L'ancien premier Ministre, Georges Pompidou (1911-1974), saluant à l'arrière d'une Citroën DS. Paris, 1er mai 1969, il annonce sa candidature à la présidence
L'ancien premier Ministre, Georges Pompidou (1911-1974), saluant à l'arrière d'une Citroën DS. Paris, 1er mai 1969, il annonce sa candidature à la présidence ©Getty - (Photo by Reg Lancaster/Daily Express/Hulton Archive
L'ancien premier Ministre, Georges Pompidou (1911-1974), saluant à l'arrière d'une Citroën DS. Paris, 1er mai 1969, il annonce sa candidature à la présidence ©Getty - (Photo by Reg Lancaster/Daily Express/Hulton Archive
L'ancien premier Ministre, Georges Pompidou (1911-1974), saluant à l'arrière d'une Citroën DS. Paris, 1er mai 1969, il annonce sa candidature à la présidence ©Getty - (Photo by Reg Lancaster/Daily Express/Hulton Archive
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Conversation avec Franz-Olivier Giesbert et Maxime Tandonnet à propos de la France des années 1970.

Avec

Alain Finkielkraut s'entretient  avec Franz-Olivier Giesbert, journaliste, auteur de  La Belle époque, deuxième volume de son  Histoire intime de la Ve République, et Maxime Tandonnet, essayiste et biographe qui fait paraître Georges Bidault, de la Résistance à l'Algérie française, auteur par ailleurs d'une passionnante  Histoire des présidents de la République.

"C’était le bon temps. Quand la France contemporaine nous accable, il suffit, pour aller mieux, de revoir celle des années 1970, rythmées par les films de Sautet, les chansons de Dalida, Nino Ferrer, Alain Bashung. Sous le signe - très masculin - de Pompidou, Giscard, Mitterrand, Barre, Rocard, Sartre et Mao, elles furent à la fois insouciantes, bourgeoises et révolutionnaires." Franz-Olivier Giesbert Histoire intime de la Ve République, La Belle époque

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"Nous allons regarder derrière nous et nous plonger dans les années 1970, pompidoliennes, giscardiennes mais aussi gauchistes. Nous allons commencer par ce titre de Franz-Olivier Giesbert, La Belle époque et demander à nos deux invités s'ils ont la nostalgie des années 70 ? " Alain Finkielkraut

"On avait l'impression que l'avenir était ouvert, qu'on pouvait presque changer le monde"(F-O Giesbert)

"Lorsqu'on pose la question comme ça, évidemment on a envie de dire "Ben non, c'était pas mieux avant", mais oui, c'était quand même mieux avant, au moins sur un point qui est très important : on avait l'impression que l'avenir était ouvert, qu'on pouvait encore faire plein de choses, qu'on pouvait presque changer le monde, le monde nous appartenait. Il y a un chiffre très simple qui explique tout ; le niveau de vie en 1975 après le premier choc pétrolier en France était le cinquième au monde ; il y a un an ou deux, il était tombé au vingt-sixième rang, vous voyez un peu cette dégringolade. Ca explique beaucoup de choses dont ce sentiment de déclin que vivent beaucoup de Français dans leur chair. Evidemment, le niveau de vie a augmenté, il a augmenté partout dans le monde, mais on a augmenté moins vite. Dans le monde on n'a plus la place qu'on avait, on est sur une pente descendante, et cela va en s'accélérant." Franz-Olivier Giesbert ,

"Il y a aussi autre chose : c'était cette espèce de foisonnement culturel qui était encore présent et fascinant. Dans le monde, on regardait la France. Aujourd'hui, le capital culturel dans le monde c'est plutôt New-York, Londres, Berlin. Mais je ne dis pas que la France ne reviendra pas, je ne suis pas décliniste, il faut juste identifier les problèmes, les régler." Franz-Olivier Giesbert

"La baisse du niveau scolaire aujourd'hui n'est pas un fantasme" (M. Tandonnet)

"Je pense qu'on était plus libres, je pense à Coluche, Thierry Le Luron, cet humour qui existait à l'époque a quasiment disparu aujourd'hui et serait considéré comme intolérable voire interdit. Je crois aussi que la baisse des écoliers est évidente. On avait une instruction dans les collèges, les lycées, la baisse du niveau scolaire n'est pas un fantasme. Un lycéen moyen des années 70 avait entendu parler de Napoléon, il connaissait Voltaire, Montesquieu, il avait une base, une curiosité intellectuelle. Il y a ce déclin économique bien sûr, mais le déclin intellectuel est plus grave encore, et la baisse du niveau scolaire est devenue dramatique. Quand on regarde le déclin de l'enseignement du français, c'est incroyable, la baisse du nombre d'heures enseignées en collèges et lycées vient aussi de là, on n'enseigne plus ce qu'on nous enseignait et que nous adorions. Le déclin de l'Education nationale vient aussi de là (...)"  Maxime Tandonnet.

L'émission est à écouter dans son intégralité en cliquant sur la page.

Bibliographie

Franz-Olivier Giesbert,  Histoire intime de la Ve République,  La Belle époque éd. Gallimard 2022.

Maxime Tandonnet,  Georges Bidault, de la Résistance à l'Algérie française éd. Perrin 2022

Maxime Tandonnet,  Histoire des présidents de la République, éd. Perrin 2013.

Jean Baudrillard, Cool memories, 1980-1985, éd. Galilée

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