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La revue de presse de ce soir, comme La Dispute , s’intéresse au petit écran. Quoique… “Matthew Weiner, à qui l’on doit le scénario de * Mad Men et la réalisation de plusieurs épisodes de la série, passe au cinéma* , nous apprend une notule de TéléObs . Début mai prochain, il entamera le tournage de * You Are Here, un road-movie réunissant deux amis d’enfance dont l’un vient hériter d’une petite fortune. Au générique, Owen Wilson et Zach Galifianakis.“*

Matthew Weiner va ainsi à rebours d’une tendance de fond du cinéma hollywoodien, qui voit plutôt les cinéastes s’intéresser à la petite lucarne, comme réalisateurs de pilote ou producteurs, à l’instar de Steven Spielberg, Martin Scorsese, Gus van Sant ou Michael Mann, quitte, pour ce dernier, à provoquer un accident industriel. “Au début de l’année, c’était annoncé comme la future série phare de HBO , relate ainsi le correspondant à New York de Libération , Fabrice Rousselot*. Produite par Michael Mann (le réalisateur de * Heat*, * Collateral*, * Miami Vice*…), qui en réalisait le pilote, * Luck* devait faire découvrir au téléspectateur l’univers des courses de chevaux. La campagne de promotion était bâtie autour de Dustin Hoffman, qui avait décidé, pour la première fois, de participer à une production sur le petit écran dans le rôle d’un ex-repris de justice féru de paris et de coups tordus. * [Il y a un mois]* pourtant, la chaîne câblée américaine, habituée aux succès à répétition, a annoncé la fin de * Luck*, alors qu’elle avait commencé à mettre en boîte les épisodes de la deuxième saison. Raison invoquée : la mort d’un troisième cheval sur le tournage et la bagarre entamée avec Peta (People for the Ethical Treatment of Animals), le groupe de défense des animaux. En quelques mois, * Luck* s’est ainsi retrouvée au cœur d’un vaste débat sur l’utilisation des animaux sur les tournages. C’est en avril 2010, alors qu’étaient filmés les épisodes de la première saison, qu’un canasson, Outlaw Yodeler, a dû être euthanasié après une chute. Aussitôt, la polémique a enflé tandis que plusieurs associations de défense des animaux faisaient remarquer que le cheval était fatigué et n’avait pas couru depuis plusieurs semaines. Surtout, Peta affirmait que le rapport post-mortem révélait que plusieurs médicaments avaient été administrés à l’équidé et qu’il avait été drogué. HBO faisait alors répondre, par ses propres vétérinaires, qu’on avait simplement tenté d’atténuer les souffrances de l’animal après sa chute. Mais Peta décidait de saisir le bureau du procureur de Los Angeles. Le deuxième décès, un an plus tard, d’un autre cheval de 8 ans n’a pas arrangé les choses. Plusieurs professionnels soulignaient qu’il était trop âgé pour continuer à courir. Avant, finalement, que le dernier équidé ne se tue, le 13 mars, après s’être lancé dans une ruade inexpliqué et être tombé sur la tête. Dans un communiqué, HBO a donc annoncé * « que même si la sécurité était une priorité […], nous ne pouvons garantir que d’autres accidents ne peuvent pas arriver ». Justifiant ainsi sa décision d’arrêter la série. Michael Mann et l’autre producteur, David Milch (créateur, entre autres, de * NYPD Blue) se sont dits * « très déçus », évoquant * « une excellente collaboration ». Mais des mauvaises langues ont néanmoins fait remarquer que HBO n’aurait peut-être pas signé la fin de * Luck* si la série avait connu une meilleure audience. Ayant rassemblé plus d’un million de téléspectateurs en janvier, elle était retombée, depuis, à quelque 450 000 fidèles en moyenne. Un score très moyen pour une émission qui devait faire office de blockbuster. Le dernier épisode [était] programmé pour le dimanche [25 mars], alors que l’enquête du procureur de Los Angeles se poursuit. Si un procès a lieu, et si ce dernier détermine que la chaine a mis volontairement en danger plusieurs chevaux, Michael Mann et David Milch, mais aussi les représentants de la chaîne, pourraient écoper de plusieurs années de prison. En attendant, Mann n’a annoncé aucun nouveau projet pour le grand écran depuis l’échec commercial de son * Public Enemies* sur John Dillinger.“*

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Y a-t-il une vie après la fin d’une série télé ? 30 ans après qu’elle a quitté la Petite Maison dans la prairie , Le Parisien a rencontré Alison Arngrim. Oui, celle qui, avec ses anglaises blondes, ses rubans et sa frange incarnait Nellie Oleson. “La peste intégrale. Coléreuse, pimbêche, rapporteuse. Pourrie gâtée par sa mère Harriet, la riche épicière de Walnut Grove, le village de pionniers du Midwest américain où se déroulait l’action, ou l’inaction, de la série champêtre. Sept ans à tirer les nattes et pourrir la vie de Melissa Gilbert, la « gentille » Laura Ingalls, ça vous forge un caractère, et une réputation. * « Je me souviendrai toujours de ma première rencontre avec Melissa (à l’origine, les deux avaient postulé pour le rôle de Laura) . Elle était minuscule, pleine de taches de rousseur, avec une impressionnante rangée de dents. Un vrai castor ! » Les deux gamines, qui finissaient un épisode sur deux par se battre dans la boue, ont toujours été amies. * « Heureusement, car les bagarres étaient rudes. On savait se cogner comme des catcheuses », raconte-t-elle.

Sa carrière débute à 4 ans. Des pubs, des petits rôles. A 12 ans, elle décroche le (seul) rôle de sa vie : * « Mes parents auraient préféré que je joue dans une vraie série, genre Dallas ou Dynasty . Mais la Petite Maison dans la prairie ... Mon père disait : “Personne ne regardera jamais ce truc-là !“ » Il avait tort. La série créée par Michael Landon (Charles Ingalls) devient culte * « du Mexique au Bengladesh en passant par l’Irak », ajoute Alison, qui croit savoir que c’était la série préférée de Saddam Hussein. * « Chaque jour, il en réclamait plusieurs épisodes », précise-t-elle.*

A 19 ans, l’enfant star se retrouve à la retraite. * « On travaillait dur à Walnut Grove, ajoute Alison.* Les adultes, douze heures par jour. Et les enfants huit heures : quatre heures de tournage, trois heures d’école et une heure de pause. »* Elle évoque la vie que menaient la bande de gamins de la série : * « On avait notre école normale à Los Angeles. Mais aussi l’école aux studios d’Hollywood. Et les jours de tournage au village reconstitué, un grand ranch à une heure au nord de L.A., on nous faisait classe dans l’école de la série », celle où ils tournaient bon nombre de scènes. Drôle de vie et de carrière. Un rôle de garce qui colle à la peau d’Alison depuis l’enfance. Aujourd’hui, elle est mariée à un musicien, n’a pas d’enfant, milite pour la défense des droits des mineurs et a fait de Nellie Oleson un spectacle, qui lui permet de sillonner les Etats-Unis et la France. Le 18 mai, elle lancera à Paris un nouveau show, * la Malle de Nellie Oleson, créé avec son coauteur Patrick Loubatière, un prof de français qui connaît par cœur la série. * « Il y a des soirs où je fais trois heures d’autographes », raconte Alison“ , qui a sorti il y a un an son autobiographie, la Petite Garce dans la prairie , aux éditions Florent Massot.

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Laurence Millet
Réalisation
Daniel Finot
Réalisation