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Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : le poison de la corruption est partout, Fifa, Brésil, ONU.
A commencer par la FIFA et ses coulisses dont nous découvrons, chaque jour, un peu plus la noirceur. Ces écuries d'Augias des temps modernes sont si sales qu'elles en étaient devenues impénétrables. Or il semble que le grand nettoyage ait enfin commencé, se réjouit ce matin LE TEMPS de Genève.

Game over, c'est ainsi que son confrère britannique THE DAILY TELEGRAPH salue pour sa part la fin d’un règne long de dix-sept ans pour le président de la Fifa, Sepp Blatter, qui avait annoncé en juillet qu’il démissionnerait avant la fin de l’année. Sauf que le comité d’éthique de l’organisation ne lui a pas laissé le temps d’aller jusque-là puisqu’il l'a suspendu hier de ses fonctions pour une durée de trois mois, de même que Michel Platini, le président de l’UEFA. Preuve que l'instance est aujourd'hui minée par les scandales, le secrétaire général de la Fifa, Jerôme Valcke, mord lui aussi la poussière en écopant de la même sanction, écrit toujours le journal britannique. Enfin l'ex vice-président de la Fifa, Chung Mong-Joon a été suspendu pour six ans.

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UEFA ex-president Michel Platini.
UEFA ex-president Michel Platini.
© Reuters - Kai Pfaffenbach

Evidemment chaque cas est différent, précise à nouveau LE TEMPS. Si par le passé la commission d’éthique a plusieurs fois fait montre d’une très grande bienveillance envers Sepp Blatter, elle ne pouvait décemment pas ignorer que le Valaisan est depuis le 25 septembre dernier sous le coup d’une enquête pénale pour soupçon de gestion déloyale et abus de confiance dans le cadre de la vente de droits télévisuels. Michel Platini est lui suspecté d’avoir bénéficié d’un paiement illégal de 1,8 million d’euros de la part, justement, de Sepp Blatter. Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa est soupçonné d’avoir participé à un marché noir de revente de billets VIP. Enfin à l'ex vice-président Chung Mong-joon on reproche une tentative de corruption, dans le but de favoriser la candidature de son pays, la Corée du Sud, lors de l’attribution du mondial 2022.

Quoiqu'il en soit, depuis un an, c’est donc un véritable jeu de massacre. En quelques mois, le comité exécutif de la FIFA aura perdu son président, deux vice-présidents, deux ex-vice-présidents et plusieurs membres influents. Miraculeusement épargné à ce jour, Issa Hayatou a lui été nommé hier président par intérim. Or s'il n'a pas été vraiment ébranlé, jusqu'à présen,t par la tempête que connaît la FIFA, cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne traîne pas, lui aussi, des casseroles. L'an dernier, THE SUNDAY TIMES l’avait placé au cœur d'un système de corruption qui devait permettre au Qatari Mohamed Bin Hammam de se faire élire à la présidence de la FIFA. Mensonge, avait-il répondu au sujet de son implication. Il est également accusé d’avoir joué un rôle important pour aider le Qatar à obtenir l’organisation de la Coupe du monde. Mais là encore, il nie catégoriquement. Enfin en 2011, rappelle de son côté l'hebdomadaire JEUNE AFRIQUE, Issa Hayatou a été impliqué dans le scandale ISL, du nom de la société de marketing qui gérait les droits télévisés de la Coupe du monde. L'entreprise s'était rendue coupable de verser des rétro commissions et Hayatou avait été impliqué dans l'affaire, mais avait échappé à une condamnation. Au total, sur les 22 membres qui composent le comité exécutif de la Fifa, seuls six aujourd’hui ne sont pas inquiétés. Les 22 autres sont tous soupçonnés de corruption, suspendus ou bannis à vie.

Au final, le système qui s'effondre sous nos yeux depuis quatre mois aura prospéré pendant trente ans. Depuis, en réalité, que l'argent est entré massivement dans le football et depuis que les dirigeants en place se sont mis à vouloir se servir plutôt qu'à servir. Pour redevenir honnête, la FIFA devrait peut-être réapprendre la modestie. Elle n'est pas le football. Elle n'en organise pas les matchs, elle n'en forme pas les joueurs. Elle n'a même pas, seule, le pouvoir d'en modifier les règles. Cet organisme n'a finalement pour seule prérogative que d'attribuer tous les quatre ans une coupe du monde. Et ce faisant, elle avait sans doute fini par se prendre, elle-même, pour le centre du monde.

Le poison de la corruption, toujours et encore, au Brésil cette fois-ci.
Mercredi, la Cour des comptes a rejeté à l'unanimité la gestion des comptes publics de la présidente Dilma Rousseff. Et même si la Cour n’émet qu’un avis consultatif, c’est la première fois depuis 1937 qu’un budget gouvernemental est ainsi désavoué avec une telle force, peut-on lire sur le site EXAME. Le tribunal a relevé quinze indices d’irrégularités portant sur 24 milliards d’euros en 2014. Ces irrégularités concernent des manœuvres fiscales pour maquiller les comptes, rapporte la version brésilienne d'EL PAIS, cité par le Courrier International.

Brazilian President Dilma Roussef.
Brazilian President Dilma Roussef.
© Reuters - Paulo Whitaker

Quoi qu'il en soit, cette annonce constitue désormais un levier opportun pour l’opposition, dont la stratégie, précise le journal ESTADO DE MINAS, est de travailler à un processus de destitution de Dilma Rousseff.

Enfin l’épisode tombe au plus mauvais moment pour les Nations-Unies.
L'ONU qui célèbre cette année ses 70 ans d’existence se retrouve, en effet, secouée elle aussi par une vaste affaire de corruption, peut-on lire sur le site de la chaîne CNN.

Ex-President of the United Nations General Assembly John Ashe.
Ex-President of the United Nations General Assembly John Ashe.
© Reuters - Mike Segar

Mardi, John Ashe, élu au poste de président de l’Assemblée générale des Nations-Unis où il a servi entre 2013 et 2014, a été arrêté à son domicile, par les autorités américaines. Il est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin à hauteur de 1,3 million de dollars. Ou que le cancer de la corruption gangrène partout.

Par Thomas CLUZEL

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