Des salariés expliquent devoir livrer régulièrement jusqu'à 300 colis par jour, sur une plage horaire de 10 heures.
Des salariés expliquent devoir livrer régulièrement jusqu'à 300 colis par jour, sur une plage horaire de 10 heures.  ©AFP - Patrick T. FALLON
Des salariés expliquent devoir livrer régulièrement jusqu'à 300 colis par jour, sur une plage horaire de 10 heures. ©AFP - Patrick T. FALLON
Des salariés expliquent devoir livrer régulièrement jusqu'à 300 colis par jour, sur une plage horaire de 10 heures. ©AFP - Patrick T. FALLON
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Le géant Amazon affirme ne pas être au courant que certains de ses salariés sont poussés à uriner dans des bouteilles pour maintenir la cadence de livraison. Plusieurs médias anglo-saxons détiennent la preuve du contraire.

Un nouveau scandale éclabousse Amazon, avec ces échanges relayés notamment par le New-York Magazine. Tout part de ces salariés de l'entrepôt d'Amazon en Alabama, lancés depuis plusieurs semaines dans la première élection syndicale au sein d'un entrepôt du géant Amazon aux États-Unis. Pour les soutenir dans leur combat, le socialiste Bernie Sanders annonce son arrivée sur place. Une initiative qui n'est pas du goût de l'entreprise, qui affirme sur son compte Twitter : "Amazon est le Bernie Sanders des entreprises, la preuve nous payons 15 dollars de l'heure nos salariés". Un élu démocrate rétorque alors, toujours sur Twitter : "Cela ne fait pas de vous une entreprise progressiste, vous poussez vos salariés à uriner dans des bouteilles". Réponse du compte officiel d'Amazon : "Ne me dites pas que vous croyez à ce truc du pipi dans les bouteilles ? Si c'était le cas personne ne travaillerait pour nous".

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Mais à l'heure des réseaux sociaux, une telle affirmation mensongère ne passe plus. Les témoignages de salariés pleuvent depuis hier, le site VICE.com en a compilés plusieurs dizaines, photos de bouteilles pleines à l'appui. Des salariés qui expliquent devoir livrer régulièrement jusqu'à 300 colis par jour, sur une plage horaire de 10 heures, sans quoi on estime qu'ils n'ont pas fait leur travail, quand ce ne sont pas des menaces de sanctions ou de licenciements. Des salariés qui expliquent également que les plus efficaces d'entre eux se voient offrir des heures supplémentaires bienvenues. Autant de pratiques qui poussent ces hommes et ces femmes à parer au plus pressé, en l'occurence : à l'arrière de leur fourgonnette, dans une bouteille ou un sac plastique. Notamment en cette période de pandémie où utiliser les toilettes d'autrui est devenu une mission quasi impossible.  

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Nous voulons aller aux toilettes

D'autant qu'Amazon était clairement au courant de ces pratiques. Le site The Intercept a retrouvé notamment un mémo d'Amazon relevant ce qu'elle appelle des mictions et défécations publiques. En effet des fourgonnettes revenaient régulièrement au dépôt remplies d'excréments. Des pratiques qu'elle comptait bien réprimer, sans apparemment réfléchir davantage à leur cause. Et ces "pratiques" ne sont pas l'apanage des seuls livreurs. L'un des slogans des salariés de l'entrepôt Amazon d'Alabama est justement "Nous voulons aller aux toilettes", simple mais tristement efficace. Les journaux et sites britannique relaient d'ailleurs à nouveau une enquête menée il y a trois ans par Organize : selon cette enquête les 3/4 des salariés d’entrepôt d’Amazon déclarent "Éviter d’aller aux toilettes au travail" du fait des pressions, et 20% affirment même avoir peur de se faire licencier en cas de pauses pipi trop nombreuses.   

On comprend toujours mieux pourquoi Amazon semble tant craindre cette initiative syndicale en Alabama. Selon VICE.com, la firme américaine emploie d'ailleurs depuis plusieurs années des détectives de la célèbre agence Pinkerton pour surveiller l'activité syndicale de ses salariées. Bref, c'est un des nombreux paradoxes de notre époque étalée dans la presse américaine et britannique ce matin : vous pouvez voir votre fortune personnelle augmenter de 70 milliards de dollars pendant une pandémie, vous pouvez être à la tête d'une des plus grandes entreprises du monde, mais vous pouvez toujours pousser vos salariés à faire leurs commissions dans de petits sacs plastiques.

Gibraltar, véritable laboratoire britannique du monde post-Covid

Le petit territoire britannique enclavé dans le sud de l'Espagne est sur le point d'avoir vacciné toute sa population. À 90% selon The Guardian, soit près de 30 000 citoyens passés deux fois par le fil de l'aiguille, au cours d'une campagne express de vaccination baptisée : liberté. 

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Le secrétaire britannique à la Santé Matt Hancock l'annonçait d'ailleurs en grande pompe dès la semaine dernière à la Chambre des communes  : "Je suis ravi de pouvoir annoncé que Gibraltar est devenu la première nation au monde à terminer l'ensemble de son programme de vaccination." Avec une bonne semaine d'avance donc, et en oubliant au passage entre autres Le Vatican. Mais ce qui justifie cet empressement et cet enthousiasme du gouvernement, c'est qu'il s'agit là de l'occasion rêvée pour le Royaume-Uni de mesurer l'effet d'un assouplissement des restrictions sanitaires.

En effet le couvre-feu a été supprimé, les bars et restaurants sont ouverts jusqu'à 2h du matin. D'ailleurs il y a quelques jours la ministre de la Santé de Gibraltar lançait en image la campagne de communication, postant sur twitter une photo de son premier dîner au restaurant depuis des mois, deux verres de vin rouge bien en évidence et un masque négligemment posé sur le coin de la table.

Tourisme et match de foot

Gibraltar fournit déjà ses données au gouvernement britannique. Le ministre en Chef de Gibraltar Fabian Picardo l'a confirmé, et on s'achemine vers une véritable étude de cas en temps réel selon le Daily Telegraph. Avec des semaines à venir très chargées en terme de nouveautés ressurgies du passé : la port de masques obligatoire uniquement dans les espaces publics fermés et les transports en commun, et puis mardi prochain, 600 spectateurs pourront assister à un match de football entre Gibraltar et les Pays-Bas. Mais attention pas n'importe quels supporters, seuls ceux qui ont reçu les deux doses du vaccin ou subi un récent épisode de Covid-19 seront autorisés à entrer dans l'enceinte, et tous doivent avoir été testés négatifs le jour du match. 

Enfin Gibraltar espère rapidement relancer le tourisme selon The Guardian, avec la possibilité de couloirs de voyage avec le Royaume-Uni, afin d'accueillir les britanniques vaccinés en mal de soleil et de Méditerranée. Le ministre en Chef Fabian Picardo le souhaite d'ailleurs à haute voix : " Gibraltar sera la seule partie du continent européen où une personne vaccinée britannique voyagera presque comme si elle se rendait dans une autre partie du Royaume-Uni. "

L'équipe

Camille Magnard
Camille Magnard
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