Le président italien Sergio Mattarella et Mario Draghi à Rome le 18/12/19
Le président italien Sergio Mattarella et Mario Draghi à Rome le 18/12/19
Le président italien Sergio Mattarella et Mario Draghi à Rome le 18/12/19 ©AFP - Quirinale Palace press office
Le président italien Sergio Mattarella et Mario Draghi à Rome le 18/12/19 ©AFP - Quirinale Palace press office
Le président italien Sergio Mattarella et Mario Draghi à Rome le 18/12/19 ©AFP - Quirinale Palace press office
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Résumé

Après l'echec de négociations pour former ue novelle coalition de gouvernement, le président italien convoque l'ancien président de la BCE Mario Draghi pour lui confier la destinée du pays en pleine crise. En Birmanie la population commence à contester le retour en force de la junte militaire.

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Aux grands maux les grands remèdes : l’Italie en pleine crise politique met son destin entre les mains d’un homme providentiel.

c'est vraiment la tonalité générale des grands titres de la presse transalpine : cet "homme providentiel", ce "dernier recours" quand rien d’autre n’a fonctionné pour sortir du marigot politicien, c’est lui, Mario Draghi, "SuperMario face à un nouveau défi : sauver l’Italie après avoir sauvé l’Europe". Non vraiment, c’est écrit dans Il Messaggero qui ce matin s’enflamme donc un brin après que le président italien Sergio Mattarella a convoqué ce midi dans son bureau l’ancien pésident de la Banque centrale européenne Mario Draghi, pour lui confier la mission impossible de former un gouvernement capable de trouver une majorité au Parlement par-delà les rivalités et les divisions entre partis. 

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Ce gouvernement, a dit Sergio Mattarella repris par tous les journaux, devra être "de haut niveau" et surtout "apolitique"… comprenez, tout ce que n’ont pas été les deux cabinets dirigés successivement par Giuseppe Conte et le Mouvement 5 Etoiles depuis 2018.

L’hebdomadaire L’Espresso métaphorise : quand les joueurs ne sont plus capables de se contrôler sur le terrain politique, alors vient le temps où "l’arbitre" doit reprendre les choses en main. En l’occurrence "l’arbitre" c’est dans un premier temps Sergio Mattarella, le président, mais c’est aussi par extension ce sauveur sorti de sa retraite dorée, l’ancien banquier central Mario Draghi considéré lui aussi comme une figure d’arbitre, ou en tous cas "au-dessus de la mêlée". 

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Et Stefano Folli de La Repubblica poursuit : "la précipitation avec laquelle le président a sorti de sa manche la carte Draghi, sans [comme c’est la tradition] multiplier les tentatives de coalition entre partis politique, montre bien à quel point l’heure est grave" pour l’Italie face à la crise sanitaire et économique qui mence de se transformer en "crise systémique", et face à la colère qui monte dans la population. Dans ce contexte, toujours selon l’éditorialiste de la Repubblica, "Mario Draghi c’est la figure la plus prestigieuse que l'Italie puisse aligner pour vaincre l'incurie populisme et replacer l'Italie dans Europe avant que le nœud de la dette incontrôlée n'étrangle le pays et son économie".

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Pourtant, Mario Draghi, pour le Corriere della Serra, ce sera l’homme du "quoi qu’il en coûte" : c’était son leitmotiv en 2012 quand il avait mobilisé les banques pour ouvrir à fonds les vannes du crédit et sauver la zone euro, d’après le quotidien milanais. Le "quoi qu’il en coûte" (repris en France par Emmanuel Macron depuis un an) devrait donc trouver se déclinaison Covid-19 en Italie. 

Financer le sauvetage économique avec des emprunts garantis par l’Etat, c’est rassurant pour le milieu des banques et des marchés dont est issu Draghi, et c’est, note Il Fatto Quotidiano, le credo du nouvel homme fort du pays, tel qu’il l’avait énoncé dès le mois de mai dernier dans une interview au Financial Times… en forme de programme de gouvernement avant l’heure.

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C’est un peu comme si ce recours ultime à Mario Draghi était écrit de longue date, à lire Il Manifesto, quotidien communiste, qui titre "mission accomplie", comme si les derniers évènements politiques (la chute du deuxième gouvernement Conte provoquée par Matteo Renzi) n’avaient visé que cet objectif de confier un "gouvernement de salut public" à l’homme providentiel également rebaptisé "le commissaire". 

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"Un économiste aux commandes, les débats politiques balayés" pour Norma Rangeri "l’espace démocratique italien se réduit un peu plus encore" avec cette rhétorique du gouvernement technique et soi-disant apolitique, comme si la personnalité et les choix économiques de Mario Draghi n’était pas éminement politiques. "Quand les élus doivent céder la place aux financiers, ce n’est jamais une bonne nouvelle pour la santé de notre pays", conclut la journaliste du Manifesto. "Raison de plus, écrit-elle enfin, pour rester sur ses gardes".

Retour en Birmanie, 48 heures après le coup de force de la junte militaire.

"Junte militaire", voilà un mot qui ne fait plus partie du passé de la Birmanie. On pensait pourtant e être débarrassé depuis le retour timide d’un gouvernement civil il y a di ans... mais non, on parle bien de junte militaire au pouvoir dans cet article de la BBC qui nous dit ce qui s’est passé depuis lundi : comment les Birmans eux-mêmes vivent-ils ce coup d’Etat militaire ? 

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On les a d’abord crus résignés, le premier jour, mais ils étaient plutôt sidérés par ce qui arrivait à leur pays. Ce mardi ils ont tout de même commencé à exprimer leur désaccord avec les évènements de la veille : et voilà ce à quoi ça ressemblait dans les rues de Rangoun à la tombée de la nuit :

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Des concerts de casseroles, des slogans contre les militaires scandésdepuis des milliers de fenêtres. Une manière de réclamer le retour du gouvernement élu démocratiquement et la libération de sa chef, la très populaire Aung San Suu Kyi. Son parti la LND, ainsi que des organisations d’étudiants, appellent la population birmane à "mener des actions de désobéissance civile", pour ne pas laisser s’installer le régime militaire. 

Plus tonitruant encore, selon l’agence américaine Reuters les médecins de 70 hôpitaux dans 30 villes du pays se sont mis en grève, ce mercredi, pour protester contre le retour de la junte au pouvoir. Alors non, les Birmans ne se sont pas résignés à leur sort, et la phase de sidération qu’ils ont traversée lundi semble bel et bien terminée.