Vaccinodrome indien à Chennai le 20/03/21
Vaccinodrome indien à Chennai le 20/03/21 ©AFP - Arun Sankar
Vaccinodrome indien à Chennai le 20/03/21 ©AFP - Arun Sankar
Vaccinodrome indien à Chennai le 20/03/21 ©AFP - Arun Sankar
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L'Inde n'a plus exporté de vaccins produits sur son territoire depuis le 18 mars. Le pays justifie cette suspension temporaire des exportations par l'urgence de favoriser sa campagne de vaccination nationale. En Pologne, on ne plaisante pas avec le délit d'insulte au président de la République.

Il n’y a pas que l’Europe qui suspende l’exportation de vaccins pour favoriser sa propre campagne vaccinale.

Ce blocage des exportations pratiqué une seule fois pour le moment par l’Italie au nom de l’UE se pratique aussi ailleurs. Aux Etats-Unis, où comme l'explique CNN Joe Biden a prolongé l’interdiction prise par Donald Trump d’exporter des doses de vaccin produite sur le territoire américain. 50 millions de doses d’Astra-Zeneca, en particulier (qui n’ont pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis) sont actuellement stockés dans des entrepôts fédéraux. Washington a quand même consenti la semaine dernière à envoyer une petite partie chez ses voisins canadiens et mexicains. 

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Et puis il y a le cas indien, qui va particulièrement nous intéresser ce matin : l’Inde et son Institut indien du Sérum, le SII, installé à Pune dans l’Etat du Maharasthra, sont de fait le plus gros producteur mondial de vaccin en nombre de doses (70 millions de doses par mois en moyenne) affirme le journal indépendant en ligne The Wire. Mais depuis la fin de la semaine dernière l’Inde a décidé de ne plus exporter de vaccins contre le Covid-19 fabriqués sur les lignes de production du SII. 

Car, poursuit l’ Hindustan Times, le pays fait face à une seconde vague coriace de la pandémie et voit le nombre de contamination battre de nouveaux records chaque jour (plus de 53 000 ce mercredi). Il faut donc donner la priorité à la campagne de vaccination nationale indienne avant d’exporter les précieuses doses , New Delhi se défend absolument de bloquer ou d’interdire les exportations et fait savoir que les commandes d’autres pays seront bien honorés… Mais pas avant deux ou trois mois au mieux, le temps de vacciner en urgence la population indienne.

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La population indienne, on le rappelle, c’est 1,3 milliard d’habitants… Autant dire que ça peut durer un moment. En attendant, cette suspension des exportations va forcément avoir des conséquences sur tous les pays qui comptaient sur la force de production de l’Institut indien du sérum pour se fournir en doses d’Astra-Zeneca en particulier, que l’Inde produit sous étiquettes Covishield. Le quotidien britannique The Guardian nous apprend par exemple que ça va retarder le démarrage de la vaccination dans des dizaines de pays en développement qui devaient bénéficier du programme international Covax de l’OMS et se voir donc fournis gratuitement des doses made in India

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Et le Royaume-Uni lui-même, poursuit The Guardian, commence à s’inquiéter : il comptait sur l’Inde pour lui fournir 10 millions de doses en tout, il n’en a récupéré que la moitié pour le moment. Le reste n’arrivera donc à priori pas avant la fin du printemps, et à Londres on craint que ces retards n’obligent à ralentir le rythme des vaccinations au Royaume-Uni. 

Ca peut sembler ironique chez nous Européens qui reprochons justement aux Britanniques de faire valoir des retards dans les usines pour ne pas nous livrer toutes les doses d’Oxford/AstraZeneca commandées. Mais ça fait partie de la même équation : Londres devient à son tour victime de ce nationalisme vaccinal qui se répand comme une épidémie chez les pays producteurs de vaccins. 

Revenons en Europe avec cette multiplication des procès en lèse-majesté dans les tribunaux polonais.

... Ca n’est pas défini comme du lèse-majesté à proprement parler dans le droit polonais, mais c’est tout comme : le site d’info Okopress à Varsovie dénombre pas moins de trois procès en ce moment où de simples citoyens sont poursuivis pour avoir insulté le président Andrzej Duda. 

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Il y a d’abord eu cette jeune femme de vingt ans, arrêtée par la police sur son lieu de travail, placée en garde à vue puis finalement reconnue coupable d’insulte au chef de l’Etat, parce que sur une vidéo de manifestation filmée l’an dernier pendant la campagne présidentielle, elle avait crié, disons, "j’emmerde Duda". Elle a finalement été exemptée de peine, et la police a dû la dédommager pour détention abusive... Mais elle est belle et bien jugée coupable.

Dans le même temps, note également Politico Europe, vient de s’ouvrir le procès de trois lycéens de l’ouest de la Pologne qui eux aussi ont proféré la même formule à l’encontre d’Andrzej Duda au cours d’une fête pendant laquelle ils ont également déchiré une affiche du parti présidentiel Droit et justice. Le fils d’un notable local du parti participait à la fête, il les a dénoncés… Et les voilà aujourd’hui face à la justice, encourant tout de même jusqu’à trois ans de prison ferme.

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Et enfin le plus emblématique des cas, relaté par le Courrier d’Europe centrale, concerne l’écrivain polonais et défenseur des droits humains Jacub Zulczyk, passible de la même peine s’il est reconnu coupable là encore d’insulte au président qu’il a, c’est vrai, qualifié de "débile" dans une publication sur Facebook où il le critiquait pour avoir rechigné à reconnaître la victoire de Joe Biden à la dernière présidentielle américaine. 

Décidément en Pologne le pouvoir rend susceptible, en déduit OkoPress qui retrace tout un historique de condamnations pour ce motif dans les dernières années. Mais pas seulement en Pologne : Politico rappelle que le crime d'insulte à un dirigeant politique figure toujours dans leur arsenal judiciaire de pas moins de dix-huit pays de l’Union européenne.