Augmentation de la fréquence des pubertés précoces avant 8 ans : que faire ?

Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments...
Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments... ©Getty - 	Sol de Zuasnabar Brebbia
Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments... ©Getty - Sol de Zuasnabar Brebbia
Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments... ©Getty - Sol de Zuasnabar Brebbia
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L’âge des premières règles étaient de 17 ans au milieu du XIXe siècle, il est passé à 13 ans un siècle plus tard. Désormais, les cas de très jeunes enfants pubères se multiplient. 8 ans pour la fille et 9 ans et demie pour le garçon. Un phénomène en hausse et dont on cherche les causes.

Aujourd’hui la puberté précoce dont l’incidence semble de plus en plus fréquente est définie par la survenue de règles avant 8 ans pour la petite fille et 9 ans et demie pour le petit garçon. Est-ce préoccupant ? Oui, nous répond Juliane Léger , professeur à l’hôpital Robert Debré, service d’endocrinologie pédiatrique, et coordonnatrice du Centre de Référence des Maladies Endocriniennes Rares de la Croissance (CRMERC), cette pathologie est préoccupante car cela peut poser des problèmes médicaux mais aussi comportementaux. 

Révolutions médicales
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Tout d’abord il faut éliminer une cause centrale : une possible tumeur cérébrale dont il existe plusieurs variantes. Même si la majorité des pubertés précoces sont sans causes identifiables cet examen par IRM est nécessaire. Une fois le diagnostic posé il faut discuter d’un éventuel traitement pour retarder la puberté. En effet, il faut éviter que celle-ci survienne et entraîne un arrêt prématuré de la croissance. Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments : des précisions que nous donneront Juliane Léger.Mais une approche psychologique est également nécessaire, autant pour les enfants que pour les parents. En effet la puberté précoce peut retentir sur le comportement de l’enfant et entraîner une crise d’adolescence prématurée ce qui ne manque pas de poser des problèmes pour toute la famille. Le mécanisme de la puberté, précoce ou non, reste mystérieux. La mise en route du réseau hypothalamo-hypophysaire avec les pulses de GnRH nocturnes puis diurnes. Le rôle des neuropeptines telles que les kisspeptines, l’importance des cellules gliales. Les facteurs génétiques mis en évidence chez les jumelles monozygotes ou dans certaines familles, l’isolement de certaines mutations comme le MKRN3 indiquent des étiologies possibles de cette situation. Néanmoins, l’accent est mis, de plus en plus, sur le rôle des polluants endocriniens environnementaux (oestrogènes de toute sorte et particulièrement les xeno oestrogènes – pesticides, dioxynes, phtalates, etc. –) A ces facteurs environnementaux s’associent des facteurs psychologiques particulièrement remarquables dans le cas d’augmentation des incidences des pubertés précoces chez les enfants adoptés ou chez les enfants de migrants même étant avec leurs parents. C’est donc à une prise en charge plusridisciplinaire à laquelle il faut avoir recours pour les familles dont les petites filles ou les petits garçons sont touchés par cette avance pathologique de l’âge de la puberté.

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