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Un dîner avec le Brexit au menu. Ce soir les 28 chefs d'état et de gouvernement réunis à Bruxelles vont faire le point sur leurs relations avec le Royaume-Uni. Et le plat de résistance, c'est la volonté de David Cameron de limiter l'immigration en provenance de l'Est de l'Union européenne. Le gouvernement britannique souhaitant priver les citoyens européens de prestations sociales pendant leurs quatre premières années sur le sol britannique. Mais comme le signale la Tribune de Genève, le gouvernement britannique va avoir énormément de mal à faire passer cette mesure. Les pays d'Europe Centrale sont évidement contre, et Angela Merkel à déclarée que l'Allemagne ne cédera pas sur les acquis fondamentaux de l'intégration européenne. La libre circulation et la non discrimination des citoyens européens n'étant pas négociables.

C'est donc l'impasse. Et cela se traduit, d'après le Telegraph par un rejet de l'union européenne qui grimpe dans le Royaume. Pour preuve ce dernier sondage qui donne 47% en faveur du Brexit, contre 38% en faveur du maintien dans l'Union européenne, avec encore 14% d'indécis. Et surtout seulement 19% de Britanniques qui pensent que David Cameron obtiendra quelque chose des Européens.

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Du coup, les négociations pourraient trainer et le référendum, estime le Telegraph, n'avoir lieu que fin 2016.

Une impasse également pour The Independant y compris au sein des Conservateurs. Entre les Europhobes qui poussent au Brexit, le maire de Londres Boris Johnson qui souhaite une intégration européenne à la carte, comme pour les Danois, ou l'ancien premier ministre John Major qui lui estime que choisir de retrouver le splendide isolement de la Grande Bretagne serait très dangereux.

Pendant ce temps, officiellement, le 10 Downing Street espère un compromis acceptable. Il semble qu'en Grande Bretagne il soit le seul à croire que cela est possible...

En Pologne, c'est un parti eurosceptique qui est arrivé au pouvoir...et les tensions sont vives à Varsovie et à Bruxelles...

La guerre polono-polonaise. Le quotidien pourtant assez favorable au nouveau pouvoir polonais, Rzeczpospolita, n'hésite pas sur les termes pour qualifier l'ambiance délétère en Pologne, a peine deux mois après la victoire triomphale des conservateurs catholiques et eurosceptiques de Droit et Justice.

En cause, la grave crise que traverse le pays suite à la volonté du nouveau pouvoir de nommer 5 nouveaux juges au tribunal constitutionnel alors que les désignations de ces juges ont déjà eu lieu, dans les derniers mois du précédent gouvernement libéral.

Ce qui fait dire à Rzeczpospolita que le gouvernement provoque une escalade dans la guerre polono-polonaise, c'est un projet de loi envisagé par Droit et Justice pour forcer l'intégration des 5 nouveaux juges au Tribunal Constitutionnel. La Pologne se déchire sur ce sujet avec manifestations et contre manifestations et accusations de la part de l'opposition libérale de dérive à la Orban en Pologne. Le quotidien libéral Gazeta Wyborcza, issu des luttes de Solidarnosc, publie en une "un appel à la défense de la démocratie" signés par des personnalités de premier rang. Anciens présidents de la République, premiers ministres, présidents de la Diète et du Sénat. Un appel pour préserver la souveraineté du tribunal constitutionnel. Parmi ces personnalités, Lech Walesa qui évoque un risque de guerre civile. On revient à cette guerre polono-polonaise.

Et c'est vrai que les Polonais sont inquiets. Pour preuve deux sondages dans Rzeczpospolita

Le premier montre une chute de la popularité du parti en pouvoir. En deux semaines, sa côte est passée de 42 à 27%. Pendant que le nouveau parti libéral Nowoczesna "Moderne" en polonais grimpe de 10 à 24% et que l'ancien parti libéral au pouvoir pendant huit ans, la Plateforme Civique est à 16%. Autre sondage, cette crise des juges est considérée par les Polonais comme le sujet principal de préoccupation pour 35% loin devant les promesses électorales de Droit et Justice sur l'âge de la retraite ou les allocations familiales.

Une situation polonaise qui inquiète en Europe. Le président du parlement européen, Martin Schultz, a dénoncé au micro d'une radio allemande, une tentative de Coup d'Etat en Pologne. Et le quotidien Suisse, le Temps, estime que la Pologne nationaliste et eurosceptique est placée désormais sous surveillance, car le nouveau pouvoir polonais est entrée dans une logique de confrontation à la fois en Pologne et en Europe..

Pendant ce temps, plus à l'est l'Union européenne fait pourtant toujours envie...

Il y a les pays à l'intérieur de l'UE qui songent à partir et ceux à l'extérieur qui voudraient bien y entrer.

L'Ukraine est dans ce cas. Son président, Petro Porochenko était en visite à Bruxelles pour discuter de l'entrée en vigueur de la zone de libre échange entre son pays et l'Union européenne. Rappelons que c'était cet accord de libre échange qui a été à l'origine de la révolution de l'Euro-Maïdan.

Le quotidien belge le Soir rapporte les propos du chef d'état ukrainien à Bruxelles. Il a promis de tout mettre en œuvre pour que cet accord entre en vigueur au 1er janvier comme convenu.

Nous sommes prêts à payer le prix pour notre liberté et notre choix européen a déclaré Petro Porochenko en présence de Donald Tusk et de Jean-Claude Juncker. Et le prix sera élevé, car comme le rappelle le Soir, Moscou en représailles du choix européen de Kiev a suspendu ses tarifs préférentiels pour l'Ukraine.

Mais pour la presse ukrainienne, le jeu en vaut la chandelle, car dans cet accord de libre échange, il y a l'abolition du régime des visas. Pour le journal en ligne Ukrainska Pravda, c'est même la principale préoccupation des Ukrainiens. Et le journal de citer Donald Tusk qui admet que l'Ukraine a ces derniers mois faits des progrès significatifs dans la libéralisation des visas, en particulier dans la lutte anti-corruption, ce qui devrait permettre de passer dès que possible à un régime sans visa entre l'Ukraine et l'Union européenne.

Même si d'après le président du conseil européen, il reste encore des questions en suspens. Pas de date précise donc pour cette abolition du régime des visas, mais la Ukrainska Pravda reste optimiste rappelant les propos de Petro Porochenko : les Ukrainiens ont payés le prix du sang sur Maïdan pour pouvoir voyager en Europe sans visa. Pas certain que David Cameron en soit ravi...

Références

L'équipe

Thomas Cluzel
Production