Joe Biden à WAshington le 10/03/21
Joe Biden à WAshington le 10/03/21
Joe Biden à WAshington le 10/03/21 ©AFP - Mandel Ngan
Joe Biden à WAshington le 10/03/21 ©AFP - Mandel Ngan
Joe Biden à WAshington le 10/03/21 ©AFP - Mandel Ngan
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Résumé

En faisant approuver son plan de stimulus économique par le Congrès, Joe Biden signe une grande victoire parlementaire. Mais derrière cette réponse à la crise du Covid-19 se cache une ambitieuse politique de lutte contre la pauvreté. Donald Trump tente de siphonner l'argent du parti républicain.

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C'est, de l'avis général dans la presse d'outre-atlantique, la première grande victoire politique de Joe Biden depuis son élection.

Une grande victoire pour le président démocrate que le vote par les deux chambres du Congrès du plan de relance de l'économie américaine, 1 900 milliards de dollars pour contrer les effets de la pandémie. "Les démocrates méritent bien une haie d'honneur", s'enthousiasme l'éditorial du New York Times, car ils ont tenu promesse : ils sont allés vite, sur ce plan d'urgence face à la crise du Covid-19, le montant colossal affiché (équivalent au PIB de l'Italie) est à la hauteur de ce qui avait été annoncé. 

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Des millions de ménages américains vont recevoir rapidement un ou plusieurs chèques de 1 400 dollars par adulte, les chômeurs vont voir leurs droits augmenter de 300 dollars,  les crédits d'impôts pour les parents vont augmenter, l'assurance maladie va coûter moins cher à ceux qui la payent, les budgets des Etats et ceux des agences fédérales en matière d'action sociale et sanitaire vont aussi récupérer des dizaines de milliards. Bref, poursuit le New York Times, il y a là un "filet de sécurité" de nature à faire face aux différentes facettes de l'urgence économique américaine.

Mais que l'on ne s'y trompe pas, corrige très vite Rich Lowry pour Politico : si l'on y regarde de près, cet ambitieux plan de relance présenté comme une réponse immédiate aux effets de la crise sanitaire "n'a finalement que peu à voir avec le Covid-19 et ses conséquences", dont il apparaît que le pire serait déjà passé. C'est avant tout "un plan massif et agressif de lutte contre la pauvreté", notamment celle des des travailleurs précaires, des familles en dessous du seuil de pauvreté (et donc de leurs enfants), des minorités afro-américaines et latino... Autant de populations qui sont assez finement ciblées par les dispositifs approuvés mercredi.

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En résumé, ce plan Biden ne répond pas tant à l'urgence de la pandémie qu'à celle de la misère qui prolifère aux Etats-Unis depuis des années, acquiesce Matt Bruenig dans les colonnes du magazine Jacobin. Pour lui, on assiste là à "un tournant dans la philosophie de la lutte contre la pauvreté aux Etats-Unis : fini le consensus démocrates-républicains sur le fait qu'il serait inefficace de donner directement de l'argent aux plus pauvres" et qu'il vaudrait mieux leur accorder des crédits d'impôts.  

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Les deux media, Jacobin comme Politico, se félicitent de ces changements de fond dans l'aide aux plus démunis ; ils appellent l'administration Biden à ne pas se cacher derrière la crise du Covid-19 mais à assumer sa politique... Sauf qu'en face, note The Washington Post, il y a des républicains qui, malgré la grande popularité du plan Biden, ont tous refusé de le voter. Ils reprochent aux démocrates de n'avoir rien fait pour rechercher le consensus bipartisan pourtant revendiqué par le nouveau président dans son discours inaugural il y a cinquante jours, d'avoir abusé de l'argument de la crise sanitaire pour faire passer un texte consacré avant tout à une réforme de la politique sociale. Et puis d'un point de vue libéral, la plupart des élus républicains n'approuvent pas ce qu'ils dénoncent comme un tournant de l'assistanat, une sorte de "délire néo-socialiste qui fait passer Lénine pour un homme de droite", selon le sénateur républicain John Kennedy cité par The Seattle Times. Le quotidien de la côte Ouest répond à cette critique en citant Marx, "L'argent ne fait pas le bonheur, certes, mais il permet à chacun de choisir la forme qu'il veut donner à sa propre misère". Et là, rien à voir avec Lénine... Puisque c'est à Groucho Marx que l'on doit cette citation.

Et pendant que Joe Biden sort son chéquier Donald Trump, lui, tente de siphonner l'argent du parti républicain.  

C'est en train de devenir une affaire de gros sous entre l'ex-président et son parti. A lire sur le site d'info politique The Hill, l'offensive de Donald Trump pour empêcher le parti républicain d'utiliser son nom, son image et son accord de principe pour lever des fonds auprès de ses généreux donateurs. Trump veut garder sa notoriété, sa "marque" Trump en quelque sorte, pour lui seul et il appelle les sympathisants républicains à ne plus donner leur argent à la collecte officielle du parti mais à la sienne, siglée "America First", la seule selon lui à pouvoir se réclamer de sa personne. 

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Donald Trump explique qu'il ne fait pas confiance aux dirigeants du "good old party", qualifiés de "républicains en bois" et "d'imbéciles", pour utiliser l'argent et surtout bien choisir les futurs candidats républicains aux élections de mid-term dans un peu moins de deux ans.  Car Trump, explique également CNN, voudrait avoir la main sur ces nominations, pour imposer non pas systématiquement les élus sortants mais ses propres candidats en accord avec ses idées... Que l'on ne connaît que trop bien. 

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Il y a donc bien là à la fois une lutte idéologique, une lutte pour le magot républicain, des "sommes colossales qui peuvent être utilisées sans vraiment de restrictions légales", confirme Maggie Haberman du New York Times ... Et l'on sait que Donald Trump a désespérément besoin d'argent pour régler ses dettes personnelles et financer son train de vie, sans même parler de commencer à rassembler des fonds pour une éventuelle campagne présidentielle en 2024. Et puis il y a la soif de vengeance d'un ancien président qui ne pardonne pas à certains républicains de lui avoir tourné le dos quand il s'acharnait à revendiquer la victoire contre toute évidence.  

Toujours dans The New York Times, le chef de file des républicains au Congrès Mitch McConnel tente de rassurer ses ouailles et de les garder dans son giron : malgré les tentatives désespérées de Donald Trump, sa levée de fonds aurait pour le moment permis de récolter 148 millions de dollars, contre plus de 610 millions pour celle, officielle, du parti.