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“Feuilleton qui dure plusieurs mois et a suscité bien des rumeurs, la désignation du successeur d’Alfred Pacquement à la tête du Musée national d’art moderne (le MNAM) semble sur le point de finir enfin , annonce Philippe Dagen dans Le Monde de samedi. Après la création d’un comité de sélection, sur l’influence duquel on a pu s’interroger, après bien des rencontres et des « oraux », une liste finale de quatre noms a été dressée. Elle comprend deux femmes et deux hommes, deux étrangers et deux Français. Ce sont, côté français, Catherine Grenier, née en 1960, directrice adjointe du MNAM, commissaire de nombreuses expositions au Centre Pompidou, dont « Les années Pop » en 2000 et « Los Angeles » en 2006, et auteure du nouvel accrochage des collections du musée, conçu sous l’angle de la mondialisation et Laurent Le Bon, né en 1969, directeur depuis sa création du Centre Pompidou-Metz, auteur entre autres expositions de « Dada » au Centre Pompidou en 2005 et de « Chefs-d’œuvre ? » pour l’inauguration du Centre Pompidou-Metz en 2011. Ce sont, côté étranger, Marion Ackermann, de nationalité allemande, née en 1965, directrice depuis 2009 du Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen à Düsseldorf, qui a principalement travaillé sur Kandinsky et le groupe du Blaue Reiter et Max Hollein, autrichien, né en 1969, fils du célèbre architecte Hans Hollein. Il est depuis 2001 directeur de la Schirn Kunsthalle et du Städel Museum, deux des institutions artistiques de Francfort-sur-le-Main. Ces fonctions l’ont conduit à organiser récemment des expositions aussi bien sur l’art ancien que sur le contemporain. Selon des informations convergentes, ce dernier semblerait désormais le mieux placé pour être nommé, assure Philippe Dagen, *quoique la décision ne soit pas définitivement arrêtée encore. *

Cette nouvelle peut surprendre. Très peu francophone, n’ayant que fort peu travaillé jusqu’ici avec des institutions françaises et peu témoigné d’intérêt pour la création actuelle dans le pays, à la différence des trois autres concurrents, Max Hollein pourrait avoir quelque difficulté à trouver sa place dans un contexte pour lui si nouveau. Mais l’actuel président du Centre Pompidou, Alain Seban, n’a jamais fait mystère depuis le début du processus de désignation ni de sa volonté de recruter hors de France, ni de ses démarches en ce sens auprès de plusieurs candidats potentiels qui n’ont pas souhaité tenter l’aventure. Alain Seban n’a jamais non plus paru prêt à prendre en considération l’opinion des conservateurs du MNAM. Ces derniers n’ont cessé cependant de faire savoir de façon de plus en plus ouvertement déclarée leur préférence pour un choix « interne » qui garantirait la stabilité au musée.”

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Coup de théâtre trois jours plus tard, toujours dans Le Monde , celui daté d’hier, “deux des quatre candidats relancent le débat : Catherine Grenier et Laurent Le Bon annoncent faire candidature commune.” Interrogés par Emmanuelle Lequeux, ils s’expliquent. Pour le directeur du Centre Pompidou-Metz, « nous nous unissons car c’est avant tout la logique du collectif qui nous importe, le projet du musée, plutôt qu’une aventure directoriale. » La directrice adjointe du MNAM s’inscrit dans l’air du temps : « Réunir nos compétences est un symbole fort, la meilleure perspective qui puisse s’offrir au musée. Pour moi féministe, la parité ne consiste pas à reléguer les hommes, mais à travailler ensemble.” Leur projet de programmation sonne à la fois comme une remise en cause de l’ère Pacquement et un coup de pied de l’âne au peu francophile favori, Max Hollein. Laurent Le Bon : « Plutôt que d’aligner les rétrospectives de grands noms, nous voudrions privilégier les projets pluridisciplinaires dans la lignée de « Big Bang », orchestré par Catherine, ou de « 1917 », que j’ai monté à Metz. » Quant à Catherine Grenier, elle rappelle que le couple a « montré * [son] attachement à la création en général, à la scène française en particulier. »*

« Ça chauffe à Beaubourg » , décrypte Vincent Noce dans Libération . Pour lui, “les candidats maison, Catherine Grenier et Laurent Le Bon, jouent quitte ou double en révélant au * Monde qu’ils unissent leurs efforts. Un appel qui sonne comme un défi. […] Nouée ce week-end entre deux tempéraments opposés, * [cette alliance]* s’explique par le cafouillage d’une partie de poker menteur traînant depuis des mois. Le bruit a couru que Seban et Filippetti auraient dit oui à Hollein, avant d’hésiter en raison de ses exigences (Hollein est un poids lourd – il aurait réclamé un salaire en conséquence). Ils n’auraient pu ensuite s’accorder sur un autre nom. D’où cette tentative d’effraction. Cela dit, les deux candidats assurent avancer une * « proposition constructive », en unissant leurs talents. * « Il y a bien un tandem pour diriger le Festival d’Avignon », argumente Laurent Le Bon. Le cocktail a explosé, difficile de récuser la seule candidature restante émanant du corps des conservateurs, * estime Libération , même si tous se demandent comment ces deux personnalités, aussi capables qu’énergiques, vont trouver la voie de l’harmonie. Avec Seban, qui n’est pas homme à s’effacer, ce sera encore plus dur. Une chose est sûre : la procédure, qui se voulait exemplaire après le pataquès du Louvre, est sortie de route.”

Comme est sorti de route “François Hébel, directeur des Rencontres photographiques d’Arles, * [qui] vient de présenter sa démission, * lit-on encore dans Libération. Il dirigeait ce festival majeur dévolu à la photographie depuis 2001, attirant un public en expansion : cet été, Arles a accueilli 96 000 visiteurs. En juillet, Hébel avait alerté les pouvoirs publics sur les problèmes d’espace auxquels, selon lui, l’édition 2014 sera confrontée, la fondation Luma de Maja Hoffmann entendant acheter certains des terrains jusqu’alors à disposition des Rencontres. Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, tout en regrettant cette décision, a pris acte de sa démission.” Elle devait avoir la tête ailleurs…

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