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Bonjour ali, bonjour à toutes et à tous Pas de une commune ce matin, les journaux belges détaillent longuement les tenants et les aboutissants des longues négociations qui ont finalement abouties à la constitution d'un gouvernement... les journaux espagnols et allemands font leur une sur le discours historique d'Angela Merkel devant la knesset, les journaux italiens titrent sur le plan de reprise d'Alitalia par Air France. Côté photo en revanche, c'est le pourpre qui domine. Le pourpre de la robe du Dalaï lama qui hier a menacé de démissionner si les Tibétains ne respectaient pas le principe de non violence. Le pourpre des robes des Tibétains de Lausanne, Paris ou Bruxelles appelant la communauté internationale à réagir. Devant le siège du comité olympique à Lausanne, ils étaient 450 selon la police, un millier selon les organisateurs. Le Temps, en fait sa une, et titre "La révolte des Tibétains en exil". Une révolte pacifique à en croire les nombreuses photos du diaporama du journal sur le sujet. La photo de une, elle, est bien plus forte. Elle a été prise en Chine ou au Tibet, on ne sait pas quand: elle montre un homme en pourpre, un bandeau de lutte autour de la tête, tête écrasée contre la porte d'un fourgon de police. A Lausanne, les manifestants crient: "Les Chinois sont des menteurs! Des bouchers! Arrêtez les massacres". Ils demandent la libération des prisonniers, en appellent aux nations unies pour arrêter la violence et éclaircir les faits, ils exigent un boycott international des jeux olympiques qui auront lieu dans 5 mois. Au Comité Olympique, ils demandent qu'il fasse respecter sa charte à propos de la dignité humaine pour les jeux de Pékin et qu'au moins la flamme olympique ne passe pas par le Tibet. Le département de la communication leur a opposé hier encore une fin de non recevoir, citée par le journal, sa représentante explique: « c'est au pays organisateur de décider du parcours, ce n'est pas à nous de décider, nous intervenons dans la limite de nos compétences ». Dans le reportage du journaliste suisse, on sent monter l'impatience de ces manifestants. A Bruxelles, les gaz lacrymogènes ont été utilisés contre la foule, et il y a eu des interpellations, rapporte la Tribune de Belgique. Les manifestants s'étaient rassemblés devant la mission de Chine auprès de l'Union Européenne. « Aux cris de Wake Up european union, réveille toi union européenne, des Tibétains brandissant des drapeaux Tibétains et portant sur le front des bandeaux FREE TIBET, ont demandé l'envoi d'une mission pour enquêter sur les violences ». Ils n'ont pas appelé au boycott des jeux olympiques constate notre confrère, mais ces jeux, ils les appellent « les jeux de la mort ». « La situation au tibet est très grave »... propos du ministre des affaires étrangères italien Massimo D'alema cité par El Corrierre Della Serra. Il a convoqué hier l'ambassadeur chinois en Italie. Convocation aussi du représentant chinois en Pologne, rapporte News from Poland. Le ministre des affaires étrangères polonais, a demandé au représentant chinois à Varsovie des explications sur la situation au Tibet. « La police agit dans la retenue au Tibet ».... titre China Daily, non pas en une, mais quand même en première page. Le quotidien chinois officiel rapporte les propos du gouverneur de la province, intitulé gouvernement régional autonome du Tibet. « Les émeutes ont causé beaucoup de dégâts, 13 civils innocents ont été brulés ou poignardés à mort... 214 maisons ou boutiques ont été incendiées, ainsi que 56 véhicules, 61 policiers ont été blessés, dont 6 sont dans un état critique ». « Les militaires n'ont pas réprimé les émeutes, ils ont participé à des opérations de sauvetage » corrige Qiangba Puncog, c'est le nom du gouverneur au Tibet qui ajoute qu'il est consterné par la propagande du Dalai lama et des médias occidentaux qui évoquent des manifestations pacifiques. « Aucun pays démocratique ne tolèrerait la brutalité qui s'est exprimé à Lhassa » conclue t'il . Le China Daily cite dans un deuxième article les propos d'un officiel tibétain haut placé, qui s'appelle Legqoi, et qui considère que le Dalai lama ment quand il parle de génocide culturel. «Le concept de citoyen n'existait pas dans l'ancien Tibet, explique Legqoi, c'était la loi du servage qui s'appliquait, les esclaves n'avaient rien et ils étaient vendus par leur propriétaire. C'est seulement en 1965, après que l'autonomie régionale soit accordée que le peuple tibétain a pu prendre son destin en main ». Legqoi, chef des députés du comité régional du peuple tibétain, c'est son titre exact conclue: « L'état chinois a décidé d'investir 570 millions de yuans (51 millions d'euros) entre 2006 et 2010 pour rénover les temples, la culture tibétaine n'a jamais été aussi prospère qu'aujourd'hui ». Alors cette culture tibétaine, justement, c'est un article du Guardian qui nous y emmène. A Kumdun, où se trouve un des trois plus grands monastères du pays. « La bas tout est calme en surface » rapporte le journaliste, « les moines chantent dans les temples, les touristes posent devant des stupas resplendissants, depuis des années KUMDUN est un monastère modèle pour les chinois: commercial, conservateur, obéissant aux ordres de Pékin ». « Mais depuis quelques jours, la police se fait plus présente, et les moines craignent les caméras de sécurité postées dans la ville. "Ici il y avait avant 3100 moines, aujourd'hui nous sommes 700, rapporte l'un d'eux, nous devons demander l'autorisation pour chaque cérémonie religieuse". Les moines se plaignent de ne plus pouvoir prier, à cause des touristes qui chuchotent dans les temples, ou de leur portables, qui sonnent, mais chaque visite rapporte 80 yuans, 6 euros », rapporte le journaliste du Guardian, et il faut payer en plus pour la bénédiction et l'encens. Où sont les photos du Dalai lama? demandent les touristes. Elles sont cachées, explique le Guardian, car dans le cadre d'une campagne intitulée "éducation patriotique", les moines ont dû renoncer à vénérer le Dalai lama ». Ce matin le Times s'interroge, « le Dalai lama peut il vraiment démissionner comme il le menace? D'un point de vue théologique c'est impossible, mais cette menace nous mène à la question centrale, que se passera t'il quand il mourra... ou s'il démissionne vraiment? ». «Probablement, continue le quotidien britannique, probablement que le mouvement s'étiolera, et se fragmentera en groupuscules locaux. Cela ne devrait pas être que le problème du Dalai lama, mais aussi celui de la Chine, car la crise récente a montré qu'une branche radicale composée de jeunes Tibétains désespérés émerge de chaque côté de la frontière... » « La Chine ne sait pas son bonheur », considère Die Welt, dans un éditorial. « Les Chinois ne sont pas les premiers à faire les aveugles face à un mouvement de libération. Partout dans le monde des gouvernements ont entamé des négociations tardives avec des mouvements d'indépendance: OLP, ETA, les tigres tamouls, mais c'est parce que ces mouvements pratiquaient le terrorisme. Les Chinois, eux, n'ont aucune raison de ne pas discuter avec un apôtre de la non violence. Alors qu'ils occupent le Tibet illégalement depuis 60 ans, ils ne mesurent pas leur chance d'avoir le Dalai lama, comme interlocuteur ». Bonne journée

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