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Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : de Paris au Nigéria en passant par le Cameroun ou le Mali, tout se passe comme si les djihadistes du monde entier s’étaient donné le mot d’ordre, celui de tuer.
Ce week-end encore, l'actualité est venue rappeler à l’humanité toute entière que personne n’est aujourd'hui à l’abri du terrorisme. Hier, huit personnes ont été tuées et sept autres blessées dans un attentat-suicide perpétré par une femme kamikaze au Nigéria, attentat qui n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais qui porte la marque du groupe islamiste Boko Haram, peut-on lire notamment dans les colonnes du journal de la capitale DAILY TIMES. Il faut dire que les insurgés islamistes, mis sous pression par l'armée nigériane sur le plan militaire depuis plusieurs mois, ont multiplié en riposte les attaques contre les civils. La semaine dernière, déjà, 45 personnes avaient trouvé la mort dans une série d'attentats à la bombe.

Et comme si cela ne suffisait pas, samedi, tout près de la frontière nigériane mais au Cameroun, cette fois-ci, un attentat attribué à Boko Haram a fait 5 morts.
Les jours se suivent et se ressemblent, c'est notamment le titre de cet édito désabusé à lire ce matin dans les colonnes du journal LE PAYS. Pourquoi ? Parce qu'à Yaoundé comme à Paris, la question qui taraude les esprits est celle de savoir, comment ces illuminés arrivent-ils avec une déconcertante facilité à atteindre leurs cibles et en l'occurrence, s'agissant du Cameroun, dans une région qui non seulement abrite le fleuron de l’armée nationale mais est censée être étroitement surveillée par des drones américains ? Les jours se suivent et se ressemblent parce qu'ici comme ailleurs, le dénominateur commun de tous ces kamikazes est la misère morale ou matérielle sur laquelle leurs commanditaires surfent pour les encourager à écourter leurs souffrances ici-bas, en acceptant de se tuer au nom de la religion musulmane, pour s’ouvrir les portes du paradis éternel. Dans un cas comme dans l’autre, les chefs intégristes exploitent cyniquement l’inconscience ou l’inculture de ceux qu’ils projettent au-devant de la mort, en totale contradiction avec les valeurs que défend l’islam.

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A ce titre, d'ailleurs, le plus inquiétant écrit l'éditorialiste, c’est qu’on assiste depuis quelques années à une sorte d’escalade dans l’horreur des actes perpétrés par ces hommes et femmes prétendument fanatiques d’une religion, dont ils sont en réalité les premiers ennemis. Les attaques aux colis et voitures piégés, à la roquette ou à la grenade offensive auxquelles on avait coutume d’assister, font de plus en plus place aux opérations kamikazes qui, en plus de leur «efficacité» meurtrière, sèment une paranoïa ambiante et une méfiance extrême entre les populations. Or lorsque le premier attentat-suicide avait été perpétré en juillet dernier au Cameroun, beaucoup avaient parié sur la fin imminente de Boko Haram qui venait, selon eux, de donner ses derniers signes de vie à travers cet acte désespéré. Malheureusement, le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis les jours se suivent et se ressemblent puisque quatre mois après, les islamistes semblent toujours disposer d’un contingent impressionnant de kamikazes pour continuer à semer la terreur.

Et l'article d'en conclure, espérons qu’avec les nombreuses initiatives qui sont prises ces derniers temps, les chefs islamistes n’auront plus le temps ni les moyens de renouveler leur « stock » de kamikazes et finiront tous par se faire exploser eux-mêmes en guise de baroud d’honneur, afin que l’on célèbre ensemble et dans la ferveur, la paix et l’œcuménisme retrouvés.

Autre pays terrassé, ce week-end, par les groupes islamistes : le Mali.
Une semaine, jour pour jour, après les massacres qui se sont produits sur les bords de la Seine et dont l’onde de choc ne s’est pas encore estompée, la terreur djihadiste s’est déportée sur les bords du fleuve Djoliba, peut-on lire notamment dans les colonnes du PAYS. L’attentat de vendredi à Bamako qui a fait au moins 19 morts marque un retour en arrière pour le Mali dans sa lutte contre l’extrémisme islamiste, déplore de son côté THE NEW YORK TIMES. Et en tout état de cause, renchérit pour sa part l'éditorialiste du site d'information en ligne MALIWEB, même si la sécurité à cent pour cent n’existe nulle part et qu’aucun Etat au monde n’est à ce jour à l’abri du terrorisme, le moindre que ceux qui ont eu la malchance d’être endeuillés par le passé peuvent tirer comme leçon, c’est de ne plus être surpris.

A corpse is seen outside the Radisson hotel in Bamako, Mali, November 20, 2015.
A corpse is seen outside the Radisson hotel in Bamako, Mali, November 20, 2015.
© Reuters - Joe Penney

Mais pourra-t-on jamais arrêter la croisade djihadiste ? interroge à nouveau le journal LE PAYS. Rien ne semble pouvoir les arrêter dans leur volonté de semer la mort sur leur passage. Et c’est pourquoi les Etats fondés sur le droit et la rationalité peinent aujourd'hui à trouver leur antidote, eux qui ont été obligés dans leur riposte contre le djihadisme, de concilier sécurité et respect quasi divin des libertés individuelles sous peine de perdre leur âme. Voilà dans quelle situation se retrouvent aujourd'hui le Mali, la France et tous les autres Etats démocratiques qui ont déjà subi l’ire des djihadistes. Et le journal d'en conclure, seule certitude, le cynisme, la cruauté et l'obscurantisme, telles sont les caractéristiques qui collent à la peau de ces créatures de l’apocalypse.

Enfin ville fantôme, ville éteinte, ville désertée.
Quand Bruxelles devient un cimetière d’êtres vivants. L’éditorialiste en chef du quotidien belge LE SOIR décrit ce matin la capitale déserte ce week-end et exprime sa colère noire contre cette défaite qu’on nous impose. Peu de mots pour dire une lourdeur insupportable, une résignation forcée, une tristesse infinie. Nous sommes soudain hantés par l’idée qu’“ils” scrutent nos dérisoires trophées capitalistes et mécréants, pour éteindre ces derniers signes de vie, que par mégarde, provocation, résistance ou erreur, nous aurions laissé “allumés” en cette fin de semaine défunte.

Par Thomas CLUZEL

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