêmes thèmes, les mêmes préoccupations, le même art - cet art du roman, mais il marque aussi une certaine exclusion.

Milan Kundera, un auteur qui a toujours tenu à bien marquer les limites de son œuvre

"Cette édition ne comprend pas, comme le font d'autres éditions, les textes de jeunesse, les écrits de circonstance, mais uniquement ce que Kundera assume en pleine maturité, en pleine conscience, comme l'ensemble des écrits dans lesquels il a réalisé pleinement ses volontés esthétiques. Unité, complétude, aussi. On a donc l'ensemble, la totalité de l'œuvre qui nous est présentée." François Ricard

Dominique Fernandez

"Longtemps on a fait de Kundera le dissident. Et depuis qu'il n'est plus le dissident, alors il ne serait plus rien ?! Ce qui m'a frappé en relisant [La Plaisanterie] c'est que tous ces thèmes, la désillusion, la trahison, l'immaturité, le mélange du grotesque et du tragique, sont éternels et pas du tout liés à Prague, ni aux événements d'alors qu'il y avait en Tchécoslovaquie.[…] Ses œuvres sont éternelles, elles sont nées d'un artiste et pas du tout d'un homme engagé politiquement. […] Ce qui va rester ce n'est pas l'engagement politique, c'est l'œuvre."

François Ricard

" Tout son effort depuis peut-être le début consiste justement à quitter le monde de l'histoire politique, de l'histoire sociale, vers l'histoire de l'art. Il s'installe en quelque sorte, il se situe dans l'histoire de son art, qui est l'histoire du roman. Et non pas dans l'histoire de son pays, ni même dans l'histoire du continent européen, ni surtout dans l'histoire de sa propre vie."

L'émission est écouter dans son intégralité en cliquant sur le haut de la page.

Une rediffusion du 9/04/2011

Un cycle de rediffusions "Répliques"

"Vous êtes nombreux à avoir noté le cycle de rediffusions de l’émission, Répliques, que nous vous proposons depuis plusieurs semaines. L’état de santé d’Alain Finkielkraut n’a pas pu lui permettre de venir à l’antenne et nous vous remercions de votre attention et de votre fidélité. Nous espérons tous qu’il sera le plus rapidement possible en situation de pouvoir retrouver ses auditeurs. Bien cordialement." Sandrine Treiner – directrice de France Culture.