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"s'il n'y a pas de contrôle de votre liberté, alors soyez prêts dans vos coeurs à la liberté de nos actes". Cette phrase, vous l'avez peut-être déjà entendue ces derniers jours. Elle est attribuée à Oussama Ben Laden, dans un message audio diffusé sur un site islamiste et la presse internationale reprend l'avertissement. La réapparition d'Oussama Ben Laden inquiète l'Europe, titre le Temps à Genève ce matin. Alors comme ça, l'Europe est inquiète? Non, répondent en coeur les gouvernements. Le ministre allemand de l'intérieur ne voit pas de risque accru, rapporte la Süd Deutsche Zeitung. Les intérêts particuliers de l'Allemagne ne sont pas en jeu, a déclaré Wolfgang Schaüble. Mais, son homologue bavarois n'est pas du même avis souligne le quotidien allemand. Le chrétien démocrate Joachim Hermann, lui, estime qu'il faut prendre cette menace au sérieux et commencer par vérifier qu'il n'y a pas en Bavière de groupe prêts à se transformer en commando pour AL Qaida. Voilà ce qui fait dire au quotidien helvétique que l'Union Européenne redoute une flambée de violence islamiste après la menace proférée par Ben Laden. Et le moment est symbolique écrit Le Temps. Cinq ans après le déclenchement de la guerre en Irak, l'Union Européenne dont les frontières bordent la méditerrannée apparaît pour les spécialistes comme une cible plus facilement atteignable par Al Qaida que les Etats Unis. Les attentats de Madrid le 11 mars 2004 et de Londres le 7 juillet 2005 ont démontré la vulnérabilité des grandes capitales européennes. Et les incantations d'Oussama Ben Laden interviennent alors que les Pays-Bas redoutent la diffusion prochaine d'un court métrage d'un parlementaire populiste dénonçant l'islam. Enfin, ces menaces tombent à deux semaines du sommet de l'Otan à Bucarest pour lequel la capitale roumaine sera placée sous très haute sécurité. En revanche les services de renseignements danois ont décidé de ne pas relever leur dispositif de sécurité, nous dit la Libre Belgique. Le quotidien rappelle que, dans son message, Ben Laden demande à l'Europe de rendre des comptes pour la publication de caricatures du prophète Mahomet. Caricatures de nouveau reproduites le 13 février dernier par 17 journaux danois. Mais les rensiegnements danois estiment que s'il y a une menace accrue, c'est à l'étranger, contre les interêts danois, précisant que cela vaut surtout pour des régions comme l'Afrique du nord, le Moyen Orient, le Pakistan et l'Afghanistan. Alors, quand la Libre Belgique titre : les danois ne craignent pas d'avantage Al Qaida, cela signifie surtout que le gouvenement et les médias danois s'en tiennent au service minimum. Pas de commentaire, déclare-t-on au ministère danois des affaires étrangères. Quant aux journaux concernés, à commencer par le Jyllands Posten, premier à publier des caricatures, ils s'en sont tenus à des comptes rendus factuels de ce message audio. Alors que certains évitent de mettre de l'huile sur le feu, d'autres n'hésitent pas à parler de "menace grave". C'est le cas d'un député danois d'une formation d'extrême droite alliée au gouvernement. Dans le journal Berlingske Tidende, Soeren Esperen exhorte les autorités danoises a relevé immédiatement le niveau de vigilance. Et pour appuyer cette demande, il peut se rapporter à l'analyse fournie par le SITE, le centre américain spécialisé dans la surveillance des sites islamistes. Un de ses agents explique que ce message de Ben Laden est une menace claire envers les membres de l'Union Européenne et un indicateur d'une possible attaque importante à venir. Le Danemark, les Pays-Bas et le Pape sont les principales cibles de la colère des islamistes, écrit la Stampa. Dans ce message publié mercredi, Ben Laden accuse Benoît XVI d'avoir joué un "rôle important" dans la publication de caricatures du prophète Mahomet et aujourd'hui les services de sécurité du Vatican son inquiets, affirme le New York Times. Benoit XVI est attendu pour sa première visite aux Etats Unis du 15 au 20 avril prochain rappelle le quotidien de la côte ouest. Le message mentionne spécifiquement Benoit XVI et coïncide avec les célébrations de Pâques, la semaine la plus chargée de l'année pour le souverain pontif. Le pape, qui va avoir 81 ans le mois prochain, apparaîtra en public à plusieurs reprises, notamment lors de la procession du vendredi saint, c'est-à-dire aujourd'hui. Et une fois de plus, si le porte-parole du Vatican, le père Lombardi affirme qu'il n'y a pas de dispositif de sécurité supplémentaire, un officier de sécurité italien confie au New York Times que les officiels évoquent entre eux des menaces sérieuses et que les autorités italiennes doivent étudier précisemment le contenu de ce message aujourd'hui et cela même si techniquement le Vatcian est un état souverain et séparé de l'Italie. Toujours est-il que le Vatican rejette des accusations infondées au sujet de cette nouvelle croisade que mènerait le Pape à travers les caricatures danoises. Le Times à Londres rappelle que Benoit XVI avait condamné non seulement les caricatures danoises, mais aussi toute représentation religieuse qui offenserait les différentes croyances. Et le quotidien britannique rappelle l'épisode des excuses présentées par le Pape après ses propos sur l'islam violent à l'université de Regensburg en Allemagne. Le Times nous dit aussi que le Vatican a reporté les discussions sur l'ouverture d'une église catholique pour les travailleurs d'Arabie Saoudite, alors que vient d'être inauguré le week-end dernier une église au Qatar. Et ce n'est pas le seul rétropédalage lié à cette affaire nous dit le New york Times. Le problème danois sème le trouble en Europe, peut-on lire dans ses colonnes. Une gallerie berlinoise a été fermée à cause d'une exposition d'art satirique danois parodiant les néo-nazis, l'une des oeuvres reproduisant la grande mosquée de la Mecque avait dû être enlevée après les protestations de visiteurs. Alors aujourd'hui les Européens commencent à en avoir marre, affirme Rose, un des caricaturistes danois. A l'époque en 2006, il y a avait de bonnes raisons journalistiques pour publier ces caricatures. Mais aujourd'hui il n' y a pas raison de les publier à nouveau car tout le monde les connaît. Mais un autre caricaturiste Westergaard, lui, revendique cette radicalité qu'il considère faire partie du caractère national danois de scepticisme à l'egard de l'autorité et de la religion. Sauf qu'aujourd'hui, il doute. Face la progession du parti nationaliste, Westergaard est beaucoup moins certain de ce degré de progrès au sein de la société danoise. Après les menaces dont il a fait l'objet, il déclare : "cela durera jusqu' à la fin de ma vie. Mais je ressens plus de la colère que la peur. La colère, dit-il en souriant, c'est la meilleure thérapie".

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