Donald Trump lors de son allocution télévisée depuis le bureau ovale ©AFP - Carlos Barria
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Résumé

Les journaux mexicains contestent les arguments de Donald Trump pour justifier la construction d'un mur à la frontière USA/Mexique. Au Soudan des manifestations contre la vie chère fragilisent Omar El-Béchir. La violence s'impose dans le débat politique en Grande-Bretagne et en Allemagne.

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Donald Trump s'est adressé la nuit dernière à la Nation américaine depuis le bureau ovale de la Maison Blanche, pour redire sa détermination à bâtir une barrière d'acier à la frontière mexicaine.  

Le président américain a de nouveau présenté la facture, 5,7 milliards de dollars, et à nouveau il a accusé les Démocrates d'être à l'origine de la fermeture partielle de l'administration fédérale, le shutdown, parce qu'ils refusent de lui accorder ce budget. Selon Trump, les Démocrates refusent de voir l'urgence sécuritaire, le danger immédiat que représenterait l'afflux de migrants par le Mexique. 

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Que reste-t'il de tout cela, quand on lit ce matin la presse mexicaine?

Pour le savoir on explorera d'abord le média en ligne Sin Embargo qui retient surtout la dramatisation de l'enjeu par Donald Trump. Il parle d'une "crise humanitaire, d'une crise du cœur et de l'âme", il explique, avec son mur, vouloir avant tout "protéger les enfants migrants instrumentalisés par les passeurs", et les femmes dont, dit-il, "une sur trois est victime de viol" pendant son parcours migratoire... Tout un registre dans lequel le président américain, selon Sin Embargo, a usé et "abusé de ses talents d'acteur dramatique".  

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"Il avait presque les larmes aux yeux", note le média mexicain, mais il n'a fait "qu'injecter une fois de plus de la peur" dans son discours, en dénonçant les "horreurs" de l'immigration clandestine : criminalité, assassinats, trafic de drogues.  

Pourtant, sur ce dernier sujet, la Jornada de Mexico, se permet une précision : elle cite l'Agence anti-drogue américaine, selon laquelle "la grande majorité des stupéfiants importées illégalement  sur le territoire américain y entre via par des postes-frontières officiels : la construction d'un Mur ou d'une barrière n'y changerait donc rien". 

El Informador conteste un autre argument de Donald Trump, pour qui la crise migratoire est d'une ampleur exceptionnelle et croissante. En réalité, le nombre de clandestins détenus à la frontière a considérablement diminué ces dernières décennies : 400 000 l'an dernier, contre 1,6 million lors du pic de l'an 2000. 

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Enfin tous les journaux mexicains s'amusent du revirement du président américain sur la question financière : Trump, note El Universal, n'affirme plus, comme pendant sa campagne et jusqu'à récemment, que ce sont les Mexicains qui vont payer le mur. I s'en tient désormais à expliquer que c'est "le nouvel accord commercial avec le Mexique, et les bénéfices qu'en retirera l'économie américaine", qui permettront d'alléger la facture.

Au Soudan, le président Omar El-Béchir est au pouvoir depuis 29 ans, et il est contesté depuis près d'un mois pour avoir augmenté le prix du pain.  

Ça vous rappellera peut-être quelque chose, mais, avec Al Jazeera, il faut préciser que la colère de la rue est née de cette revendication première sur le coût de la vie, le prix du pain donc qui a été multiplié par trois sur décret présidentiel début décembre, mais elle s'est rapidement élargie à une remise en cause beaucoup plus générale du chef de l'Etat et de sa politique. 

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Depuis le 19 décembre, donc, les manifestations sont quasi-quotidiennes, et trop souvent elles se terminent par des forces de l'ordre qui tirent, à la balles réelles sur la foule : on dénombrerait déjà 40 morts, selon les décomptes d'ONG sur place.   

Hier, c'est dans la ville d'El-Gadarif, dans l'est du Soudan, que la contestation est repartie de plus belle. Sur les images postées par des témoins sur Twitter, on voit des centaines d'hommes défiler en chantant de slogans de liberté, de paix et de justice, et invoquant "la Révolution, comme choix du peuple". 

Cette fois il n'y a pas eu de tirs, sinon de grenades lacrymogènes, pour disperser la foule. Mais pour un pays... où les forces de sécurité sont omniprésentes, et où la voix de la rue est réprimée depuis des décennies, ces manifestations revêtent un caractère historique, selon The African Arguments. Elles représentent un vrai danger pour Omar El-Béchir : il suffit pour le comprendre, nous dit la revue en ligne, de voir à quel point le soulèvement actuel est comparable à ceux qui ont secoué le Soudan en 1964 et 1985, et qui ont par deux fois réussi à chasser les dictateurs en place.  

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Mais, précise le Middle East Eye, le président soudanais a de nouveau, hier face à un parterre de militaires, balayé ces appels à la démission.  "Le futur du Soudan est donc plus que jamais incertain tant les deux camps se tiennent tête" et semblent déterminés à ne rien céder, analyse Al Jazeera, qui constate que malgré la répression sanglante, la fronde anti-Béchir continue de gagner en soutien, dans l'opinion soudanaise : le "Front National du Changement" qui coordonne les manifestations regroupe désormais 22 partis politiques d'opposition et les principaux syndicats du pays.

L'irruption de la violence en politique fait la Une, dans deux pays européens.  

Violence des pro-Brexit d'extrême-droite en Grande-Bretagne tout d'abord, après l'agression verbale dont a été victime la députée du Parti conservateur Anna Soubry : elle a été traitée de "nazie" lundi devant le Parlement.  

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"Ne laissons pas la droite la plus radicale monopoliser le débat", écrit en grand titre The Independent, quand Metro estime "qu'il est temps de faire taire les intimidateurs d'extrême-droite"...  

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The I publie pour sa part plusieurs témoignages d'hommes et femmes politiques qui font face, de plus en plus souvent, à des insultes et à des menaces, à mesure que le débat sur le Brexit se détériore et s'envenime. Et quand le Daily Mail accuse en Une le parti pro-Brexit ,UKIP, d'être lié à ceux qui "sèment la haine", le Daily Telegraph ouvre ses colonnes à son ancien dirigeant Nigel Farage pour qui "bien sûr, les parlementaires comme Anna Soubry devraient être protégés de la violence... mais en même temps on ne peut pas arrêter la liberté d'expression... aussi sale et méchante soit-elle".

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 Et tout cela trouve un écho à peu près symétrique en Allemagne ce matin .

A Brême, lundi, le député Frantz Magnitz, membre du parti d'extrême-droite AFD a été sauvagement agressé par trois hommes. Laissé pour mort, il a survécu et se remet de ses blessures à l'hopital, mais "on soupçonne fortement un mobile politique" indique ce matin Die Zeit. Le magazine interroge des militants de la gauche brémoise qui constatent, c'est vrai,  que "le climat politique s'est considérablement tendu, en ville, ces derniers mois" : les positions très radicales, xénophobes, de l'AFD ont remobilisé un front antifasciste traditionnellement très actif à Brême. 

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Cette fois, c'est donc un député d'extrême-droite qui est victime de la violence ; dans tous les cas de figures, "c'est un jour triste pour la démocratie allemande", conclut Matthias Drobinski dans la Süddeutsche Zeitung.