Vaccination en Israël, le 3 mars 2021 ©AFP - Hazem Bader
Vaccination en Israël, le 3 mars 2021 ©AFP - Hazem Bader
Vaccination en Israël, le 3 mars 2021 ©AFP - Hazem Bader
Publicité
Résumé

Après des débuts fracassants et avec plus de 50% de la population vaccinée, la campagne vaccinale en Israël doit désormais convaincre les communautés réticentes pour atteindre l'immunité collective. Aux États-Unis, la société de consulting McKinsey éclaboussée par l'énorme scandale des opiacés.

En savoir plus

Zoomons ce matin sur la campagne de vaccination en Israël, très efficace dans ses premiers mois mais désormais arrivée à un point de bascule. 

C'est la thèse défendue par la journaliste Tara Law dans la dernière édition papier du Time Magazine aux États-Unis. On s'y intéresse à la campagne vaccinale israélienne, parce que Benjamin Netanyahu en a fait l'un de ses principaux arguments de campagne pour les législatives qui se déroulent ce mardi... Et donc, dans les page du Time Magazine, on nous explique que si Israël peut s'enorgueillir d'un bilan pour le moment inégalé en matière de vaccination, avec près de 60% de la population qui a reçu au moins une injection contre le Covid-19, le plus dur reste encore à faire. 

Publicité

Car pour atteindre les 70% d'habitants vaccinés avec les deux doses, ce qui est d'après le consensus scientifique le seuil à partir duquel on peut compter sur l'immunité collective pour éteindre la propagation du virus, pour aller chercher ces 10% d'Israéliens manquant à l'appel, il va falloir régler un problème bien plus coriace que le manque de dose ou un quelconque défaut d'organisation : il va falloir vaincre la défiance vaccinale, très vive dans deux communautés en particulier, les juifs orthodoxes haredim, et les Arabes israéliens. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Les premiers, explique Tara Law sondage à l'appui, sont réticents à 42% à se faire vacciner pour des raisons liées à leurs croyances religieuses. Pour les seconds, les Arabes israéliens, la défiance envers le vaccin atteint 51% et elle est surtout une défiance envers le gouvernement et l'État dans son ensemble accusé de discrimination et d'hostilité perpétuelle à leur encontre et à l'encontre des Palestiniens.

Les services de santé israéliens se sont donc lancés dans une campagne de communication pour convaincre les récalcitrants de se faire vacciner, notamment en identifiant des personnalités influentes de ces deux communautés, en les mettant en scène en train de se faire vacciner et de vanter au passage face caméra, les vertus de la vaccination. On a même vu une élue d'opposition arabe et un rabbin haredim prêter leur bras à cette campagne. Mais les effets sur le reste de leurs communautés restent encore assez timides. 

Pourcentage de la population isréélienne vaccinée chaque jour
Pourcentage de la population isréélienne vaccinée chaque jour
- time.com (capture d'écran)

Il faudra pourtant que le message porte pour atteindre les 70% de l'immunité collective, insiste la spécialiste santé du Time Magazine. Il était en quelque sorte facile de vacciner très vite les populations les mieux intégrées, mais ce réservoir démographique-là ne suffit plus. Faire société face à la pandémie, c'est aussi aller chercher ceux qui vivent, volontairement ou non, à la marge... Est-ce que ce sera possible si Benjamin Netanyahu, qui concentre une grande partie de la défiance à l'égard du gouvernement, reste à la tête du pays ? C'est tout sauf certain.  

En tous cas, conclut Tara Law, ce défi posé à une société israélienne très polarisée préfigure ce qui attend les États-Unis, avec les fortes réticences que l'on observe chez les républicains les plus radicaux et une partie des Afro-Américains aussi. On serait tenté d'ajouter que la France, aussi, aurait intérêt à regarder ce qui se passe en Israël, même si nous sommes encore très loin d'approcher l'immunité collective.

55 min

Aux États-Unis, l'heure des comptes a sonné pour le cabinet de conseil privé McKinsey.  

McKinsey & Company, a priori, cela doit vous dire quelque chose : on en a parlé ces derniers mois en France justement parce qu'elle a su se rendre très influente auprès d'Emmanuel Macron et qu'elle s'est vue confier (pour la modique somme de 2 millions d'euros par mois) la mise en place de la stratégie vaccinale française... dont on a depuis pu apprécier les succès. 

Cette même McKinsey, nous dit The Las Vegas Review-Journal, refait parler d'elle chez elle aux États-Unis car pas plus tard que ce lundi soir elle a annoncé avoir consenti à verser 45 millions de dollars à l'État du Nevada, à titre d'arrangement à l'amiable pour éviter des poursuites en justice qui auraient pu s'avérer désastreuses. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Car la société de consulting est accusée d'avoir joué un rôle actif et répréhensible dans la crise des opiacés aux États-Unis, ce gigantesque scandale sanitaire qui a fait environ 400 000 morts par overdose en trente ans dans l'Amérique profonde à coup de surprescription massive de médicaments anti-douleurs dérivés de la morphine et vendus quasiment comme du paracétamol. Il a été démontré que McKinsey a conseillé au moins deux des grands laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent ces opiacés, pour justement leur permettre d'augmenter leurs ventes en contournant sciemment les lois américaines.  

Et le scandale ne se limite pas seulement au Nevada, poursuit le Las Vegas Review-Journal qui rappelle que le mois dernier McKinsey avait accepté de faire un chèque de 573 millions de dollars en tout pour solder les poursuites qui le menaçaient dans 47 États américains. Le Nevada avait refusé, il a donc obtenu plus d'argent en poursuivant la conciliation. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Face à la mort de centaines de milliers d'Américains, ces millions lâchés pour échapper à la justice, c'est trop peu par rapport à la responsabilité écrasante de McKinsey dans cette terrible affaire, écrit l'addictologue Aaron Wiener dans The Chicago Tribune.

McKinsey, complète The Financial Times, a déjà pris des mesures face à cette crise en mettant fin aux fonctions de son patron Kevin Sneader, mais le cabinet a encore du pain sur la planche pour tenter de redorer son image ternie par cette affaire des opiacées qui l'a fait apparaître comme cynique et immorale, prête sous couvert de consulting à conseiller à ses clients de violer les lois et de mettre des vies en danger pour maximiser leurs profits.