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Bonjour, Avant de revenir sur cette semaine Royal? Comme le titre de nombreux journaux européens... laissez-moi vous parler d'un article du Daily Telegraph qui commente les élections françaises avec un style tout britannique "J'écris depuis les Highlands aux confins de l'Europe raconte Andrew O Hagan... car c'est un endroit où les gens ne sont jamais ce qu'ils donnent l'impression d'être... de quoi rappeler à mes lecteurs l'une des grandes vertus britannique: le vivre et le laisser vivre... car quel ennui que l'époque où nous vivons... où la peur de la différence et la terreur du politiquement incorrect font la loi... Moi... soutient l'auteur... je suis pour la renaissance de l'individualité excessive même si ça doit égratigner les bonnes consciences... à ce titre continue t il ... je comprends vraiment la décision, certes originale, du peuple de Vanuatu (cette ile anciennement franco-britannique du pacifique) qui a élevé le prince Philippe (le mari de la Reine d'Angleterre) au rang de ...divinité... et lui voue un véritable culte... Pourquoi ?... explique l'éditorialiste... et bien parce que cet excentrique de 85 ans fauteur de trouble notoire qui parle à tord et à travers... est non seulement divertissant mais surtout il incarne notamment pour les gens de Vanuatu "ce pays magique (la Grande Bretagne) où il est permis de dire ce que l'on pense et ce que l'on veut..." il est en ce sens assez étrange d'ailleurs poursuit l'auteur ... que Vanuatu, qui jusqu'à 1980 était sous condominium franco-britannique, n'aie pas choisi un "Dieu français"... en cherchant par exemple du côté de la famille royale ou bien du côté de cette « madame Royale »... c'est que tout comme les français n'ont pour la plupart aucune idée de ce qu'est Vanuatu, les gens de Vanuatu n'ont jamais entendu parler de Ségolène Royal ni même de Nicolas Sarkozy... et la raison est simple: conclut l'article... aucun d'eux ne répond aux critères divins de Vanuatu... ils sont par trop lisses et par trop politiquement corrects. C'est vrai que jusqu'ici « la campagne présidentielle a des relents de Naphtaline » ... commente le Financial Times... que ce soit chez Ségolène Royal ou chez Nicolas Sarkozy ... les programmes politiques proposés n'ont rien de novateurs... l'un propose de reprendre le socialisme des années 70 ... quand à l'autre il propose une sorte de reaganisme à la française en s'appuyant sur l'économie de l'offre des années 80... Dans les deux cas ils proposent une augmentation des dépenses publiques mais sans annoncer comment ils vont la financer... et le FT conclut alors tout ceci n'est finalement que de la politique spectacle! Mais cette politique spectacle est en train de devenir un véritable "nirvana" pour chaque conspirateur qui se cache dans l'âme du peuple français... peut on lire sur le forum du Times... car la campagne a pris un nouveau tournant cette semaine et on pourrait s'intituler "le retour de Ségolène..." Donnée rétamée la veille ... écrit le quotidien algérien Liberté... la candidate socialiste ... remonte dans les sondages après son passage à TF1... la chaine privée qui n'arrête pas de dérouler ses tapis sous les pieds de son rival Sarkozy... son arme de campagne elle l'a lancée lors de l'émission: c'est son identité de femme qu'elle assume pleinement... et c'est cette identité écrit l'article algérien qui lui permet de faire de la politique autrement même si ça déroute! Car Ségolène l'a prouvé cette semaine... elle est « une candidate qui désarçonne »... titre le Temps en Suisse ... elle n'en fait qu'à sa tête... et certains chez les socialistes ont du mal à supporter ses zigzags, ses revirements permanents... mais cette semaine ils ont retrouvé le moral... il aura fallu pour cela l'audience extraordinaire enregistrée lors de son passage à TF1, près de 9 millions de téléspectateurs contre 8 pour Sarkozy pourtant imbattable dans les grand-messes télévisuelles... Ce qui a fait la