Confrontation police/manifestants d'opposition à Dakar le 05/03/21
Confrontation police/manifestants d'opposition à Dakar le 05/03/21
Confrontation police/manifestants d'opposition à Dakar le 05/03/21 ©AFP - Seyllou
Confrontation police/manifestants d'opposition à Dakar le 05/03/21 ©AFP - Seyllou
Confrontation police/manifestants d'opposition à Dakar le 05/03/21 ©AFP - Seyllou
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Résumé

Le Sénégal a connu trois journées de violentes manifestations contre l'arrestation du député d'opposition Ousmane Sonko, alors qu'il se rendait à la convocation des juges dans une affaire de viol présumé. Au Mexique, le président AMLO fait barricader son palais face aux manifestations du 8 Mars.

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L’espoir d’un apaisement après trois jours d’émeutes et cinq morts au Sénégal.

"Apaisement",  c’est le mot qui occupe la Une du site DakarActu , celui-là même qui nous annonçait dès dimanche soir la levée de la garde à vue d’Ousmane Sonko. Le député d’opposition, arrivé troisième à la dernière élection présidentielle, avait été arrêté mercredi pour troubles à l’ordre public et c’est cela qui avait déclenché trois jours de manifestations de la jeunesse sénégalaise, avec des débordements et des violences qui ont donc coûté la vie à cinq personnes.

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Trois jours de colère, des "scènes de barbarie inouïe", comme les décrit DakarActu, et un "vent d’apaisement" qui souffle donc avec la "remise en liberté annoncée de la plupart des manifestants" arrêtés lors des saccages et pillages de vendredi, signe de "bonne volonté" du pouvoir avant une journée qui menace elle aussi de basculer. 

Car Ousmane Sonko, lui, reste entre les mains de la police : il doit être présenté à 11 heures aux juges qui présideront à son procès, celui-là même qui a mis le feu aux poudres. Sonko est accusé par une masseuse de Dakar de viol et menaces de morts. Il nie ces accusations, il crie au complot politique pour affaiblir l’opposition… Et plusieurs des partis qui le soutiennent ont appelé à manifester pacifiquement ce lundi pour dénoncer cette soi-disant chasse à l’opposant menée par voie de justice.

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Il faut constater que les slogans entendus au Sénégal depuis mercredi vont bien au-delà de ces accusations contre le député Sonko, et la presse dakaroise vibre ce lundi encore des mots très forts prononcés la veille par le médiateur de la République sénégalaise, Alioune Badara Cissé dit ABC : on les retrouve, ces mots, dans Le Quotidien de Dakar, notamment, pour implorer le président Macky Sall de ne plus rester sourd aux cris des Sénégalais, et en particulier de cette jeunesse désespérée par la misère et les inégalités, au point, dit-il, de se jeter dans l’océan par milliers pour aller "servir de nourriture aux poissons de haute-mer". Pour le médiateur, le Sénégal est un pays "au bord de l’apocalypse", et les cris de la foule depuis mercredi sont des cris de "vérité" que le président doit entendre et auxquels il doit répondre autrement que par "la menace et la terreur" policière.

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Macky Sall, depuis, n’est pas sorti de son silence. Il n’a pas à céder à "cette violence et ce chaos dans lesquels Ousmane Sonko a sciemment fait basculer le pays" pour défendre ses propres intérêts, estime le quotidien en ligne Xibaaru, très critique vous l’aurez compris, à l’égard de l’opposant. 

Mais c’est dans les colonnes du Djely guinéen que l’on aborde ce malaise, ce "paradoxe" qui nous étreint avec cette crise sénégalaise... En particulier bien sûr en ce 8 mars :  comment s’enflammer pour une contestation populaire, ou lui reconnaître une certaine légitimité sur le plan social et démocratique, quand derrière toute cette affaire il y a une accusation de viol, et une jeune femme qui affronte seule une tempête d’insultes et de menaces parce qu’elle veut faire reconnaître ce dont elle dit avoir été victime ? 

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"Parce qu‘elle est perçue comme un instrument de manipulation au service du pouvoir sénégalais, la masseuse de l’institut Sweet Beauty ne reçoit aucune compassion, et c’est son bourreau présumé qui a droit à une solidarité quasi-unanime", écrit Boubakar Sanso Barry du Djely avant de déplorer qu’au fond, dans ce contexte politique ultra-passionné, plus grand-monde au Sénégal ne se demande s’il y a vraiment eu viol ou pas, ce qui est pourtant la vraie raison pour laquelle Ousmane Sonko doit être présenté à ses juges, ce lundi matin à 11 heures. 

Au Mexique le président AMLO se sentirait-il menacé par les critiques que lui adressent les féministes ? 

On sait que les organisations féministes sont très actives et radicales là-bas, et qu’il y a une très très lourde question au Mexique autour de la lutte contre les féminicides, ce "machisme qui tue" des milliers de Mexicaines chaque année... Et que les autorités ne parviennent pas à enrayer.

Eh bien, El Pais dans son édition latino-américaine revient sur ce conflit qui oppose le président Andres Manuel Lopez Obrador dit AMLO, à ces mêmes groupes féministes : ces derniers jours, le chef de l’Etat, étiqueté à gauche au moment de son élection, a fait barricader le Palais National, le siège de la présidence à Mexico en prévision des manifestations de ce 8 Mars.

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Ce mur métallique est devenu en quelques jours le symbole de l’impossibilité de communiquer, entre AMLO et les féministes de son pays qui lui reprochent de ne pas avoir assez agi contre les féminicides, et de sans cesse dénigrer leurs causes. Alors faute de pouvoir se faire entendre, les militantes ont passé le week-end à écrire à la peinture blanche les noms de milliers de victimes de ces violences de genre sur le fameux mur du Palacio Nacional.

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Dans une message dédié aux femmes mexicaines ce dimanche, cité par Milenio, le président mexicain a de nouveau assuré qu’il n’a rien contre les féministes, qu’il n’est pas machiste… Mais il assure aussi que des forces conservatrices de droite ont infiltré le mouvement féministe pour semer le désordre et pour s’en prendre à lui. Il dénonce ces provocatrices qui instillent leurs idées "fascistoïdes qui n’ont rien à voir avec celles que doit promouvoir le mouvement féministe". 

Voilà donc un vieux président qui explique aux féministes ce que doit et ne doit pas être le féminisme : si ça, ce n’est pas du mansplaining, je ne sais pas comment ça s’appelle...