L'Américain Paul Whelan, inculpé pour espionnage en Russie
L'Américain Paul Whelan, inculpé pour espionnage en Russie
L'Américain Paul Whelan, inculpé pour espionnage en Russie ©AFP - AFP PHOTO / FAMILY PHOTO
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Résumé

Journaux américains et russes tentent de démêler l'affaire Paul Whelan, du nom de cet Américain inculpé pour espionnage en Russie. Un documentaire perce le secret de l'île Christmas, paradis tropical où l'Australie a parqué pendant 17 ans des centaines de réfugiés, à 5000 kilomètres de Canberra.

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Quelque part entre le Bureau des Légendes et un roman de John Le Carré : une affaire d'espionnage passionne les journaux ce matin de Washington à Moscou. 

Moscou où depuis une semaine un citoyen américain, Paul Whelan, est détenu à l'isolement, soupçonné d'être un espion à la solde de l'Amérique. Il a été officiellement inculpé hier et risque jusqu'à 20 années de prison en Russie.

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A lire le New York Times, la chose semble étonnamment claire : cet ancien Marine, relevé de toute fonction militaire en 2008 pour "mauvaise conduite", ne serait rien d'autre qu'un "Américain, amoureux de la Russie, qui s'est retrouvé piégé dans la Nouvelle Guerre froide". Il aime les voyages interminables dans les trains russes, il collectionne les tasses à thé décorées et les amitiés avec des citoyens russes sur les réseaux sociaux. A 48 ans, il était revenu à Moscou la semaine dernière pour le mariage d'un ami ; c'est parce qu'il ne s'est pas présenté à la noce, le 28 décembre, que ses proches ont découvert son arrestation. 

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A vrai dire, confirme le Washington Post qui cite un ancien officier de la CIA, Whelan n'a vraiment pas le bon profil, pour être un espion américain... justement parce qu'il a un profil parfait d'espion de roman. Né au Canada, vétéran de l'armée, aujourd'hui chargé de la sécurité pour une entreprise du Michigan, bon connaisseur de la Russie et russophone autodidacte : c'est beaucoup trop "cousu de fil blanc" pour les services américains habitués à plus de raffinement et de discrétion avec leurs "légendes". 

Mais par contre c'est le profil parfait pour enflammer les débats dans les journaux russes.

Le grand quotidien Gazeta, par exemple, s'en tient au dossier d'accusation : Whelan a été pris en flagrant délit, dans sa chambre d'hôtel moscovite, en train de se faire remettre par un citoyen russe une clé USB sur laquelle se trouvait une liste d'agents du FSB.  

Sur le site RosBalt, connu pour ses sources fiables au sein de l'appareil de sécurité russe, on nous explique tout de même que, c'est vrai, le contre-espionnage russe s'étonne, des méthodes peu académiques utilisées par Whelan pour collecter ces informations top-secrètes : la clé USB, d'abord, pas du tout sécurisée ; la chambre d'hotel, un classique ;  le fait que l'Américain soit très visible sur les réseaux sociaux russes, où il étale au grand jour ses contacts, etc. 

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Ce qui étonne aussi le FSB, explique RosBalt, c'est que Whelan n'a jamais semblé s'intéresser au tourisme sexuel, qui est pourtant la raison n°1 de voyager dans le pays pour les hommes occidentaux, célibataires approchant la cinquantaine comme lui.  

Tout ça n'en fait pas un espion américain pour autant. Ce qui semble sûr, comme l'indique le New York Times, c'est que Whelan se retrouve au cœur d'enjeux qui le dépassent largement.  

C'est l'intime conviction de nombreux journaux américains : Paul Whelan aurait été arrêté par les Russes pour servir de monnaie d'échange et leur permettre de récupérer Maria Butina. Business Insider nous rafraîchit la mémoire : Maria Butina c'est cette citoyenne russe, arrêtée à Washington en juillet, et accusée d'espionnage elle aussi, en l’occurrence d'avoir infiltré le Parti Républicain et des groupes conservateurs comme le très puissant lobby pro-armes, la NRA. Butina a plaidé coupable et accepté de coopérer avec le renseignement américain, et les Russes voudraient donc trouver un moyen de la faire rentrer au pays, avant qu'elle ne parle trop à la CIA. 

Une bizarrerie de plus, dans ce dossier aux allures de poupées russes imbriquées? 

C'est The Daily Beast qui nous la livre : l'avocat russe de Paul Whelan déclarait hier qu'il espérait qu'un accord pourrait être trouvé entre Moscou et Washington pour obtenir la libération de Whelan en échange de celle de Butina. Normalement ce genre de transaction se négocier en coulisses, on s'étonne donc que ce soit l'avocat de l'Américain qui propose publiquement cette solution. 

Mais CNN ne se fait pas d'illusion : l'inculpation de Paul Whelan, finalement  c'est "une chance, pour Donald Trump comme pour Vladimir Poutine", une chance de régler le problème Maria Butina.  

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Comme si tout celà n'était pas déjà assez compliqué, The Guardian ajoute une degré de complexité ce matin, en révélant que Paul Whelan a, en fait, la double nationalité américaine et britannique.  Voilà qui implique désormais le Royaume-Uni dans un écheveau diplomatique déjà bien emmêlé... surtout quand sait que les relations entre Londres et Moscou sont glaciales depuis l'empoisonnement fin mars à Salisbury de l'ex-agent russe Sergueï Skripal.

Toujours dans les pages du Guardian, mais à la rubrique des critiques cinéma, un étrange voyage vers une île-prison australienne.

C'est l’île Christmas, surnommée "île des fantômes affamés" dans ce documentaire signé par l'australienne Gabrielle Brady et qui sort en Grande-Bretagne la semaine prochaine. 

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Christmas, c'est un bout d'Australie au large de l'Indonésie, une île qui coche à peu près toutes les cases de ce qui fait le cliché du paradis tropical, et où il y a 17 ans les autorités australiennes ont installé un grand centre de rétention pour migrants : on les amenait là, à plus de 5000 kilomètres à vol d'oiseau de Canberra, officiellement le temps d'instruire leur demande d'asile, mais en réalité pour les éloigner, voire les oublier.   

En ce centrant sur le travail d'une psychologue qui aide les réfugiés à panser leurs plaies, le documentaire révèle donc, nous dit The Guardian, "le traumatisme secret qui se cache derrière la carte postale". Confrontation surréaliste, entre le paysage luxuriant et ces récits de vies brisées par à peu près tous les conflits qu'ont connus l'Asie et l'Afrique, et qui viennent se déverser en cet endroit improbable. 

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Les Australiens, eux, ignorent bien souvent tout ça  : ils s'en tiennent à ce pourquoi Christmas Island est mondialement connue, la migration annuelle de milliers de crabes rouges. 

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Vous avez forcément déjà vues ces images : une marée de crabes pour qui on coupe les routes côtières une fois par an. "Ils sont finalement mieux traités que les migrants",remarque d'ailleurs la documentariste. 

En lisant le Sydney Morning Herald, on apprend que le centre de rétention de Christmas Island a été progressivement fermé depuis le mois de juin, ses 270 derniers détenus dispersés on ne sait trop où.  Le gouvernement australien s'est félicité de cette décision, en oubliant de rappeler qu'existent toujours deux autres îles-prisons, bien plus loin encore des côtes australiennes, à Nauru en Océanie et Manus en Papouasie-Nouvelle Guinée.