Manifestant le 8 février à Rangoon, "Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games” comme geste de ralliement" titre le Thai Inquire en rappelant que ce geste est apparu en Thailande, lors des manifestations de 2014.
Manifestant le 8 février à Rangoon, "Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games” comme geste de ralliement" titre le Thai Inquire en rappelant que ce geste est apparu en Thailande, lors des manifestations de 2014.
Manifestant le 8 février à Rangoon, "Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games” comme geste de ralliement" titre le Thai Inquire en rappelant que ce geste est apparu en Thailande, lors des manifestations de 2014. ©AFP - STR
Manifestant le 8 février à Rangoon, "Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games” comme geste de ralliement" titre le Thai Inquire en rappelant que ce geste est apparu en Thailande, lors des manifestations de 2014. ©AFP - STR
Manifestant le 8 février à Rangoon, "Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games” comme geste de ralliement" titre le Thai Inquire en rappelant que ce geste est apparu en Thailande, lors des manifestations de 2014. ©AFP - STR
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Résumé

Alors que des centaines de milliers de Birmans sont dans les rues depuis une semaine, la jeune génération côtoie et rend hommage au soulèvement de 1988. La presse Luxembourgeoise parle du scandale OpenLux. Une étude sur la pollution en Afrique encourageante pour le climat, mais fragile.

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8888, c'est le nom donné aux manifestations pacifiques du printemps 88 qui s'étaient terminées avec le coup d'État donnant le pouvoir aux militaires birmans. 

Le point culminant de ce soulèvement avait été le 8 aout 1988, d'où ces quatre huit accolés pour le désigner.   

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Alors que des centaines de milliers de Birmans sont dans les rues depuis une semaine, la jeune génération qui manifeste pour la première fois côtoie et rend hommage à ce soulèvement de 1988, rapporte le South East Asia Globe.   

Preuve de ce lien, le chant qui était son hymne est repris dans les manifestations de ces derniers jours : des vidéos sont postées sur les réseaux sociaux pour en rendre compte, ce chant "Nous ne serons pas satisfaits jusqu'à la fin du monde".      

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Cette jonction entre anciens et nouveaux activistes est un motif d'inquiétude pour les militaires birmans. Les militaires ont d'ailleurs arrêté préventivement plusieurs anciens leader de cette contestation de 1988. L'un d'eux Mya Aye a été enlevé avant le lever du soleil, le 1er février jour du coup d'état, et sa fille n'a plus aucune nouvelle de lui depuis.   

Les manifestations de ces jours derniers n'ont cependant rien à voir avec celles de 1988, nous dit Allegra Mendelson qui signe cet article. Il y a 20 ans, ceux qui ne manifestaient pas étaient soit indifférents à la politique, soit inquiets des représailles militaires.   

Aujourd'hui, les jeunes Birmans se sentent plus impliqués dans la politique, et surtout, analyse un des anciens activistes interrogé par la journaliste, le mouvement de désobéissance civile actuel leur rappelle "qu'ils ont le pouvoir d'agir individuellement, et qu'il y a de multiples moyens d'exprimer sa consternation face au coup d’État militaire".  Boycott des produits dont les usines sont détenues par les militaires, arrêts de travail intempestifs dans les hôpitaux, les écoles, et même refus de collecter les impôts par certains fonctionnaires... les formes de la mobilisation sont inédites.  

Le site "Frontière Birmanie" détaille toutes les facettes de la manifestation du lundi 8 février heure par heure, nombreuses photos à l'appui.     

Nous avons parlé à des membres du personnel de KBZ (NDLR l'une des grande banque du pays) qui se sont joints aux manifestations, ils ont dit qu'ils l'avaient fait de leur propre initiative - ce n'était pas un mouvement organisé parmi le personnel de la banque. Une source à la Banque du tourisme, qui est relativement nouvelle et un acteur mineur, a déclaré que de nombreux membres du personnel junior avaient rejoint le mouvement de désobéissance civile, ne laissant que la direction, rapporte Frontière Birmanie.

La grande différence avec le soulèvement de 1988, explique l'un des animateurs du mouvement Désobéissance civile cité par le South Asia East Globe, c'est qu'il n'y a pas un leader, chacun l'est, et se dit que sa voix porte.   

Sa voix, et aussi ce geste, le salut à trois doigts que font les manifestants Birmans. Ce salut vient de la série dystopique Hunger Games rappelle le Thai Inquire qui lui consacre un article ce matin intitulé " Birmanie : le salut à trois doigts de “Hunger Games comme geste de ralliement". Le journal note que ce signe est apparu en 2014 en Thaïlande, lors des manifestations de 2014. On l'a vu aussi à Hong Kong, et encore cet automne, lors d'un rassemblement à Bangkok. C'est, nous dit le journal thaïlandais devenu "un symbole de résistance et de solidarité " pour tous les mouvements démocratiques d’Asie du Sud-Est.    

