France Culture
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Vous trouvez qu’il y a trop d’expositions, vous ne savez plus où donner de la tête ? Rassurez-vous, sous peu, il y en aura moins. C’est à lire sur lefigaro.fr * : « En 2013, nous allons sans doute être amenés à faire des choix, peut-être à sacrifier des expositions », a déclaré Alain Seban, le président du Centre Pompidou, en marge d’un point de presse sur le bilan du Centre Pompidou Mobile, le petit musée nomade lancé il y a un an. Voilà le monde de la culture prévenu, la tendance est à la coupe budgétaire et n’épargnera personne.* Même si la ministre de la Culture Aurélie Filippetti * « étudie attentivement la situation des différents établissements culturels et a conscience que chacun a ses spécificités », selon Alain Seban, l’inquiétude et le manque d’illusions règnent. En 2011 déjà, le Centre Pompidou avait subi une baisse de 5% de sa subvention comme les autres grands établissements culturels, mais cela avait été particulièrement éprouvant pour Beaubourg : * « Nous avons réduits nos effectifs de 50 emplois en trois ans »* dans le cadre de la RGPP. La Révision générale des politiques publiques, instaurée par le précédent gouvernement, prévoyait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la limite de 1,5% des effectifs par an, formule retenue par le Centre Pompidou dont les effectifs sont âgés. Pour Alain Seban, la baisse des subventions qui se profile aura un effet sur la programmation, qui consacre actuellement 6,5 millions d’euros par an à ses expositions temporaires. Soit * « le même montant qu’en 2000 ». Depuis il y a eu la hausse du prix des assurances d’œuvres d’art, des coûts fixes, souligne Alain Seban. Toute l’équipe du musée est sur le pied de guerre pour anticiper au mieux la situation à venir : * « Je préfèrerais n’avoir à sacrifier qu’une seule grande exposition », déclare le président du Centre Pompidou. Avant d’ajouter : * « Mieux vaut supprimer un projet plutôt que de faire des abattements sur les budgets car il faut préserver la qualité des expositions. Nos budgets sont déjà extrêmement justes ».”

Certains n’ont pas attendu 2013 pour commencer à réduire la voilure. “Le Grand Palais , a-t-on pu lire dans Le Parisien ,* a décidé * [le 18 septembre]* d’annuler une exposition consacrée à l’artiste contemporain américain Robert Indiana, connu pour sa sculpture * LOVE*, en raison de la défection d’un mécène étranger. L’événement devait se dérouler du 21 novembre au 13 février dans la galerie sud-est du monument parisien. Le mécène, dont le soutien était indispensable pour l’équilibre du projet, a invoqué * « la conjoncture économique difficile »* pour expliquer son retrait. L’expo devait présenter au public plus de 75 œuvres issues de différents musées et collections prives aux Etats-Unis et en Europe. Elle devait se terminer par une présentation de * LOVE*, avec ses lettres empilées, l’un des thèmes de prédilection de l’artiste pop art.”*

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Une exposition enfin qui n’encombrera pas les agendas culturels, puisque personne, ou presque, ne peut la visiter : “dans son édition en date du mercredi 19 septembre, * Le Canard enchaîné a signalé que Laurent Fabius a fait installer neuf tableaux de maître depuis * [quatre] semaines au ministère des Affaires étrangères qu’il dirige , raconte Eric Biétry-Rivierre dans Le Figaro . Tous ont été prêtés par le musée voisin d’Orsay qui en a assuré le transport. Le ministère a, de son côté, financé l’installation des cimaises, du système de sécurité, le montage et un livret explicatif des œuvres. Le journal avance, pour la déplorer, la somme de 85 000 euros, ce qui semble excessif pour les professionnels que * Le Figaro a contactés. Reste que l’exposition, qui ne doit plus durer que trois mois, n’est pas ouverte au public (excepté lors des Journées du patrimoine * [d’il y a dix jours]). Dans le salon des Ambassadeurs, une belle dame les épaules nues dans une élégante robe aux reflets argentés accueille les hôtes de marque. Il s’agit d’un portrait en pied de Mme Charles Max exécuté en 1896 par l’artiste du Tout-Paris Giovanni Boldini. A sa suite, dans le salon de l’Horloge se trouvent * Jeune femme à la rose d’Auguste Renoir, un portrait de Mme Colonna Romano du même peintre, un autre de Mme Georges Bizet par Jules-Elie Delaunay, * La Comtesse de Keller* par le pompier Alexandre Cabanel, un Paul Baudry, un Léon Bonnat et un Walter Crane. Enfin, trône toute d’étoffes d’or brodées et froufroutantes * La Carmencita*, du maître mondain américain John Singer Sargent (haut de 2,59 m avec le cadre).*

Le Canard Enchaîné* rappelle que le patron du musée prêteur, Guy Cogeval, s’entend bien avec Laurent Fabius. Tous deux sont de grands amateurs d’art impressionniste (le second, issu d’une famille d’antiquaires, est premier actionnaire de l’étude Piasa de commissaires-priseurs). Tous deux sont membres du conseil d’administration du Musée des impressionnismes de Giverny, dans l’Eure. Un département situé en Haute-Normandie, une région dont Laurent Fabius a longtemps été membre du conseil. Depuis 2002, la loi empêche les ministères et autres bureaux de l’Etat de bénéficier de dépôts à long terme d’œuvres provenant de musées. Ils peuvent juste se meubler en empruntant – après déclaration dûment remplie – au mobilier national. Mais rien n’interdit, en revanche, des expositions temporaires. Du côté du Musée d’Orsay, qui * [a ouvert]* justement * [hier] son exposition sur l’impressionnisme et la mode, on ne fait aucun commentaire. La polémique aura au moins le mérite de faire parler de l’événement.”

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