La protéine Tau (en orange) a été soupçonnée par certains scientifiques de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer.
La protéine Tau (en orange) a été soupçonnée par certains scientifiques de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer. ©Getty -  JUAN GAERTNER/SCIENCE PHOTO LIBRARY
La protéine Tau (en orange) a été soupçonnée par certains scientifiques de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer. ©Getty - JUAN GAERTNER/SCIENCE PHOTO LIBRARY
La protéine Tau (en orange) a été soupçonnée par certains scientifiques de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer. ©Getty - JUAN GAERTNER/SCIENCE PHOTO LIBRARY
Publicité

La peur de la fin de vie et de son triste cortège supplante la peur de la mort. Cette dernière devient moins angoissante que le lent et inexorable déclin que l'on appelle la maladie d'Alzheimer.

Avec
  • Olivier Saint-Jean Olivier Saint-Jean, Professeur de gériatrie, directeur du service de gériatrie de l'hôpital européen Georges-Pompidou, membre de la Commission de Transparence de la Haute Autorité de Santé, et enseigne à l'université Paris-Descartes
  • Bruno Dubois Chef du service des maladies cognitives et comportementales de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière

Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais dans la vie des hommes d'améliorations qui ne soient payées de détérioration et de mots, écrivait naguère Leszek Kołakowski.  Aucun progrès, même celui pourtant triomphant de la médecine n'échappe à cette règle de fer grâce aux merveilleuses avancées thérapeutiques. Nous gagnons trois mois de longévité tous les ans et nous pouvons espérer vivre jusqu'à 90 ans pour les femmes et au moins 85 ans pour les hommes. 

L'espoir et l'effroi

Mais cette très bonne nouvelle est aussi une nouvelle inquiétante. Elle apporte en même temps l'espoir et l'effroi. Le professeur Dubois, qui est président de la Société française de neurologie et chef de service des maladies cognitives et comportementales à l'hôpital de la Salpêtrière, nous dit en effet qu'à cet âge avancé, nous avons près d'une chance sur deux de développer la maladie d'Alzheimer. Ce qui fait que se produit en nous une véritable révolution existentielle : la peur de la fin de vie et de son triste cortège supplante la peur de la fin de la vie. La mort devient moins angoissante que le lent et inexorable déclin de celle ci que l'on appelle la maladie d'Alzheimer.

Publicité
58 min

Le professeur Saint-Jean, qui dirige le service de gériatrie de l'hôpital européen Georges-Pompidou, nous dit qu'elle est un leurre où, plus précisément, une construction sociale pour décrire la vieillesse. Cette démystification fracassante n'est pas vraiment rassurante puisqu'elle identifie, sans autre forme de procès, la vieillesse et le presque rien d'un état d'hébétude, sans appétences et sans jouissance. Mais nous sommes des grandes personnes. Nous ne sommes pas là pour être rassurés. Nous sommes là pour comprendre. Il nous revient de regarder la réalité en face. 

L'équipe

Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut
Production
François Caunac
Réalisation
Anne-Catherine Lochard
Collaboration