Photo de la camionnette immatriculée en Espagne, contenant des bonbonnes de gaz et dont le conducteur espagnol a été arrêté à Rotterdam
Photo de la camionnette immatriculée en Espagne, contenant des bonbonnes de gaz et dont le conducteur espagnol a été arrêté à Rotterdam ©AFP - ARIE KIEVIT / ANP
Photo de la camionnette immatriculée en Espagne, contenant des bonbonnes de gaz et dont le conducteur espagnol a été arrêté à Rotterdam ©AFP - ARIE KIEVIT / ANP
Photo de la camionnette immatriculée en Espagne, contenant des bonbonnes de gaz et dont le conducteur espagnol a été arrêté à Rotterdam ©AFP - ARIE KIEVIT / ANP
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La police néerlandaise enquête sur une camionnette immatriculée en Espagne, contenant des bonbonnes de gaz et dont le conducteur espagnol a été arrêté à Rotterdam, après l'annulation d'un concert de rock "en lien avec une menace terroriste".

Lorsque le journaliste de la NRC interroge Sharon et Wick, hier, devant l'entrée d'une salle de concert à Rotterdam, aucun d'eux ne sait encore qu'une camionnette blanche avec des bouteilles de gaz a été trouvée à proximité et qu'au même moment, dans la salle, la police anti-terroriste est en train d'expliquer aux membres du groupe que leur concert va devoir être annulé. Mais parce que tout autour d'eux des policiers munis de gilets pare-balles commencent à s'agiter, le journaliste pose la question aux deux fans de musique : craignent-ils un attentat ? Sharon, en toute décontraction, répond que «la menace terroriste vous y pensez lorsque vous aller assister à un concert dans un stade, mais certainement pas pour un groupe quasi inconnu comme celui de ce soir». Sans compter que jusqu'à présent, les Pays-Bas, eux, ont été épargnés par la vague d'attentats qui depuis deux ans ébranle leurs proches voisins européens. Et pourtant, même si ce matin encore il convient de se garder de toute conclusion trop hâtive, tout porte à croire que le pire a, peut-être, été évité.

Il était 17h30 lorsque la police des Pays-Bas a reçu de son homologue espagnole un avertissement concernant une «menace terroriste». Sur les photos à la Une ce matin de toute la presse néerlandaise, on peut d'ailleurs voir la camionnette blanche immatriculée en Espagne. Et bien entendu, moins d'une semaine après les deux attaques en Catalogne revendiquées par le groupe Etat islamique, la coïncidence est pour le moins troublante. Pour autant, selon des sources de l'antiterrorisme espagnol, citées par l'agence EUROPA PRESS, l'homme arrêté hier soir n'a pas de lien, a priori, avec le djihadisme et les bouteilles de gaz retrouvées dans son véhicule seraient à usage domestique. Voilà pourquoi, à ce stade, «on aurait tort d'empiler tous ces faits et de conclure, parce que c'était le tableau la semaine dernière à Barcelone, qu'il y avait un plan pour attaquer avec des bonbonnes de gaz », a tenu à préciser dès hier soir le maire de Rotterdam. « Je serais prudens à ce sujet», a-t-il encore insisté, avant de suggérer, toutefois, implicitement un possible motif d'agression. Le groupe de pop californien, formé de trois surfeurs originaires de Las Vegas et dont le concert a été annulé hier, s'appelle, «Allah-Las». Et «c'est bien sûr un nom étrange», a simplement concédé le maire.

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Pour l'heure, précise ce matin DE VOLKSKRANT, la question de savoir si la menace terroriste était liée au nom du groupe n'a pas été élucidée. Reste, rappelle pour sa part THE GUARDIAN, que le groupe a déjà reçu plusieurs mails de menace de gens se disant offensés. Le nom du groupe est, en effet, une référence directe à Allah. Mais ainsi que s'en expliquait, déjà, le chanteur dans un entretien au quotidien britannique l'an dernier, s'ils ont choisi ce nom c'est simplement parce qu'ils voulaient quelque chose qui sonne «sacré».

