Barricade incendiée par l'opposition haïtienne, Port-au-Prince le 15/01/21
Barricade incendiée par l'opposition haïtienne, Port-au-Prince le 15/01/21
Barricade incendiée par l'opposition haïtienne, Port-au-Prince le 15/01/21 ©AFP - Valerie Baeriswyl
Barricade incendiée par l'opposition haïtienne, Port-au-Prince le 15/01/21 ©AFP - Valerie Baeriswyl
Barricade incendiée par l'opposition haïtienne, Port-au-Prince le 15/01/21 ©AFP - Valerie Baeriswyl
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Résumé

Pour l'opposition haïtienne soutenue par la Cour Suprême, ce dimanche était le dernier jour de mandat constitutionnel du président Jovenel Moïse. Ce dernier affirme qu'un coup d'Etat visant à le tuer a été empêché. Présidentielles en Equateur : l'avenir de la gauche et de Rafael Correa en jeu.

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Rien ne va plus en Haïti.

Haïti, pays le plus pauvre d’Amérique Latine, parmi les plus instables aussi, et c’est justement de la situation politique qu’il est question aujourd'hui. Les voyants sont de nouveau au rouge vif, nous dit l’agence haïtienne Alterpresse, "l’incertitude est à son comble dans la population" après cette journée de dimanche 7 février qui était celle de tous les dangers pour Haïti (et qui a tenu ses promesses).

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Cette date du 7 février, elle cristallisait depuis quelques semaines déjà les contestations autour du très impopulaire président Jovenel Moïse. Car le 7 février, nous apprend la BBC, c’est traditionnellement la date des élections présidentielles depuis la création de la République d’Haïti. Jovenel Moïse lui, a officiellement pris ses fonctions le 7 février 2017. En théorie, il doit rester au pouvoir encore un an, mais l’opposition affirme qu’il n’est plus président depuis ce dimanche, parce qu’il avait déjà remporté une première élection présidentielle fin 2015, avant qu’elle ne soit invalidée.

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En clair, ceux (et ils sont nombreux) qui souhaitent le départ de Jovenel Moïse se sont saisis de ce flou dans la durée de son mandat pour tenter de précipiter son départ. Des manifestations ont eu lieu, elles ont été violemment réprimées toute la semaine dernière, et la tension a donc culminé comme prévu ce dimanche avec cette annonce dramatique faite par la Présidence et relayée ici par le quotidien Le Nouvelliste: une tentative de coup d’Etat aurait été déjouée, un haut-gradé de la police et un magistrat de la Cour Suprême haïtienne ont été arrêtés avec, en tout, une vingtaine de "complices".

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Leur but était bien "d'attenter à la vie du président Moïse" pour installer le juge à sa place, affirment les communiqués officiels qui précisent que le discours de prise de pouvoir du magistrat putchiste était déjà écrit et a été retrouvé dans les perquisitions, des armes aussi, ont été saisies. Le Nouvelliste nous décrit l’arsenal en question : sept armes à feu en tout, dont deux fusils d’assaut, deux pistolets, plus une machette… Franchement, "ce n’est pas avec un tel attirail qu’on mène un coup d’Etat", affirme à l’AFP l’avocat d’opposition André Michel. Dans The Miami Herald, le président de l’association des magistrats haïtiens dénonce "l’arrestation arbitraire et illégale" de son collègue de la Cour Suprême… 

"Haïti renoue avec les vagues d’arrestations pour motifs politiques", résume de son côtéLe Nouvelliste :  autant dire que cette thèse du coup d’Etat empêché ne convainc pas vraiment la presse qui y voit surtout un moyen, pour le président aux abois, de couper court au programme commun de l’opposition, dont les leaders s’étaient mis d’accord la semaine dernière pour mener ensemble un gouvernement de transition de l’après-Jovenel Moïse, avec le soutien, tiens donc, de la Cour Suprême haïtienne. 

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"Je suis toujours là et je sortirai victorieux de cette bataille", ça c’est la réponse du président à ses détracteurs à lire dans The Haitian Timesqui rappelle que Jovenel Moïse s’est engagé à réformer la constitution cette année avant d’organiser la présidentielle en octobre. "S’ils veulent me chasser du pouvoir, qu’ils m’affrontent dans les urnes" dit-il encore à ses opposants, lui qui a reçu le soutien de l’administration Biden vendredi pour rester au pouvoir une année de plus. 

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Quant aux conséquences pour la population haïtienne, on lira dans The New York Times la description glaçante de la situation économique et sociale du pays où on en est arrivés à un tel point de misère que "les pauvres s’en prennent désormais aux pauvres" : l’Haïtien qui a réussi à rassembler quelques économies pour acheter à manger ou payer un ticket de bus, est obligé de raser les murs de peur d’attirer l’attention des gangs qui écument les rues des quartiers populaires et kidnappent ceux qui ont encore un peu d’argent pour obtenir des rançons. 

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"Haïti, pays gangstérisé" déplore un militant des droits de l’homme, quand les évêques haïtiens décrivent un "pays sur le point d’exploser" à nouveau.

En Equateur, ce dimanche il y avait bien une élection présidentielle et une tendance claire se dégage. 

C'est l’analyse du quotidien La Hora à Quito au vu des premiers résultats partiels : le candidat de la gauche indigène, Andres Arauz est largement en tête avec environ 30% des voix devant ses deux rivaux Guillermo Lasso et Yaku Perez au coude à coude, avec 20% chacun.

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Victoire donc, au premier tour pour le camp de l’ancien président Rafael Correa exilé en Belgique depuis 2017, après avoir été l’une des figures du renouveau de la gauche latino-américaine et surtout andine des années 2000 : mais attention tout de même, prévient L’Expreso, les deux dauphins parlent déjà d’allier leurs voix au second tour en avril pour former un "gouvernement d’unité" et faire barrage au "totalitarisme populiste" que représenterait Andres Arauz et derrière lui, l’ombre de Rafael Correa. Ajoutez à cela ce politologue qui explique dans La Hora que "la gauche a déjà presque fait le plein de voix de son électorat"avec ce score de 30% au premier tour : la tendance claire du premier tour, pourrait fort ne pas être celle du second.

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En n’arrivant pas à se faire élire dès le premier tour, Arauz, confirme Sara Espana d’El Pais, se complique grandement la tâche… Et pourtant, l’enjeu de cette élection est énorme, explique la journaliste, pour l’avenir, mais aussi pour le passé de l’Equateur : va-t-il renouer avec l’expérience socialiste ouverte par Rafael Correa et refermée par son ancien lieutenant et successeur, converti au libéralisme, Lenin Moreno ?

Correa, lui-même, joue gros dans l’issue de ce scrutin d'après El Pais : si son candidat l’emporte, il pourrait revenir en grâce et jouer à nouveau un rôle dans la vie politique de son pays… Si la gauche perd… Alors Rafael Correa restera ce qu’il est depuis septembre dernier : un ancien président condamné à 8 ans de prison pour corruption, et à l'exil pour le restant de ses jours.