Le président birman Win Myint et Aung San Suu Kyi, arrêtés par l'armée le 1er février 2021
Le président birman Win Myint et Aung San Suu Kyi, arrêtés par l'armée le 1er février 2021
Le président birman Win Myint et Aung San Suu Kyi, arrêtés par l'armée le 1er février 2021 ©AFP - Thet Aung
Le président birman Win Myint et Aung San Suu Kyi, arrêtés par l'armée le 1er février 2021 ©AFP - Thet Aung
Le président birman Win Myint et Aung San Suu Kyi, arrêtés par l'armée le 1er février 2021 ©AFP - Thet Aung
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Résumé

Ce lundi matin, les militaires birmans ont fait arrêter les dirigeants civils du pays dont Aung San Suu Kyi et ont instauré l'état d'urgence pour un an, avec un général en retraite comme président par intérim. Un festival suédois invente le confinement cinéphile volontaire sur une île déserte.

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Tous les regards sont tournés vers la Birmanie où l’armée vient de reprendre tout le pouvoir.

Les militaires birmans qui font arrêter, emprisonner les leaders du gouvernement civil mené par Aung San Suu Kyi et son parti la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) et qui instaurent pour un an l’état d’urgence, avec tous les pouvoirs entre les mains de vieux généraux : c’est bien comme cela que le magazine Myanmar Frontier nous présente les évènements de ce lundi matin. 

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Une reprise serrée de l’Etat par les militaires… Mais pas forcément un coup d’Etat : en effet, l’armée n’a pas vraiment lâché les rênes quand la junte s’est auto-dissoute en 2011. La Constitution en vigueur aujourd'hui encore date de 2008, elle a été rédigée sur-mesure par les militaires eux-mêmes. Et s’ils ont chassé les dirigeants démocratiques du pouvoir ce matin (ils insistent bien pour le rappeler dans le Myanmar Frontier), c’est en application de l’article 417 de cette Constitution qu’ils menaçaient pourtant de révoquer la semaine dernière.

Car, même si nous ne l’avions pas vue venir, la crise politique qui culmine aujourd’hui en Birmanie couvait depuis plusieurs jours… Quasiment même, explique Larry Jagan pour le Bangkok Post, depuis le 8 novembre et ces élections législatives qui avaient donné une très large victoire (81%) à la LND d’Aung San Suu Kyi. Cette dernière restait donc à la tête de l’exécutif, dirigeante de facto du pays, même si elle n’avait officiellement qu’un statut de "conseillère d’Etat". Depuis la fin de la junte en 2011, le partage du pouvoir entre militaires et civils a toujours été "hybride", constate aussi le New York Times : la fameuse Constitution de 2008 garantit par exemple à l’armée, un quart des sièges de députés et le contrôle des trois ministères les plus puissants, l’Intérieur, la Défense et la sécurité aux frontières.

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Les dirigeants civils, élus démocratiquement, occupaient le reste du pouvoir, avec toujours cette idée que c’était de l’armée que découlait ce pouvoir, que la démocratie civile était concédée, tolérée... Et qu’elle pouvait être retirée, abrogée d’un instant à l’autre selon le bon vouloir des militaires. 

C’est justement ce qui semble d’être passé ce matin, et cette reprise en main par les généraux est selon eux justifiée par ces fraudes électorales dont ils accusent le parti d’Aung San Suu Kyi, pour s’assurer une large victoire face aux partis à la solde de l’Armée. Depuis une semaine, les militaires faisaient même, selon Al Jazeera, monter la menace d’une révocation de la Constitution : des mouvements de troupes et de chars avaient été constatés dans les grandes villes birmanes. Des négociations avaient été ouvertes entre militaires et civils : elles semblaient, d’après le Myanmar Frontier, avoir conduit à un apaisement ce dimanche. 

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Ce lundi matin, le nouveau Parlement devait siéger pour la première fois, mais à la place les militaires sont donc passés à l’action, selon les règles du coup d’Etat classique : arrestation du gouvernement civil et de nombreux militants pro-démocratie, message diffusé sur la radio-télé nationale, état d’urgence proclamé, banques fermées, réseaux de télécommunications bloqués. Peut-on pour autant parler de coup d’Etat pour des militaires qui de facto n’avaient jamais vraiment abandonné le pouvoir, s’interroge la Nikkei Asia Review? Le media japonais constate tout de même que la régression démocratique est plus que préoccupante, pour une Birmanie dans laquelle l’Occident avait voulu voir, ces dix dernières années, un modèle de transmission apaisée du pouvoir de l’armée vers le peuple. 

Dans un registre plus léger, nous embarquons pour une île au large de la Suède.

L'île de Pater Noster se trouve pas très loin au nord de Göteborg où se déroule cette semaine, le festival international de cinéma de la ville, avec les mêmes questionnements que partout en ce moment : comment maintenir de tels évènements culturels, comment exister sans tapis rouge ni projections publiques ? 

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Eh bien le festival de Göteborg a réussi à faire parler de lui, dans les pages du quotidien Expresen notamment, car il a organisé un grand concours pour cinéphiles amateurs avec 12 000 candidats et comme récompense, une invitation à vivre pendant une semaine sur l'île inhabitée, dans une ancienne maison de phare, pour y regarder en solitaire l’intégralité des films sélectionnés. En gros, c’est l’anti-festival de Cannes, et l’on a appris ce week-end que la gagnante est Lisa Enroth, une infirmière de 41 ans, une manière de mettre en avant le travail des soignants après un an de pandémie. 

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D’ailleurs, Lisa a confessé au Göteborgs Posten qu’elle "a laissé énormément d’énergie dans son travail ces derniers mois", qu’elle est ravie de ce grand bain de culture et de solitude qui lui est offert… Même si elle "ne promet pas de ne pas s’endormir devant certains films". Et comme l’autre bonne idée du festival, c’est de lui demander de tenir un journal vidéo, chaque jour, pour raconter sa vie sur l’île et parler des films qu’elle a vu, il y a aussi à ce beau coup de com' une dimension d'expérience sociale, durant laquelle on va pouvoir suivre pendant toute une semaine les pensées de cette femme seule, loin de tout, en tête-à-tête avec la mer ... Et le septième art.