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Jennifer Lopez fait vendre l'Illiade en édition ancienne, Benjamin Nétanyahou provoque un tollé en voulant réformer le prestigieux Prix d'Israël. Et Haruki Murakami donne de drôles de conseils à ses fans... C’est le genre de petite info absurde qui pimente une journée , se réjouit Clément Ghys dans Libération : Jennifer Lopez est responsable d’un regain d’intérêt pour des éditions anciennes de * l’Iliade. Oui, J-Lo a quelque chose à voir avec Homère. Egalement actrice, elle est à l’affiche du thriller * Un voisin trop parfait*, de Rob Cohen, sur les écrans américains depuis le 23 janvier (la sortie française, prévue le 20 mai, risque d’éclipser Cannes). Dans une scène, son personnage, une prof de lycée, se voit offrir, par un ado avec qui elle va entretenir une liaison sulfureuse, un livre jauni et corné, * l’Iliade*. * « Oh mon Dieu, c’est la première édition ? Je ne peux pas l’accepter, cela doit avoir coûté une fortune », dit-elle. Depuis la sortie du film, la librairie en ligne AbeBooks, spécialisée dans les éditions anciennes, a vu * l’Iliade monter en tête des recherches des internautes. Selon le porte-parole d’AbeBooks, cité par The Guardian, le livre utilisé dans le film aurait été fabriqué par les décorateurs puisque sa jaquette n’en rappelle aucune autre. Peut-être parce que chercher la « première édition » de * l’Iliade* est un peu compliqué, vu que le texte aurait été rédigé 700 ans avant J.-C., soit bien avant l’imprimerie. Le site Jezebel s’amusait de l’anecdote et de l’incohérence de ce choix d’accessoire : * « Qui eût cru que les vieux parchemins grecs étaient si bon marché et si bien reliés ? »*” *

Pour Nétanyahou, les jurés du Prix d'Israël sont "antisionistes" Jennifer Lopez n’est pas la seule à se mêler de littérature. Sauf que là, on ne ricane pas, on se scandalise… Vous penseriez a priori qu’être “Premier ministre, en Israël, consiste à passer d'une crise à l'autre. Les crises concernent souvent les questions de sécurité nationale. Jamais la littérature. Pourtant, rapporte le correspondant du Monde à Jérusalem, Piotr Smolar,* à l'approche des élections législatives du 17 mars, Benyamin Nétanyahou a trouvé le temps de susciter une tempête dans le petit monde des arts et des lettres, en se mêlant de la composition du prestigieux Prix d'Israël.* L'affaire débute le 8 février. Le quotidien * Haaretz révèle que le premier ministre a bloqué la désignation de deux professeurs de littérature, Avner Holtzman et Ariel Hirschfeld, comme nouveaux jurés. Le Prix d'Israël est attribué chaque année le jour de l'indépendance nationale, dans différentes catégories : littérature, recherche littéraire, cinéma. L'intervention de Nétanyahou provoque une avalanche de réactions outrées. En quelques jours, huit jurés sur treize démissionnent. Il ne reste plus personne, en particulier pour désigner un nouveau lauréat en littérature. On apprenait en même temps qu'un troisième candidat avait été rejeté par le chef du gouvernement : le producteur Chaïm Sharir.* Le premier ministre décide de se justifier. Dans un message sur Facebook, il souhaite que la composition de ces jurys soit * « plus équilibrée » et reflète mieux la société israélienne. Or, note Nétanyahou, ces dernières années, * « de plus en plus de figures radicales, notamment antisionistes – par exemple, ceux qui soutiennent le refus de servir au sein de l'armée –, ont été nommées au sein du panel ». Dénonçant une * « clique », le chef du gouvernement s'érige en défenseur du * « bien national »* que représente le Prix d'Israël.*

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David Grossman et Amos Oz aux avant-postes L'affaire se corse lorsque des écrivains de renom se joignent aux protestations et retirent leur candidature au prix. Parmi eux, David Grossman. Interrogé par la chaîne Channel 10, il a dénoncé un * « coup cynique et destructeur [de Nétanyahou] * qui viole la liberté spirituelle et d'esprit ». Amos Oz, autre grande figure des lettres, n'a pas été moins sévère, estimant que Nétanyahou * « ne cherche pas seulement à remplacer le comité, mais aussi les écrivains et les juges. La vérité est qu'il remplacerait aussi les médias, s'il le pouvait ».* *Une intervention va faire plier le premier ministre : celle du procureur général, Yehuda Weinstein, qui l'a invité [le 12 février] à ne pas se mêler de la composition du jury, surtout à l'approche des élections. Nétanyahou s'est soumis à ses instructions et a annoncé [le lendemain] qu'il ne bloquerait plus les trois postulants. Mais il a fait savoir que, en cas de nouveau mandat, il mettrait en place un comité consultatif pour établir de nouveaux critères de désignation.” *

L'art de l'adultère Et puis parfois, ce sont des écrivains qui, pour le coup, sortent de leur champ de compétence. Imaginons que d’aucuns d’entre vous se demandent “comment séduire une femme de vingt ans sa cadette ? Autrefois, on aurait pu entendre cette question dans l’émission radio de Ménie Grégoire. En fait , nous raconte Cassandre Dupuis dans Le Figaro, elle est adressée au romancier japonais Haruki Murakami, via son site temporaire * Murakami-san no tokoro. L’écrivain, pourtant avare d’interviews, répond volontiers à ses fans, pour donner des conseils littéraires mais aussi sur l’art de l’adultère, le tout ponctué de plaisanteries zoophiles. Pour séduire, il conseille la lecture de * L’Art de la guerre*, de Sun Tsu : * « D’abord, vous devez accumuler des informations, puis essayer de créer une occasion de lui adresser la parole. »* A une femme qui se désole de la mutation d’un collègue, il répond qu’elle * « aurait peut-être dû coucher avec lui au moins une fois… sans évidemment en informer (son) mari et (ses) enfants ». L’auteur de * 1Q84 refuse en revanche les sujets polémiques sur la politique ou l’histoire. Pas très sérieux* , morigène la journaliste du Figaro , pour quelqu’un qui se rêve Prix Nobel !”

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Antoine Lachand
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