Madame Bovary, édition de 1905 ©Getty - Bibliothèque Nationale De France / DeAgostini
Madame Bovary, édition de 1905 ©Getty - Bibliothèque Nationale De France / DeAgostini
Madame Bovary, édition de 1905 ©Getty - Bibliothèque Nationale De France / DeAgostini
Publicité
Résumé

"Madame Bovary c’est moi." Cette phrase célèbre, que Flaubert n'a jamais écrite, l'a-t-il seulement prononcée un jour ? Quoi qu'il en soit, que nous dit-elle du rapport singulier entre l’auteur et sa plus célèbre créature ?

avec :

Michel Winock (Historien, spécialiste de l’histoire de la République française et des mouvements intellectuels contemporains), Yvan Leclerc (Professeur de lettres modernes à l’université de Rouen, spécialiste de Flaubert et directeur du centre Flaubert.).

En savoir plus

Alain Finkielkraut s'entretient avec Michel Winock, historien et auteur d'une biographie de Gustave Flaubert, et Ivan Leclerc, qui dirige le Centre Flaubert de l'Université de Rouen.

Mais cette célèbre phrase, "Madame Bovary, c'est moi" Flaubert l'a-t-il jamais écrite ou prononcée ?

Publicité

Cette phrase est apocryphe. Flaubert a même écrit le contraire : "Bovary aura été un tour de force inouï : sujet, personnage, effets, etc. tout est hors de moi." Mais tout n’est pas si simple. Il y a quand même quelque vérité dans cette phrase. Pour ma part, j'en vois deux. La première est que Flaubert a éprouvé comme son héroïne l’ennui de manière obsédante, et la mélancolie aussi, pour des raisons diverses : sa maladie nerveuse - il souffrait d'une forme d'épilepsie - sa solitude à Croisset pendant de longues années, ses deuils. Il a vécu comme son héroïne le décalage entre ses aspirations et la trivialité de la vie sociale au milieu du XIXe siècle. Comment y échapper ? Par le rêve, par la révolte aussi. Il y a une solidarité avec son héroïne. La seconde vérité réside dans l’empathie de l’écrivain avec son personnage, une empathie qui va si loin qu’au moment où Flaubert rédige la scène du suicide à l’arsenic d'Emma Bovary, il va vomir par deux fois.          
Michel Winock

À réécouter : La mort d’Emma
Références

L'équipe

Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut
Didier Lagarde
Réalisation