Pandémie mondiale
Pandémie mondiale ©Getty -  Fiordaliso
Pandémie mondiale ©Getty - Fiordaliso
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Alors que le Premier ministre a annoncé le 18 mars dernier de nouvelles mesures restrictives pour freiner la progression de l'épidémie de Covid-19, Répliques propose une analyse des conséquences de la pandémie et des choix politiques qui ont été fait. Qu'en est-il de l'expérience de la maladie ?

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Voici plus d'un an déjà que le monde vit au rythme que lui impose le coronavirus. L'état d'urgence sanitaire se prolonge, les confinements se succèdent, malgré l'ouverture de vaccinodromes, une troisième vague se profile. En France, mais aussi dans des pays aussi peu chamailleurs que l'Allemagne ou la Hollande, les gens n'en peuvent plus. Cette lassitude est multiforme, on se plaint pêle-mêle de l'inefficacité des gouvernants et des mesures autoritaires qu'ils prennent pour enrayer les contaminations. On incrimine simultanément cette foutue maladie et les restrictions des libertés. Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai invité aujourd'hui Jean-Pierre Le Goff, qui publie La société malade, et Jean-Pierre Dupuy, qui fait paraître ses pensées par temps de pandémie sous le titre La catastrophe ou la vie. Et c'est sur le mot de "catastrophe" que portera ma première question ; qu'est-ce qui est catastrophique ? Est-ce la pandémie elle-même ? Est-ce la politique brouillonne menée contre cet ennemi retors et invisible ? Est-ce l'ordre sanitaire instauré en réponse à un virus certes très contagieux, mais dont la létalité est inférieure à 0,5 % ?

Le caractère contingent de la pandémie 

On n'arrête pas de confondre le virus et la maladie ; or, il faut absolument les distinguer. [...] On parle de maladie auto-immune, c'est-à-dire notre système immunitaire qui ne sait plus faire la différence entre le soi et le non-soi. [...] Et comme c'est une pandémie, elle ne s'arrêtera pas tant qu'il restera un seul pays qui sera encore en proie à la maladie. [...] Mon livre se conclut par un appel à la fraternité devant la mort. Jean-Pierre Dupuy

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Subitement, il y a le retour du tragique, et qui touche votre chair, donc un rapport à la finitude auquel vous ne pouvez pas couper. [...] Surtout qu'en mars 2020, on se savait rien, entourés d'images ultra-anxiogènes de cercueils, de morgues et de services hospitaliers débordés. Ce qui m'a frappé c'est un sentiment de vanité très grand par rapport à un certain nombre de discussions intellectuelles. [...] Cette pandémie est synonyme de grand chaos intellectuel et de grande confusion. Jean-Pierre Le Goff

Pour aller plus loin

Jean-Pierre Dupuy : "Ce virus est malin, il a compris que s'il tuait son hôte, il se suicidait", L'Express, 21 mars 2021.