Crématorium improvisé pour les victimes du Covid-19 en Inde  ©AFP - GAGAN NAYAR
Crématorium improvisé pour les victimes du Covid-19 en Inde ©AFP - GAGAN NAYAR
Crématorium improvisé pour les victimes du Covid-19 en Inde ©AFP - GAGAN NAYAR
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Résumé

L'Inde connaît ces derniers jours un emballement épidémique qui fait des milliers de morts chaque jour ; bien au-delà des capacités du système médical indien. Le gouvernement Modi tente de faire taire les critiques, et le reste du monde s'inquiète de ce réservoir épidémique indien hors de contrôle.

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Impossible de regarder ailleurs : la presse internationale est obnubilée par la pandémie qui flambe en Inde.

Impossible de regarder ailleurs, c’est vrai, parce qu’il y a des images qui marquent, qui resteront… et je peux vous dire que celles que nous montre la BBC aujourd’hui en font partie. Images de ces crématoriums rituels, ces bûchers improvisés sur les parkings-mêmes, parfois des hôpitaux débordés des métropoles indiennes ; ces corps qui brûlent par centaines, on a beau savoir qu’il y a une dimension traditionnelle à ces crémations en Inde, impossible de ne pas se dire qu’on est là face à une extrémité encore jamais atteinte dans la pandémie.

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Car dans ce pays d’1,3 milliard d’habitants, nous dit The Wall Street Journal, le Covid-19 est devenu ces derniers jours "aussi féroce qu’un feu de forêt qui se répand à la vitesse d’une traînée de poudre" et que plus rien ne semble pouvoir arrêter. "Le virus et sa maladie avalent les gens tel un monstre", s’emporte un travailleur dans un crématorium de Bhopal où l’on "brûle les corps à mesure qu’ils arrivent, comme à la guerre". 

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Ça, c’est un reportage de l’agence Associated Press, mais la réalité n’est pas moins crue dans les récits que livrent les correspondants de la BBC en Inde : récits d’un pays où les bouteilles d’oxygènes sont devenues si rares et précieuses qu’on les transporte sous escorte policière, et où malgré cela la plupart des victimes du Covid meurent aujourd’hui à petit feu, lentement asphyxiées, chez elles ou dans les files d’attentes des hôpitaux. Un homme raconte à une chaîne de télé locale qu’il a parcouru des centaines de kilomètres avec son père sous respirateur à l’arrière d’une ambulance, pour trouver une établissement qui puisse le prendre en charge mais dans trois villes différentes on n’a rien pu faire pour lui… jusqu’à ce que la bouteille d’oxygène, là encore, ne se vide complètement. 

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Les entreprises qui rechargent ces bouteilles ne le font plus… que pour dix fois le prix pratiqué habituellement… alors, autant l’écrire comme le fait Soutik Biswas sur le site de la BBC : à Delhi, le simple fait de pouvoir "respirer est devenu un luxe" que beaucoup ne peuvent plus se permettre.

Cette soudaine aggravation de la crise pandémique en Inde est d’autant plus frappante que le pays affirmait avoir passé le plus dur : dans The New Indian Express on cite à nouveau ces déclarations triomphantes du BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, qui se félicitait en février d’avoir défini, en Inde, "un exemple mondial" de la manière dont la deuxième vague avait été gérée et vaincue. 

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Deux mois plus tard, on dénombre plus de 300 000 nouveaux cas par jour et plus de 100 morts par heure : le pays, "à bout de souffle" au sens propre, paye selon l’éditorialiste Shankkar Aiyar "le prix de l’inaction" de ses dirigeants en matière d’organisation du système de santé publique, mais aussi le prix de ces discours "exceptionnalistes et triomphalistes" qui ont poussé le gouvernement Modi à alléger les mesures sanitaires bien trop vite une fois le pic de la deuxième vague passé sans tenir compte de la nouvelle donne des variants qui font aujourd’hui des ravages.

Ce même gouvernement Modi essaye aujourd’hui, d’une manière un peu désespérée sous-entend The New York Times, de faire taire toutes ces critiques sur son inaction coupable, en obligeant les Twitter, Facebook et autres plateformes sociales à retirer de leurs réseaux des milliers de messages critiques… comme s’il n’y avait pas plus urgent à faire.

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L’urgence, à présent, est internationale car l’Inde et sa troisième vague hors de contrôle ont tout pour devenir un réservoir épidémique où le Covid-19 n’est pas prêt de s’éteindre, et où pourraient se forger de nouveaux variants. D’où la précipitation des Britanniques, Américains et autres Européens à proposer leur aide médicale au pays. 

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"Il faut affronter la flambée actuelle en Inde tous ensemble, martèle Peter Beaumont du Guardian, avant que ce problème indien ne devienne notre problème à tous". Et d’ajouter que ce qui se passe en ce moment en Inde doit aussi être lu chez nous comme un avertissement : à l’heure où nos pays riches et (bon an mal an) vaccinés regardent leurs propres succès et entrevoient l’illusion d’un bout du tunnel, quand on regarde le monde dans son ensemble, il est difficile de ne pas voir que la pandémie est loin d’avoir dit son dernier mot.  Qui plus est, l’Inde devait jouer le rôle d’usine mondiale à vaccins pour les pays en développement, via l’initiative internationale Covax. Elle ne pourra assurer cette mission avant de longs mois ; l’Afrique, notamment, va devoir se trouver un autre fournisseur et c’est une nouvelle fois la Chine (et moindrement la Russie), qui devraient en sortir gagnantes.