La presse Luxembourgeoise et Open Lux

"Vers un nouveau scandale international" titre le Luxemburger Wor, qui consacre quatre articles aux révélations de 16 médias sur les failles du contrôle des 6500 milliards d'euros d'actifs étrangers (Off-shore) gérés au Grand Duché. Dans l'un d'eux, le Luxembourg Wor note que l'opposition ne surfe pas sur la vague Open Lux.  Après la parution de l'enquête, les ministre de la justice et des finances luxembourgeois ont été auditionnés en urgence par une commission parlementaire, le 8 février 2021.   

Rarement d'accord, le parti pirate et le parti populaire chrétien-social se retrouvent sur un point, écrit le Luxemburger Wor : "Il faut renforcer les contrôles et les moyens de la justice financière".  

" La question n'est pas de savoir si le pays est tout blanc ", a expliqué Sam Tanson, la Ministre de la justice, " mais s'il agit dans le bon sens ". Le registre des bénéficiaires, qui doit en théorie permettre de savoir quelles sont les personnes physiques derrière les 55 000 sociétés étrangères enregistrées au Luxembourg, "n'est encore qu'un bébé que nous comptons renforcer" a expliqué la ministre

Selon l'enquête Open Lux, seule la moitié des bénéficiaires de ces sociétés sont identifiables. Faux, "c'est 90%", dit l'exécutif luxembourgeois. Sans trancher ce différend, le journaliste Patrick Jacquemot juge sa ministre "évasive" sur les suites ou sanctions appliquées en cas de non déclaration ou déclaration incorrecte, et s'étonne que la cellule de renseignement financier n'emploie que 30 personnes pour traiter 51 000 déclarations de soupçons au cœur de la plus grande place financière d'Europe.   

"Registre améliorable, des efforts à l'échelle européenne sont nécessaires" titre de son côté le Tageblatt, reprenant la plaidoirie du gouvernement selon laquelle le Luxembourg attire les capitaux "du fait de son économie ouverte et diversifiée", et qu'il n'existe pas au Grand Duché "de régime fiscal pour les entreprises multinationales ni les sociétés numériques", sous-entendu, contrairement aux Pays Bas et à l'Irlande.   

Une étude encourageante pour le climat

" Une surprise en Afrique : la pollution atmosphérique a diminué alors que les économies étaient en croissance ", titre le New York Times.    

Plus précisément, ce sont les niveaux de dioxyde d'azote, un gaz produit notamment par la circulation routière et responsable de problèmes respiratoires comme l'asthme, qui ont diminué de 4.5% entre 2005 et 2017, et ce, malgré l'augmentation du Produit intérieur brut rapporte cette étude à lire ici (en anglais). 

C’est bien de voir une baisse se produire alors que vous vous attendez à voir une augmentation de la pollution, Jonathan Hickman, chercheur au Goddard Institute for Space Studies de la NASA, auteur principal de l'étude.

La zone étudiée va du Sénégal à l'ouest, au Soudan à l'est et au Kenya au sud. Cette baisse s'explique par la diminution des feux de brousse, qui sont utilisés pour fertiliser les sols. Si cette tendance ce maintenait, ce serait une bonne nouvelle pour la santé humaine et le changement climatique, écrit le New York Times, "car la population croissante de l’Afrique, actuellement de 1,2 milliard mais qui devrait dépasser les deux milliards d’ici 2040, s’urbanise rapidement. La pollution a dépassé le sida en tant que principale cause de décès sur le continent. Mais les gouvernements accordent souvent la priorité à la croissance économique à l’environnement, ce qui signifie qu’on ne met guère l’accent sur la collecte de données sur la qualité de l’air ou la mise en place de politiques d’air pur".   

L'article finit sur une touche moins optimiste. " Au fur et à mesure que le PIB augmente, vous constatez une diminution de la quantité de NO2 (dioxyde d'azote), mais que jusqu'à un certain point " déclare le Dr Hickman. La tendance identifiée dans l'étude pourrait donc ne pas être valable dans des pays peuplés et plus riches comme le Nigéria. En outre, 80% de l'énergie produite sur le continent africain est d'origine fossile, les importations de voiture d'occasion sont en hausse, et la tendance positive observée par les chercheurs pourrait donc rapidement s'inverser. 

Références

L'équipe

Marie Viennot
Production