Le sénateur républicain Mike Braun à Washington le 10/02/21
Le sénateur républicain Mike Braun à Washington le 10/02/21
Le sénateur républicain Mike Braun à Washington le 10/02/21 ©AFP - Pool/Getty Image
Le sénateur républicain Mike Braun à Washington le 10/02/21 ©AFP - Pool/Getty Image
Le sénateur républicain Mike Braun à Washington le 10/02/21 ©AFP - Pool/Getty Image
Publicité
Résumé

Au 2ème jour du procès en destitution de Donald Trump, les sénateurs démocrates ont confronté leurs collègues républicains à des vidéos inédites et frappantes de l'attaque du 6 janvier. En Arabie Saoudite, derrière la libération de Loujain Al-Hathloul, d'autres militantes féministes emprisonnées.

En savoir plus

Retour sur la deuxième journée d'audience au second procès en destitution de Donald Trump, devant le Sénat américain. 

Une deuxième journée marquée (toute la presse américaine en parle) par la diffusion de nouvelles vidéos encore jamais vues de l'assaut du Capitole le 6 janvier : des images de vidéo-surveillance prises à l'intérieur même du bâtiment, avec des élus qui fuient dans les couloirs escortés par des agents de sécurité alors que les pro-Trump sont à quelques mètres derrière, des scènes très violentes d'affrontement entre ces assaillants et la police qui n'arrive pas à les contenir, des policiers terrorisés qui crient des appels à renforts dans des radios... 

Publicité

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

En bref, selon The New York Times, les démocrates qui instruisent ce procès contre Donald Trump ont tenu ce mercredi à mettre les sénateurs devant le souvenir traumatique de ce qu'ils avaient vécu ce 6 janvier dans ce même Capitole, leur faire "revivre" ces heures dramatiques, obligés à regarder en face cette insurrection que leur président est accusé d'avoir causée, incitée dans toutes ses prises de paroles des semaines avant le Jour J. 

On est bien là, insiste Peter Baker dans un autre article du Times, dans le registre de "l'émotion pure" comme moyen in fine de faire sortir les sénateurs républicains de leur loyauté à l'ex-président, d'en convaincre 17 au moins de voter la destitution a posteriori pour que la majorité des deux-tiers soit atteinte. "La terreur était à nouveau palpable" dans l'hémicycle du Sénat, écrit encore Baker qui poursuit : "A la fin du visionnage, le silence était lourd, plusieurs élus avaient du mal à se recomposer une posture combattive. C'est exactement ce que cherchaient les démocrates", générer à nouveau la peur viscérale pour leur peau que les sénateurs avaient ressentie ce 6 janvier, afin de les bousculer dans leur allégeance partisane. 

De cette journée, The Washington Post retient bien sûr les images, mais également le vocabulaire sur lequel s'est appuyé l'argumentaire démocrate, puisé dans les mots-mêmes de Donald Trump requalifié en "incitateur en chef" des émeutiers, et non plus "commandeur en chef" des forces de sécurité. L'ex-président, ont ils asséné à leurs collègues, "nous a tous mis une cible sur le dos" dans son discours juste avant l'attaque du Capitole dans lequel il a poussé la foule chauffée à blanc à s'en prendre au bâtiment parlementaire. C'est "comme s'il nous avait tous laissé pour morts", assène le sénateur du Texas Joaquin Castro.   

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

On le comprend, les démocrates vont très loin dans le registre de la dramatisation, et en faisant ce choix ils cherchent non pas à mettre en avant la menace flagrante portée aux institutions démocratiques américaines le 6 janvier. Non, ils en appellent aux tripes des sénateurs, au trauma personnel qu'ils ont vécu ce jour-là. 

Un appel à "l'humain", finalement, loin des grandes idées politiques : c'est également ce qu'en retient pour USA Today Gregory B. Craig. Il était l'un des avocats de Bill Clinton dans son procès en impeachment en 1999, et il se souvient que lui et ses collègues avaient beaucoup appuyé sur ce ressort émotionnel dans leur plaidoiries pour éviter la destitution au président d'alors. Craig dit retrouver cette rhétorique-là depuis mardi au Sénat. "Il y a des causes et des évènements, écrit-il, dont la magnitude porte l'émotion à son paroxysme, et révèle l'humain" jusqu'au cœur de l'institution judiciaire. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Mais, tout ceci étant dit, tempère le Washington Post, si les sénateurs républicains ont "montré une vraie émotion" ce mercredi soir, "rien ne laisse penser qu'ils aient changé d'avis" sur la destitution de Donald Trump. Leurs déclarations après l'audience laissent plutôt entendre qu'ils contestent toujours la responsabilité de l'ex-président dans l'engrenage qui a conduit à l'assaut du Capitole. Et, vidéo choc ou pas,  il reste très (très) improbable qu'il se trouve 17 républicains pour condamner Trump à l'issue de ce procès.

Autre fait marquant de l'actualité mondiale, la libération de la militante féministe saoudienne Loujain Al-Hathloul.

Heureuse nouvelle saluée dès mercredi soir par la presse du monde arabe (presse saoudienne mise à part, faut-il s'en étonner). 

Au Liban L'Orient-Le Jour nous rappelle que Loujain Al-Hathloul c'est cette jeune femme qui avait marqué les esprits, dans son pays  et partout ailleurs, en 2017 en publiant tout simplement des vidéos d'elle en train de conduire seule une voiture, ou encore marchant sans voile et en jupe courte dans une rue ou dans le désert. En Arabie Saoudite ça a suffi à ce qu'elle soit arrêtée lors des purges qui ont assis le pouvoir du prince héritier Mohammed Ben Salmane au début de l'année 2018, et condamnée pour avoir "menacé la stabilité du Royaume et sapé l'unité nationale". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Mille et un jour de détention plus tard, voici donc la militante des droits des femmes hors de prison, libérée (toujours selon L'Orient-Le Jour)  comme un "clin d'œil" adressé par le prince MBS au nouveau président américain Joe Biden, un signe de bonne volonté alors que Biden avait fait de la libération de Loujain Al-Hathloul un des thèmes internationaux de sa campagne. 

Mais la jeune saoudienne, qui dit avoir été maltraitée et harcelée sexuellement en prison, n'est pas libre pour autant insiste The Middle East Eye ; elle reste sous le coup d'une peine avec sursis, elle est interdite de voyages à l'étranger et doit encore attendre le verdict de son procès en appel. Dans ces conditions, difficile d'imaginer qu'elle puisse retrouver sa liberté de parole, pour défendre par exemple ses autres camarades de lutte encore derrière les barreaux. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Car si une autre militante féministe, Nouf Abdelaziz, a apparemment été libérée ce mercredi, au moins 4 autres sont toujours détenues pour leurs idées. Eman Al Nafjan, Samar Badawi, Nassima El-Sadah, Maya Al-Zahrani : The Middle East Eye égrène leurs noms et publie leurs photos dans l'espoir qu'elles aussi pourront, bientôt, s'engouffrer dans la porte entrouverte par Mohammed Ben Salmane.