France Culture
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Un bouquet de rose rouge brandit vers le ciel, une Martine Aubry radieuse... et ce titre: "la France d'en bas inflige une claque au pouvoir"... "Cette fois elle a bien et bien retenti", écrit la tribune de Genève. "La France d'en bas est passée à gauche" analyse donc le quotidien suisse. La France d'en bas? les autres quotidiens européens n'en parlent pas, mais de claque, ça oui... Pour la Stampa, c'est une gifle, pour la Reppublica, une raclée, pour la Vanguardia, un revers cinglant, pour El Pais, un premier échec, et pour le Financial Times, qui porte le regard le moins sévère sur cette élection, tout simplement un coup porté à Sarkozy. A part la presse allemande qui fait sa une sur la répression au Tibet, ces élections intéressent nos voisins directs, elles apparaissent dans les premières pages des journaux espagnols, italiens, et francophones. On y trouve des analyses beaucoup plus tranchées que dans les médias français. Le Taggeblatt au Luxembourg va jusqu'à considérer les résultats de cette élection municipales comme un « raz de marée de la gauche », le diario de noticias au Portugal reprend l'idée de « carton jaune », mais c'est le TEMPS qui va le plus loin en titrant: « la droite mord la poussière ». Et du constat on passe tout de suite aux conséquences de ce vote... « Un vent de révolte va t'il souffler à droite? » se demande le quotidien suisse, il poursuit: « si l'apparition d'une dissidence ouverte face à Nicolas Sarkozy semble peu probable, les élus de droite auront sans doute plus de mal à suivre un chef qui les a conduit à la défaite ».... « Certains fidèles avaient demandé aux électeurs de se mobiliser pour soutenir les réformes, continue le Temps, ils ne l'ont pas ou peu fait ». Conséquence directe pour le président Sarkozy: « son image de gagneur, capable de réaliser la rupture à vitesse grand V a été sérieusement écorné. Il reste à voir dans quelle mesure son appétit de réforme et sa capacité à les réaliser ont eux aussi souffert ». Et bien justement, « maintenant que les élections sont derrière lui, Nicolas Sarkozy a le champ libre pour relancer tout un train de réforme pour le moment hésitantes », lit on à la page commentaire du Financial times. « la France est pleine d'absurdités administratives pour lesquelles Nicolas Sarkozy a justement des réponses », croit savoir Wolfang Munchau d'Euro-intelligence. Selon lui, le principal problème de la France; c'est son code du travail archaïque. Il reconnait que Nicolas Sarkozy a lancé cette réforme, mais pour la mener à bien, explique t'il, « il faut aborder le sujet en technicien, ne pas chercher à être glamour... deux traits de caractères dans lesquels Nicolas Sarkozy n'excelle pas » regrette le commentateur. Ah.. le style Sarkozy, nos confrères s'en font régulièrement l'échos, cette fois c'est pour annoncer justement un changement de style. "L'histoire d'amour est terminée, écrit le Times, "le Sarkozy nouveau, (en français dans le texte), va maintenant chercher à estomper une image forgée à coup de remarques impulsives, d'apparitions quotidiennes et de vie privée mouvementée.. « Après Sarko l'américain, et le président bling bling, considère le New York Times, Nicolas Sarkozy va sans doute se rapprocher de l'image sobre et paternelle traditionnelle pour un président français. Sous couvert d'anonymat, des proches du président ont confié à notre consoeur américaine, que Nicolas Sarkozy envisageait de mettre un terme à ses points de presse hebdomadaires à l'américaine, pour revenir à des briefings informels et qu'il intensifierait ses déplacements dans la France rurale et industrielle. « Le président est désormais condamné à faire du sarkosysme sans Sarkosy », s'amuse le correspondant de la tribune de Genève dans un éditorial. Pour lui, « Nicolas Sarkozy adore la lumière mais c'est l'ombre qui lui réussit ». Il cite en exemple la réforme des régimes spéciaux, pour laquelle le président a laissé son ministre du travail monter au créneau, et s'est réservé le rôle de négociateur en coulisse. « Au fond, continue le quotidien suisse, Sarkozy ne se serait-il pas trompé sur lui même? Il aime à se présenter comme un grand communicateur, or le nombre de gaffes audiovisuelles qu'il a commise contredit ce cliché. Il étale moins ses talents de négociateur discret, alors que ses talents sont réels!! » assure notre confrère, c'est donc cela le sarkosysme sans Sarkozy, c'est un Sarkozy discret. Et les socialistes??? « Ils n'ont pas jugulé leurs démons poursuit la Tribune de Genève, l'ambition personnelle reste la première de leurs préoccupations, bien avant la reconstruction du PS ». « Les socialistes préparent le congrès, explique El Pais, et le sentiment qu'on a après ces élections, c'est que la bataille entre ceux qui veulent mener le parti vers le centre comme Ségolène Royal, et ceux qui refusent cette voix, va continuer ». Le quotidien espagnol remarque aussi que « Des promesses de rénovation faite en 2006, il reste peu de chose, quasi rien. Finalement seule Ségolène Royal a respecté la promesse de ne pas cumuler les mandats » ... Dès lors conclue El mundo, « on peut douter que le parti socialiste puisse incarner la rénovation politique lors de son prochain congrès ». En tout cas, ces élections municipales auront permis à nos voisins européens de découvrir un nouveau visage, celui de Bertrand Delanoë, qui apparait souvent photographié à la sortie de l'isoloir: et si Delanoë était le prochain candidat à la présidentielle de 2012 ? s'interroge El Mundo...

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