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Bonjour Ali, bonjour à toutes et à tous "Mon visa expire ce mois ci, je ne sais pas ce que je vais faire". Mustapha est Irakien il vit en Jordanie. Il est l'un des 4 millions d'Irakiens à avoir fui le pays depuis le début de la guerre. Il répond aux questions de la BBC. "Quand je suis arrivée en Jordanie en juillet 2006, je venais juste d'avoir mon diplôme de docteur, raconte t'il. Bien sûr je n'avais pas de papiers, le gouvernement irakien nous les a retirés". Mustapha obtient quand même un visa d'un an, et un travail à l'hôpital. "Je veux rester ici, dit il, mais pour cela il faut que je donne 500 dollars par mois à l'hôpital jordanien dans lequel je travaille. C'est un accord entre les gouvernements irakiens et jordaniens pour forcer les médecins irakiens à rentrer au pays". "Je ne peut pas travailler en Irak, continue Mustapha, je ne peux pas travailler dans un hôpital sans médicament. Je ne peux pas en connaissance de cause donner un médicament à un patient pour sauver ma peau. C'est comme ça que ça se passe là bas. Si vous dites à quelqu'un que vous n'avez pas le médicament dont il a besoin, il revient avec sa famille, des armes, et il vous menace. Ce n'est pas la vie que je veux". Autres témoignages d'exilés sur le site de la BBC, celui de Mohammed qui a dépensé 15 000 dollars pour rentrer en Suède. Celui de Sawsan, qui est en Egypte, et confie que chacun instant de sa vie est un combat. Ce matin dans vos journaux, les témoignages comme ceux là cohabitent avec les analyses et les bilans sur ces 5 ans de guerre. Son coût? «3000 milliards de dollars, et non la moitié comme le reconnait le congrès américain », écrit le Temps. Le quotidien suisse cite une évaluation publiée à l'occasion de cet anniversaire, une évaluation menée par le prix Nobel de l'économie: Joseph Stieglitz. « La situation en Irak est très bonne » titre El pais. C'est une citation bien sûr, mais ce n'est pas Georges Bush qui parle, c'est l'ancien premier ministre espagnol. "Le 16 mars 2003, rappelle El Pais, Jose Maria Aznar, alors premier ministre atterri sur l'ile des Açores, pour participer à une réunion et faire des photos. La réunion a duré 2 heures les photos ont fait le tour du monde. 4 jours plus tard, les bombes commençaient à tomber sur Bagdad". 5 ans plus tard, la situation est très bonne, donc, selon l'ancien premier ministre espagnol. El Pais cite ses propos recueillis le 16 mars par la BBC: « le monde va mieux sans les talibans, il va mieux sans Saddam Hussein. Est-ce que tous les problèmes ont disparu? non, mais cela va clairement mieux. Les gens peuvent participer à des élections, ils parlent librement, il y a plus de sécurité ». El Pais précise juste après « la dernière fois que José Maria Aznar est allé en Irak, c'était en décembre 2003 ». Depuis José Maria Aznar a perdu les élections... que fait-il aujourd'hui? "Il est professeur d'université en Espagne et aux Etats Unis, rapporte le Guardian, il fait aussi partie du conseil d'administration de Rupert Murdoch News Corporation". « 9 men of war: what are they now? 9 guerriers: QUE SONT ILS DEVENUS? » c'est ainsi que le journal britannique titre son article. Dick Cheney : toujours vice président, mais en perte d'influence Donald Rumsfeld : ancien secrétaire d'état à la défense, aujourd'hui membre d'un groupe de réflexion conservateur à l'université de Stanford. Paul Wolfowitz, le numéro deux de la défense. A démissionné de la présidence de la banque mondiale après un scandale. Aujourd'hui dans un groupe néoconservateur. Tony Blair: envoyé spécial du quartet au moyen orient, dirige un groupe d'intervention international sur le changement climatique, a gagné 5 millions de livres pour publier ses mémoires. John Howard, ancien premier ministre australien, a perdu les élections de novembre, fait des conférences internationales. Ahmed Chalabi, ancien vice premier ministre irakien n'a pas réussi à devenir député, il conseille le gouvernement irakien. Tariq Aziz, bras droit de Saddam Hussein, attend son procès en prison pour crime contre l'humanité. Enfin, Oussama Ben Laden, vraisemblablement réfugié dans les régions tribales du Pakistan. Oussama Ben Laden, qui fait ce matin autant parler de lui que Bush et l'Irak dans les journaux. C'est à la une de la Reppublica. «Oussama menace l'Europe et le pape ».... pas pour l'Irak, mais pour les caricatures de Mahomet. Mais revenons à ces hommes et ces femmes dont le destin a été marqué par cette guerre. Dans le Times, on lit l'histoire de la famille Ta, une famille chiite qui vit toujours à Bagdad. C'est la fille qui parle, agée de 26 ans, elle travaille dans une banque: « j'ai été très heureuse quand l'invasion a commencé. Mon père a été exécuté par Saddam Hussein, et je n'arrivais pas à croire qu'on se débarrasse enfin de lui. J'ai commencé à rêver d'un nouvel Irak, un Irak libre. 5 mois plus tard, mon rêve s'est évanoui ». La jeune fille poursuit: « des groupes armés ont établi des barrages au milieu des routes, ils arrêtaient les filles qui ne portaient pas le foulard. Ils nous disaient aussi de ne pas porter de jeans ». La fille et le fils déménagent. La mère reste. Quelques mois plus tard, raconte le Times, un gang décapite l'enfant du voisin devant les parents. La mère part elle aussi. Elle loue sa maison située dans un quartier sunnite de Bagdad a une famille de sunnites déplacées. Quelques mois après, leur nouveau quartier sombre lui aussi dans le chaos. La famille ne retourne plus dans son ancienne maison, le quartier est trop dangereux pour les chiites. « Ce qui nous manque, dit la fille, c'est la sécurité. J'espère que les choses s'amélioreront l'an prochain, on ne peut qu'espérer ». Dans le Times, aussi, un autre destin, celui d'Ali, « c'est un cauchemar, la mort et le carnage sont partout », raconte ce peintre, étudiant des beaux arts. Ali a le bras dans un bandage, il fait parti de ces civils touchés au hasard par un attentat. Ses deux colocataires sont morts quelques mois plus tôt au pied de leur immeuble. "Tout de suite après la guerre, j'étais plein d'optimisme... on avait de l'argent, on dépensait tout, et puis la théorie du complot a fait son apparition. Mes frères ont commencé à dire que les américains n'étaient la que pour le pétrole. Après ça, je n'arrivais plus à dormir en pensant à tout le pétrole qu'ils nous volaient, qu'ils ME volaient. Aujourd'hui, je m'en fous s'ils nous volent, je suis trop fatigué". "Ali montre trois petits tableaux sur le mur, raconte le journaliste du Times, un mélange de taches rouges et oranges: il dit: « je m'essais au surréalisme ». Bonne journée

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