Les locaux du quotidien Novaya Gazeta, Moscou, le 15/03/21
Les locaux du quotidien Novaya Gazeta, Moscou, le 15/03/21
Les locaux du quotidien Novaya Gazeta, Moscou, le 15/03/21 ©AFP - Dimitar Dilkoff
Les locaux du quotidien Novaya Gazeta, Moscou, le 15/03/21 ©AFP - Dimitar Dilkoff
Les locaux du quotidien Novaya Gazeta, Moscou, le 15/03/21 ©AFP - Dimitar Dilkoff
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Résumé

Le quotidien russe Novaya Gazeta affirme avoir été visé par une attaque au gaz toxique après avoir publié le témoignage d'un policier repenti sur les exactions commises par les forces de Ramzan Kadyrov. En Espagne, Pablo Iglesias quitte le gouvernement et se lance dans la course aux régionales.

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Pas facile d’être un quotidien de référence en matière d’investigation en Russie.

Et pourtant ça fait près de vingt-cinq ans que ça dure pour Novaya Gazeta, journal farouchement indépendant et attaché à sa tradition d’enquête sur la violence du pouvoir en Russie. Le quotidien rendu célèbre par feu Anya Politkovskaya renouait ce lundi avec cette tradition et du même coup avec le terrain tchétchène, quinze ans après l’assassinat de sa journaliste, en publiant le témoignage d’un policier repenti de la garde pléthorique de Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. 

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Ce nom de Kadyrov, cela fait des années qu’il est associé à la violence, à l’arbitraire, aux meurtres extrajudiciaires commis sous couvert de maintien de l’ordre. Le mérite de l’enquête signée Elena Milashina, c'est justement de documenter ces accusations, d'apporter des preuves précises avec ce témoignage de l'intérieur. Tellement précises… Que l’article dont tout le monde parle en Russie depuis deux jours a dû être interdit aux moins de dix-huit ans, tellement ce qu’il raconte est violent et sans fard.

On y découvre comment la police a détenu en décembre 2016 des centaines de citoyens de la république caucasienne de Russie, dans une prison secrète et illégale, les a torturés jusqu’à les forcer à avouer des crimes qu’ils n’avaient pas commis, pour que finalement treize d’entre eux au moins soient exécutés, abattus ou pendus sans autre forme de procès. 

L’homme qui raconte tout cela sans masquer aucun nom de tortionnaire était sergent dans la police tchétchène, il s’appelle Suleiman Gezmakhmaëv. Pour ne pas avoir à tuer à nouveau, il a fui la Tchéchénie avec sa famille ; c’est lui-même qui a contacté Novaya Gazeta et des organisations de défense des droits humains pour témoigner. Il raconte en particulier comment un ancien collègue à lui, le jeune Suleiman Saraliev, a été dénoncé comme homosexuel puis assassiné par des membres de cette même police parce que lui aussi refusait d’appliquer les ordres meurtriers. L’article d’Elena Milashina décrit en détail comment pendant ces six ans d’enquête elle a dû veiller à protéger sa source contre les tueurs de Kadyrov qui n’hésitent pas, on l’a déjà évoqué ici, à poursuivre ceux qui osent parler jusqu’au cœur de leur exil en Europe. 

On prend toujours des risques à révéler la vérité sur le régime tchétchène de Ramzan Kadyrov : Novaya Gazeta affirme avoir été la cible d’une attaque chimique. Un gaz mystérieux et malodorant a été aspergé devant les bureaux du journal par un livreur masqué à vélo qui a pris la fuite. 

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Les équipes du quotidien ont dû rester "cloitrées à l’intérieur pendant des heures, suffoquées par la puanteur", avant d’en ressortir indemnes. A présent, la rédaction publie une tribune intitulée "C’est une menace pour tous les Moscovites", dans laquelle elle enjoint les autorités de la ville à enquêter vraiment, en partenariat avec ses journalistes, pour identifier les "terroristes" auteurs de cette attaque en pleine rue qui aurait pu faire beaucoup plus de dégâts collatéraux. Les services de la ville affirment pourtant ne rien avoir noté d’anormal ce lundi autour du bâtiment de Novaya Gazeta.     

En Espagne, Pablo Iglesias a pris tout le monde de court en annonçant qu’il quitte le gouvernement Sanchez. 

Et d’ailleurs la presse espagnole en discute encore près de vingt-quatre heures plus tard : le chef de file du mouvement de gauche Unidas Podemos, n°3 du gouvernement de coalition avec les socialistes du PSOE, claque la porte pour se lancer dans la campagne des élections régionales à Madrid le 4 mai prochain.  

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C’est un sacré coup de théâtre, reconnait El Pais, mais c’est surtout selon ses analystes politiques une manoeuvre interne à Podemos pour "renflouer" ce parti présenté comme vacillant, pour "sauver" la formation en amorçant son retrait en tant que chef de Podemos qu'il a fondé à partir de rien il y a seulement sept ans. 

Pablo Iglesias, amateur revendiqué de séries télés, s’est-il finalement pris pour un des personnages machiaveliques de House of Cards ou de Baron Noir, raille Igniacio Camacho dans le quotidien conservateur ABC ? En tous cas il secoue l’échiquier politique espagnol à gauche du PSOE en plaçant la communiste galicienne Yolanda Diaz à sa place sur le siège de deuxième vice-présidente du gouvernement.

"Il va se passer des choses à Madrid d’ici au 4 mai", confirme Lucia Mendez d’El Mundo, résumant la campagne qui débute en un affrontement quasi-mythique entre la meneuse de la droite dans la région capitale, Isabel Diaz Ayuso, et le "péril communiste" incarné désormais par Pablo Iglesias. 

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Mais attention tout de même : la figure de proue de Podemos n’est même pas assuré d’être tête de liste d'une gauche radicale unie à ces régionales. Comme le rappelle InfoLibre, à gauche du PSOE il y a un nouveau joueur, Mas Pais et sa déclinaison locale Mas Madrid qui compte bien présenter sa propre liste et siphonner les voix de Podemos. Il va donc s’agir de trouver un moyen d’unir ces forces à gauches, sans doute en organisant une primaire. L’enjeu est de taille, puisqu’en face il y a la droite (unie, elle) du Partido Popular jusqu’à l’extrême-droite du parti Vox.

Il est également question de l’Espagne dans plusieurs titres de la presse anglophone ce matin.

Dans les pages internationales du Guardian et du Washington Post.. on trouve des articles sur cette expérimentation lancée l’an dernier par, justement, ce petit parti de gauche qui monte, Mas Pais, et approuvée il y a trois semaines par le gouvernement : environ 200 entreprises volontaires à travers l’Espagne vont pouvoir tester à partir de septembre l’organisation du temps de travail en semaine de quatre jours. 

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Les 32 heures, mieux que les 35 heures pour répartir l'emploi et réduire le chômage, voilà une idée souvent mise en avant par certains économistes et pas seulement à l’extrême-gauche ; elle a refait parler d’elle récemment en Nouvelle-Zélande ou en Allemagne, note The Guardian pour qui elle regagne même du crédit en ces temps de pandémie, où les enjeux de bien-être au travail, de prévention du burn-out, de déconnection et d’équilibre vie privée/travail sont particulièrement aigus. 

L’Espagne sera donc la première en Europe à s’y mettre, s’enthousiasme le Washington Post qui précise tout de même que les contours de l’expérimentation restent pour le moment très flous. D’autant qu’avec tout ce qu’on a dit un peu plus haut sur les remous politiques à gauche, rien ne permet d’assurer que le gouvernement de Pedro Sanchez sera toujours aux affaires au mois de septembre.