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L'italien Matteo Renzi, le plus jeune chef de gouvernement de l'Union Européenne, fête sa première année au Palazzo Chigi.
Rien à voir avec ce qui se passe en France nous dit Les Echos, page 7."Le contraste est même saisissant avec les difficultés de la Loi Macron", écrit Pierre de Gasquet, le correspondant à Rome."Un an après son installation, le gouvernement de Matteo Renzi fête son anniversaire avec l'appui d'une majorité relativement soudée et un fort consensus."

L'heure est donc au bilan. Et la presse n'est pas unanime.Vu de France, le quotidien libéral L'Opinion et son correspondant romain Olivier Tosseri critiquent le Premier ministre italien.

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"Dresser un bilan d'un an de son gouvernement en un tweet, Matteo Renzi relèverait sûrement le défi. Mais 140 caractères seraient insuffisants pour recueillir les promesses faites et les espoirs suscités, et excessifs pour résumer les réformes effectivement entrées en vigueur."

"Arrivé au pouvoir par une manoeuvre de palais, le plus jeune Président du Conseil de l'histoire contemporaine italienne - il vient de fêter ses 40 ans - s'était engagé à mener une vraie Révolution. Le "démolisseur" qui avait "envoyé à la casse" la vieille garde de son parti promettait de relancer un pays immobile depuis une vingtaine d'années. Pour se faire, une réforme d'envergure par mois serait lancée et vérifiable sur un site internet.""En franchissant les portes de Palazzo Chigi, Matteo Renzi s'était donné 100 jours pour impulser ce changement. Mais l'exercice du pouvoir l'a obligé à une légère correction, sans pour autant altérer son enthousiasme."Le journaliste de l'Opinion définit Renzi comme "sémillant, maître de la communication moderne, champion du storytelling et leader incontesté de son camp" mais s'interroge : "jusqu'à quand cette communication et cet activisme pallieront-ils l'absence de résultats ?"Selon lui, "beaucoup des réformes promises restent des chantiers à ciel ouvert."

"Douze mois après, Matteo Renzi suscite des doutes et des déceptions et son bilan s'écrit encore avec des nuances et des points d'interrogations", résume Philippe Ridet dans Le Monde.Changement de ton dans la presse économique, des Echos à Paris au Financial Times à Londres, ce sont plutôt des compliments."L'Italie est en train de repartir, confie un dirigeant de banque à Milan, des taux d'intérêt à zéro, la baisse de l'euro, l'inondation de liquidités, jamais les conditions macroéconomiques n'ont été aussi favorables."Ce banquier "constate aussi un regain d'intérêt des investisseurs étrangers. Cette presse économique évoque les encouragements de l'OCDE adressés hier à Renzi par son secrétaire général Angel Gurria qui a salué un train de réformes "sans précédent". Le Financial Times de le citer : "un courage politique fort a été nécessaire pour faire avancer ce programme. Le gouvernement italien doit poursuivre avec cette même volonté et terminer le travail car il reste encore beaucoup à faire."Dans La Croix, à lire, ce témoignage d'un ex-berlusconien, un commerçant romain qui parle de Renzi: "il est dynamique, on comprend son langage, il a su nous redonner confiance, laissons-lui ses chances."Matteo Renzi, écrit Anne Le Nir à Rome, "avance sur la voie des réformes"."Il vient tout juste de faire passer, le 14 février, en deuxième lecture, 40 articles modifiant la Constitution italienne".

"Le massacre de la Saint-Valentin", selon un éditorialiste de la Repubblica."

Il avance, quitte à faire preuve d'autoritarisme, selon certains éditorialistes. Comparé par le quotidien Il Sole 24 ore à "un Napoléon qui, au mépris de tout, doit voler de victoire en victoire" Matteo Renzi a effectivement tendance à se comporter en condottiere. "Je n'accepte pas le chantage, ce gouvernement doit aller de l'avant, cela fait trop longtemps que le pays attend les réformes que nous réalisons", répète-t-il."Retour dans les colonnes de L'Opinion, qui qualifie ces propos de "mantra renzien".Sauf que... "la réforme fiscale et celle de l'école n'ont pas encore vu le jour, la simplification administrative s'est arrêtée à une suppression symbolique des départements, le remboursement intégral des dettes de l'administration est partiel, la nouvelle loi électorale n'est pas encore achevée, l'abolition du bicaméralisme avec la suppression du Sénat est sur les rails mais pas à bon port. Seul le Job Act, sa réforme phare du marché du travail avec des embauches et des licenciements plus faciles et un contrat unique de travail [...] a été adopté."

Des décrêts concernant ce Job Act sont d'ailleurs au menu du Conseil des Ministres de ce matin, nous apprend le site de l'agence de presse italienne, Ansa. Pour Renzi, une interview sur la Rai2 était au menu hier soir.Ansa en fait le compte-rendu. "L'Italie s'est déjà remise en mouvement, s'est remise en marche" a répété le chef du gouvernement.Et "pour décrire l'action du gouvernement en cette première année, il a utilisé une expression qui lui est chère : courir." "Il aurait voulu courir encore plus, résume Ansa, il continuera à courir." "Dans 3 ans, en 2018, ce sont les italiens qui jugeront."

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L'équipe

Thomas Cluzel
Production