différence... commente la Libre Belgique.... c'est la prestation de la candidate jugée assez généralement bonne... en dépit d'un début laborieux et d'une touche compassionnelle par moment un brin gênante par son caractère ostensible... notamment lorsqu'elle s'est apitoyé sur cet homme handicapé qui l'interrogeait malgré ses larmes Parce que Ségolène Royal a paru plus que jamais cette semaine a l'écoute des français... écrit la Vanguardia...tant çà TF1 qu'ensuite à Rennes elle a joué la carte de la participitation citoyenne... brandissant le fantasme de la démocratie participative en jouant le rôle clef du mamanadit (en français dans le texte) et c'est vrai que ce qui distingue Ségolène Royal c'est le coeur et l'émotion... ce côté maternelle qui veut gommer l'autre côté énarquotechnocrate ... analyse le linguiste Jean Véronis dans les colonnes du Temps... tout en employant comme Nicolas Sarkozy le vocabulaire de la 3ème république avec ses valeurs d'ordre de respect qui sont universelles et dépassent les clivages gauche droite.... la candidate socialiste a fait bien attention de ne pas employer le terme « socialiste »... pour se démarquer des éléphants de son parti et de tout leur vocabulaire traditionnel de gauche qui ne fait plus recette aujourd'hui et pourtant "la gazelle (comme la surnomme la presse anglophone) a été forcée de rappeler ces éléphants"... titre ce matin le Times qui reprends comme le reste de la presse européenne l'actualité de la nuit... " Pour contrer les critiques qui la taxe d'amateur... Ségolène Royal a rappeler dans son équipe de campagne les poids lourds de son parti... et notamment ses deux anciens rivaux Laurent Fabius et Dominique Strauss Kahn... mais aussi l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin et ce geste de réconciliation arrive juste au bon moment... écrit le Daily Telegraph ... alors que la candidate qui faisait grise mine dans les sondages depuis des semaines revient sur le devant la scène... et tout semble avoir été préparé... une fois que Miss Royal a fait ses preuves elle peut rassembler les forces socialistes ... mais sous son unique autorité... une stratégie dit le journal qui risque de payer Mais attention prévient la Libre Belgique car aucun scrutin élyséen ne s'est joué à la mi février... rappelez vous en 95 à cette époque Edouard Balladur était donné gagnant à plus de 55%... c'est que d'années en années les électeurs se décident de plus en plus tard... rien n'est joué donc Left behind c'est bien ce qui pourrait arriver à Ségolène Royal titre le Guardian... traduction laissée de côté... comme ce fut le cas en 2002 avec Lionel Jospin... le voilà son cauchemar ... un cauchemar, prévient le quotidien britannique, qui pourrait ne pas venir cette fois de Jean Marie Le Pen... mais bien plutôt d'un François Bayrou... et c'est l'autre star de la presse européenne cette semaine... « le trouble fête » titre le Temps... car « l'élection française qu'on se le dise n'est pas une course à deux chevaux » titre l'Independent...alors gardez Bayrou dans un coin de votre tête car il pourrait bien être le plus français des candidat a être plébiscité .... « Président Bayrou de France » écrit aussi le Times... qui explique la double raison de son succès... les racines rurales de ce béarnais cad qu'il ne fait pas partie de l'élite parisienne.... et surtout l'alternative consensuelle qu'il offre à une campagne et à un pays aux prises avec une lutte des classes surannée mais permanente... reste nuance le Times que la montée de Bayrou n'est peut être qu'un bref moment de gloire ... qui durera le temps que les partisans de Ségolène Royal retournent progressivement à leurs premières amours socialistes... Bayrou tout comme les autres candidats, Le Pen ou Bové ne sera plus alors que ce clown politique... le fait est conclut le quotidien de Londres qu'on ne sait jamais avec la politique française et c'est ce qui est si captivant dans ce feuilleton !

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