France Culture
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“Jack Lang a disparu des écrans de l’Assemblée nationale, retrouvez-le sur grand écran ! , propose une brève du Nouvel Observateur . Le socialiste a quitté un court instant son nouveau fauteuil de président de l’Institut du Monde arabe pour se muer en acteur dans * Belle du seigneur, sorti en salles * [mercredi dernier]. Sous les traits du chef de la délégation française à la Société des Nations, il donne la réplique au personnage principal, Solal, incarné par l’acteur irlandais Jonathan Rhys-Meyers. Un clin d’œil, aussi, * décrypte l’hebdomadaire, de l’éternel ministre de la Culture à François Mitterrand. Albert Cohen, l’auteur du livre dont s’inspire le film, était l’un des écrivains favoris de l’ancien président, qui avait milité en son temps pour que lui soit remis le prix Nobel de littérature.”*

Dans la série mélange des genres, “il y eut, en avril, la collection capsule d’Opening Ceremony à la sortie du film * Spring Breakers, une sorte de « kit de déguisement » de bimbo comprenant des bracelets, bandanas ou sweat-shirts. Le nouveau film de Sofia Coppola, * The Bling Ring*, qui met en scène une bande d’ados qui cambriolent des villas de stars à Los Angeles * (nous en parlions ici la semaine dernière), a permis au site de mode new-yorkais VFiles d’aller encore plus loin dans la récupération , nous informe une autre brève du Nouvel Obs . Présenté dans un sac plastique imitant les scellés d’une scène de crime, vous pouvez vous offrir pour 99 dollars un set comprenant des minishorts avec des phrases cultes du film comme * « Let’s Go to Paris » ou * « What did Lindsay say ? », et des stickers à ongles représentant des dollars, des diamants et même la phrase * « Rich bitch » (« pute riche »). A vous de voir…”*

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Du cinéma, des marques et du branché… Il y eut beaucoup d’avant-papiers, annonçant en termes louangeurs l’initiative de la société MK2 et de son drive-in géant au Grand Palais à Paris, nous y enregistrions notre Dispute cinéma il y a deux semaines. Et puis quelques journalistes sont allés faire l’expérience de Cinema Paradiso , et certains articles en découlant se sont révélés beaucoup plus acide. En témoigne celui signé par Mathilde Blottière mercredi dernier dans Télérama , dans sa chronique « Infiltrée » . “On nous a dit « drive-in ». On a pensé pare-chocs, frotti-frotta et sièges en skaï , écrit-elle. Alors, en pénétrant dans la nef du Grand Palais, où MK2 organis [ait]* jusqu’au 21 juin * « le plus grand drive-in jamais réalisé dans une capitale », on a comme un moment de flottement. Où sont les voitures ? Sous la voûte majestueuse, on ne voit d’abord que des parasols rouges, une pub Coca avec pin-up blonde, des stands en bois croulant sous les gadgets et des enseignes lumineuses « Diner » et « Super Club ».

Au fond, derrière un échafaudage surmonté de l’inscription « Cinema Paradiso », des carrosseries rutilantes finissent par nous faire de l’œil. Face à l’écran, trente-quatre Fiat 500 décapotables donnent au lieu un air de Salon de l’auto. Pour les Ford et la poussière, c’est raté. Pour l’ambiance ciné paroissial en Sicile, aussi.

19h30. D’ici à la séance de * The Big Lebowski, on a le temps de faire un tour. Entre les stands où tout s’achète (cher) – des cosmétiques Kiehl’s au pop-corn bio en passant par les DVD MK2 – circule une faune plutôt jeune et branchée. Hipsters, bobos et quelques rares familles avec enfants. Une foire pour CSP+* , juge la journaliste de Télérama , avec un côté camping au musée pour l’odeur de graillon. Maxime, du staff MK2, dit que l’opération est * « un grand événement populaire ». La preuve avec la piste de disco roller et l’expo sur le « retro-gaming » ! * « C’est plein de vieilles bornes, vous verrez. »* Vieilles bornes ? Pas sûre qu’il faille bien le prendre* , se vexe presque la journaliste. On va voir quand même, et oh, magie de la culture régressive, les jeux de notre enfance sont tous là, * Pac-Man en tête.*

20h15. Une fille commente : * « C’est l’Amérique pour de faux, quoi ! » Le cheeseburger sur l’estomac, les tympans saturés de disco, on se sent faible soudain, aspirée par le fond d’une « Piscine » chèrement acquise (une coupe de champagne avec glaçons). Finalement, c’est l’heure. On n’a pas droit aux décapotables, il faudra se contenter d’un siège ou d’un transat. Un type râle : * « La prochaine fois, au lieu de raquer 20 euros pour voir un film dans un fauteuil, j’irai à la Villette, au moins c’est en plein air et c’est gratuit ! »* Les rangs sont clairsemés. Des hôtesses nous distribuent des casques, * « son immersif »* garanti. Alors que la verrière est toujours inondée de lumière, le film commence. Jeff Bridges est à peine visible, mais tout le monde a l’air de trouver ça normal. Dans les Fiat, on ne moufte pas. Le port des casques ne facilitant pas le flirt, les passagers se contentent de se mettre à l’aise, pieds hors des vitres. A 40 euros le siège, saloper le rétro extérieur semble être un minimum. En plus de coller la migraine, le brouhaha de la nef parasite les dialogues. Et même l’apparition de John Turturro en Dieu du bowling échoue à mettre l’ambiance.*

22h20. On pense à ce film de sniper qui s’achève sur une tuerie dans un drive-in : * La Cible, de Peter Bogdanovich. On a soudain une folle envie de le revoir”* , conclut Mathilde Blottière dans Télérama.

Une initiative qui donne envie d’aller voir des films, c’est déjà ça !