Manifestante devant la résidence de Scott Morrison à Sydney
Manifestante devant la résidence de Scott Morrison à Sydney
Manifestante devant la résidence de Scott Morrison à Sydney ©AFP - Wendell TEODORO
Manifestante devant la résidence de Scott Morrison à Sydney ©AFP - Wendell TEODORO
Manifestante devant la résidence de Scott Morrison à Sydney ©AFP - Wendell TEODORO
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Résumé

Le Premier ministre australien Scott Morrison écourte ses vacances en famille à Hawaï alors que son pays affronte des feux de forêt cataclysmiques et qu'il fait face à de fortes critiques. L'Ouzbékistan organise dimanche ses premières législatives depuis la mort de l'autocrate Islam Karimov.

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Il faisait hier 28 degrés sous un ciel plutôt dégagé à Honolulu, sur l'archipel américain d'Hawaï. 

Si j'ai choisi de commencer cette revue de presse par un peu de météo, ce n'est pas pour vous donner des idées de vacances, mais pour marquer le contraste avec la journée qu'ont vécu les Australiens : ce jeudi restera comme l'une des plus chaudes de l'histoire du pays, avec 40 degrés dépassés partout et jusqu'à 50 degrés dans les terres du Queensland comme relevé par The Australian. Forcément, ce pic de températures  n'a fait qu'attiser les feux de forêts cataclismiques qui ravagent le bush australien depuis des semaines.

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A Sydney  et Melbourne des millions d'habitants respirent un air vicié, intoxiqué par les fumées qui plongent les deux métropoles dans un halo jaunâtre, et pas plus tard que mercredi deux pompiers volontaires de cette région des Nouvelles Galles du Sud ont trouvé la mort en tentant de ralentir la progression des flammes, deux amis, deux pères de familles dont le Sydney Morning Herald dresse le portrait ce matin.  

Alors pourquoi donc Honolulu ?  

C'est justement la question que se posaient ces derniers jours les Australiens et leurs médias. Car Honolulu, c'est la destination qu'avait choisi le Premier ministre Scott Morrison, pour partir en vacances avec sa famille. Hawaï et son climat tempéré où le leader conservateur passait du bon temps, à croire les selfies qui avaient fuité de ce congé prévu de longue date. 

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En maintenant ces vacances alors que son pays brûle littéralement, Scott Morrison a choqué l'opinion austrealienne, c'est vraiment le moins que l'on puisse dire. Pour Geoff Chambers, à lire dans The Australian, l'idée même d'avoir maintenu ces vacances d'avant-Noël dans les circonstances que traverse le pays était "ridicule et malavisée", mais ce qui aggrave le cas du Premier ministre c'est que son équipe a tenté dans un premier temps d'etouffer l'affaire, d'empêcher les journalistes de savoir où était le chef du gouvernement, et pour y faire quoi.

Au final, après enquête des médias, on a donc compris que Scott Morrison était allé respirer le bon air d'Honolulu, et ce vendredi, une fois découvert, le vacancier s'est fendu d'un communiqué d'excuses et de condoléances aux familles des pompiers décédés. A la radio 2GB il a aussi exprimé ses "regrets profonds" que ses concitoyens aient pu considérer son absence comme "une offense", un abandon, et il a annoncé qu'il allait rentrer à Sydney au plus vite.  

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Ces regrets n'ont pas vraiment calmé le feu des critiques contre le Premier ministre.  

Dans son édition australienne, The Daily Mail nous apprend qu'une pétition exigeant sa démission a déjà récolté 65 000 signatures. Le tabloïd note aussi la nouvelle maladresse de Morrison dans son interview radiophonique quand il déclare que "de toute façon ce n'est pas moi qui tient la lance à incendie", manière de dire que s'il avait été là ça n'aurait pas changé grand-chose à l'ampleur de la catastrophe naturelle. Comme pour répondre à cette aveu d'impuissance, le site d'info Independent Australia liste "11 mesures que le chef du gouvernement aurait pu mettre en place, au lieu de prendre la tangente": par exemple, "déclarer l'état d'urgence, aller rencontrer les pompiers sur le terrain plutôt que de répêter qu'ils font un travail formidable depuis son bureau climatisé, donner des moyens étendus aux services d'urgence qui sont trop souvent démunis,  ou encore agir vraiment contre les émissions de gaz à effet de serre de l'Australie". 

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Car c'est l'autre erreur politique reprochée à Scott Morrison entre autres par David Crowe du Sydney Morning Herald : sa réticence, depuis des semaines, à faire le lien entre les incendies-monstres et le réchauffement climatique,  bien plus grave que ses vacances malvenues et le mystère qui les a entourées. Sur ce sujet-là, "Morrison n'a fait qu'esquiver là où on attendait de lui un discours fort et clair".  Un Premier ministre qui "fait la sourde oreille", donc, depuis le départ comme le résume Geoff Chambers dans The Australian : la "fuite à Honolulu" n'aura finalement été que l'allégorie d'une critique beaucoup plus profonde.

Sur le calendrier électoral du week-end, des législatives particulièrement attendues en Ouzbékistan. 

Cette république issue de l'éclatement de l'URSS en Asie centrale organise dimanche ses premières élections législatives depuis la mort du dictateur Islam Karimov.

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"Un nouveau parlement, pour un nouvel Ouzbékistan", clame le slogan officiel  repris pour nous par la BBC, et c'est bien là toute la question : à quel point ce vent d'ouverture, de démocratie qui est censé souffler sur le pays va-t-il vraiment se retrouver dans les urnes ? On se le demande d'autant plus qu'il y a des signaux encourageants : la presse ouzbèke, a commencer par le site Gazeta.uz, se félicite depuis hier du fait que The Economist (le très prestigieux hebdo britannique) a fait de l'Ouzbékistan rien de mois que son "pays de l'année 2019" pour ses progrès démocratiques. 

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Il faut quand même savoir que l'on part de très loin : le pays depuis son indépendance en 1991 et sous la férule d'Islam Karimov était devenu l'un des pays les plus répressif au monde pour tout ce qui pouvait ressembler à une opposition politique ou à la liberté d'expression, ce que The Economist résume par "27 années de brutalité, d'incompétence et de violations terrifiantes des droits humains".  Mais le newsmag note surtout que depuis la mort en 2016 du despote Karimov, l'Ouzbékistan désormais dirigé par Shavkat Mirzioiev va dans la bonne direction : rien que cette année, il a officiellement aboli l'esclavage et les travaux forcés dans ses camps d'emprisonnement des prisonniers politiques. D'ailleurs certains des ces prisonniers les plus anciens et les plus emblématiques ont été libérés. Le pays s'est considérablement ouvert sur l'extérieur également, au tourisme principalement avec des arrières-pensées économiques très claires autour des villes mythiques de Samarcande, Boukhara et Khiva. 

Tout ça est en partie vrai, mais attention tout de même à ne pas se laisser éblouir, tempère The Economist à propos des élections de dimanche qualifiées de "semi-sérieuses" seulement pour la bonne raison qu'"a_ucun candidat de réelle opposition au président Mirzioiev n'a pu se présenter"_. 

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Certes, confirme la radio internationale américaine Radio Liberty, "les candidats se permettent des critiques contre le gouvernement qui auraient été impossibles il y a encore trois ans", mais parler de pluralisme, d'opposition véritable, c'est se faire des illusions. La BBC cite même la crainte du parti d'opposition Erk de "voir le pouvoir se durcir après ce scrutin démocratique de façade". Alors, comme le titre Radio Liberty : "il ne faut donc pas trop en attendre des élections ouzbèkes".