La Parabole du bon samaritain

Le Bon Samaritain, par Johannes Pieter de Frey (1780 - 1834).
Le Bon Samaritain, par Johannes Pieter de Frey (1780 - 1834). ©Getty -  Sepia Times
Le Bon Samaritain, par Johannes Pieter de Frey (1780 - 1834). ©Getty - Sepia Times
Le Bon Samaritain, par Johannes Pieter de Frey (1780 - 1834). ©Getty - Sepia Times
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En octobre 2020, le pape François a signé l’encyclique "Fratelli Tutti" où il développe la notion d'amitié sociale. L'émission du jour propose une exégèse de la parabole du bon samaritain.

Avec
  • Pierre Manent Philosophe, historien et directeur d’études honoraire à l’EHESS
  • Camille Riquier Professeur et doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, membre du comité de la revue Esprit ainsi que de la revue Philosophie

"C'est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. Jésus lui dit 'Va et toi aussi fait de même.'" La brûlante question migratoire a mis au cœur de l'actualité le texte extrait de l'Évangile selon Saint Luc. Dans sa dernière encyclique "Fratelli Tutti", le pape François s'appuie sur ce texte pour réclamer aux pays européens arc boutés sur leurs frontières une politique d'ouverture et même d'hospitalité inconditionnelle. Le souverain pontife a-t-il raison ? Est-il dans son rôle ? Peut-on ou doit-on, pour être fidèle à l'enseignement du Christ, politiser sans autre forme de procès la parabole du bon Samaritain ? Si l'on veut répondre intelligemment à cette épineuse question, il faut commencer par faire un peu d'exégèse. Je demanderai donc à mes deux invités, les philosophes Pierre Manent et Camille Riquier, ce que signifie selon eux cette parabole si justement célèbre. 

Quelle signification politique pour cette parabole ? 

La question de l'hospitalité et de la manière dont on doit accueillir l'étranger se pose. La parabole du bon Samaritain peut être une réponse possible. Après, il y a la difficulté d'en faire une politique. Parce que c'est là que le pape François va très loin puisqu'il n'en fait pas simplement une éthique, mais semble lui donner une portée politique. Il est très compliqué de penser une politique chrétienne et il n'est pas sûr qu'il y en ait jamais eu. Néanmoins, il est juste de proposer une signification politique de la parabole sans pour autant en faire une politique. [...] Le pape se retrouve face à une situation dramatique qui a lieu d'ailleurs en Méditerranée, c'est-à-dire la mer du Saint-Siège. Camille Riquier

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Cette idée que les religions, au XIXe siècle, étaient destinées à réunir les hommes introduisaient de nouvelles séparations et que donc l'unité humaine devait se produire sur le plan de l'humanité elle-même. Donc c'était l'ensemble humain qui constituait l'objet de l'affection humaine, l'objet de la foi et de la charité et de l'espérance. C'est cela l'humanisme. Si l'humanisme doit avoir un sens, bien sûr, ce n'est pas du tout le christianisme. Le christianisme suppose que l'humanité ne peut être réunie que par la médiation du Christ.  Pierre Manent 

Pour aller plus loin

Qui est le « bon Samaritain » ?, par Pierre Manent, Revue Commentaire, n°172, hiver 2020.

"Parce que nous ne savons plus croire, nous nous mettons à croire n’importe quoi", entretien avec Camille Riquier, Le Figaro, 29/02/2020.

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