De l'autre côté de l'Atlantique, cette fois-ci, c'est un livre à paraître qui fait déjà les choux gras de la presse

Jusqu'à présent seul le titre de ce livre, «What happened», était connu. Hillary Clinton l'avait déjà dévoilé le mois dernier, promettant d'expliquer «ce qui s'est passé» pendant la campagne qui l'a menée tout droit à la défaite. Et, hier, histoire d'aiguiser un peu plus encore l'appétit, Hillary Clinton a lu elle-même sur l'antenne de MSNBC des extraits de son ouvrage à paraître le 12 septembre prochain. Or le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère. «Back up, you creep» (recule sale type), ces quatre mots, notamment, s'affichent en lettre grasse sur les pages de nombre de quotidiens, à l'instar du WASHINGTON POST ou du LOS ANGELES TIMES. Hillary Clinton y fait référence à ce fameux soir du deuxième débat télévisé entre les deux prétendants à la Maison Blanche, au cours duquel Donald Trump avait adopté une attitude étrange à l'égard de sa rivale. Ce jour-là, exceptionnellement, les candidats s'affrontaient debout, micro à la main. «Nous étions sur une petite scène, et il me suivait où que j'aille, il me fixait des yeux, il grimaçait. C'était incroyablement gênant», écrit ainsi Hillary Clinton dans son livre. «J'en avais la chair de poule», dit-elle, avant de décrire les sentiments qui lui ont traversé l'esprit sur le moment. «Que feriez-vous à ma place ? Resteriez-vous calme et souriante ? Ou bien, vous retourneriez-vous pour le regarder dans les yeux et lui dire, haut et fort : Reculez, sale type, vous ne m'intimiderez pas. J'ai finalement choisi la première option. J'ai gardé mon calme», raconte toujours l'ex candidate, avant d'ajouter : «Aujourd'hui, je me demande si je n'aurais pas dû choisir l'autre option. Cela aurait sûrement fait de la meilleure télévision». Et de confier encore : «Peut-être ai-je trop appris à rester calme, à me mordre la langue, à enfoncer mes ongles dans mon poing fermé tout en souriant, déterminée à montrer un visage impassible au monde, aidée aussi par l'expérience d'une vie entière à avoir eu à gérer des hommes qui voulaient se débarrasser de moi».

Lui non plus n'y va pas de main morte. Lui, c'est Steve Bannon, l’ex-stratège en chef de la Maison-Blanche. Après son départ contraint, vendredi dernier, il a repris son poste à la tête du site d'extrême droite BREITBART NEWS et se lâche désormais sur son ancien employeur. Dans un article du WASHINGTON POST, repéré par le Courrier International, une capture d’écran de BREITBART NEWS liste les titres incendiaires accusant Donald Trump de «revenir en arrière» et d’avoir «retourné sa veste», en particulier, sur la question afghane. Une rhétorique qui surprend tant elle contraste avec les prises de position habituelles du site d’extrême droite, plutôt indulgentes à l’égard du milliardaire. Et puis toujours sur la question de l'Afghanistan, le quotidien américain s'interroge également sur les raisons qui ont poussé le président à effectuer un virage à 180°. Ses discussions avec les généraux ont certainement joué un rôle clé. Mais, plus surprenant, THE WASHINGTON POST rapporte que l'une des façons dont McMaster, son conseiller à la sécurité nationale, a essayé de persuader Trump de renouveler l'effort était d'essayer de le convaincre que l'Afghanistan n'était pas un endroit désespéré. Et pour se faire, il aurait montré au président une photo en noir et blanc, datant de 1972, sur laquelle on peut voir des femmes afghanes, marchant dans Kaboul en minijupe, pour lui montrer que les normes occidentales existaient alors et pourraient faire leur retour. Ou quand au poids des mots se substitue le choc des photos.

Par Thomas CLUZEL

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