Le prince saoudien MBS présente la ville futuriste "The Line", à Neom, le 10/01/21
Le prince saoudien MBS présente la ville futuriste "The Line", à Neom, le 10/01/21 ©AFP - Bandar Al-Jaloud
Le prince saoudien MBS présente la ville futuriste "The Line", à Neom, le 10/01/21 ©AFP - Bandar Al-Jaloud
Le prince saoudien MBS présente la ville futuriste "The Line", à Neom, le 10/01/21 ©AFP - Bandar Al-Jaloud
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Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane a présenté dimanche son projet "The Line", une ville linéaire, écologique et futuriste qui devrait voir le jour d'ici 2050 et répondre aux défis urbains de demain. Une affaire de sandwichs confisqués ulcère la presse britannique.

Entre sciences politiques et science-fiction, la ville du futur intéresse l'Arabie Saoudite. 

On le sait c'est l'apanage des grands dirigeants de ce monde d'avoir une vision, de dessiner l'avenir de nos civilisations, et en la matière le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane veut apparemment nous montrer qu'il est l'un de ces grands dirigeants. Ce dimanche il a fait une apparition plutôt inhabituelle à la télévision nationale saoudienne pour présenter son nouveau grand projet de développement futuriste. Ça s'appelle "The Line" (la ligne) et vous allez comprendre pourquoi avec cette vidéo promotionnelle.  

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On nous y explique donc que les villes actuelles sont polluées, "saturées par leur propre croissance, qu'il faut repenser la chose urbaine, et pourquoi pas imaginer des villes sans voitures, sans rues, où l'on construirait autour de la nature et pas sur elle. Ça s'appellerait donc The Line, une ville nouvelle longue de 170 kilomètres autour d'un axe unique, une ville zéro carbone où tous les services assistés par l'intelligence artificielle seraient accessibles à 5 minutes à pied, et les autres déplacements se feraient sous la terre, avec des moyens de transports révolutionnaires, rapides, sûrs et propres, capables, nous promet le prince, de parcourir 170 km en vingt minutes, soit plus de 500 kilomètres/heure. 

C'est donc bien un futur paradisiaque, que nous promet Mohammed Ben Salmane, s'enthousiasme The Saudi Gazette, et ce, à l'horizon 2050... un million d'habitants au maximum dans cette ville linéaire où l'on aurait, explique le quotidien, résolu le principal défi de notre temps : celui du vivre ensemble, entre les humains d'abord, et puis entre les humains et la nature.  

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Voilà donc la grande vision du prince MBS. Coût estimé à 100 à 200 milliards de dollars, d'après Arabian Business, financé par le fonds souverain saoudien qui, rappelons-le, découle de la manne pétrolière et est utilisé, depuis quelques années, pour débarrasser le pays de cette dépendance aux hydrocarbures d'ici 2030. 

Jusque-là, tout le développement de l'Arabie saoudite moderne s'est fait autour de la voiture, du pétrole à très bas prix et de villes qui poussaient au milieu du désert, en hauteur pour rivaliser avec les mégapoles occidentales et asiatiques... Et c'est (entre autres) l'une des raisons pour lesquelles il y a de nombreuses voix dans le monde arabe pour railler ce grand projet de Mohammed Ben Salmane.

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On les retrouve dans l'article de Rayhan Uddin pour The Middle East Eye : le prince est soupçonné de s'être trouvé là une nouvelle lubie à la mesure de son égo surdimensionné, d'avoir eu cette vision après avoir regardé trop de films de science-fiction ou joué à trop de jeux vidéo où l'on incarne un bâtisseur de ville ex nihilo. Et de noter que le grand projet The Line, s'il coche toutes les cases du green-washing à la mode chez les pollueurs, n'aborde à aucun moment d'autres besoins essentiels de l'humain, à savoir le respect de ses droits et libertés fondamentales, de sa dignité d'homme ou de femme, quelles que soient ses opinions politiques ou religieuses. Sur tous ces points, bizarrement, MBS ne dit rien de ses projets et de ses ambitions pour 2030, 2050 ou tout simplement pour demain.    

Dans la presse britannique, il y a une conséquence très concrète du Brexit qui ne passe décidément pas. 

Après douze jours de séparation effective entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe, on aurait pu se dire que finalement le Brexit n'avait rien changé en pratique. Eh bien non : les journaux pro-Brexit, à commencer par le Daily Mail et The Sun, ne décolèrent pas contre un douanier néerlandais, filmé par une télé locale en train de contrôler un camion britannique. 

La scène montre donc le douanier en train de saisir les sandwichs, emballés dans du papier aluminium, que le routier anglais s'était préparé pour le trajet. "Interdiction d'importer du Royaume-Uni certains aliments comme de la viande ou des produits laitiers, même pour sa consommation personnelle", insiste le fonctionnaire en citant l'accord commercial. Le routier essaye de négocier, de sauver au moins le jambon (car il s'agit bien de sandwichs jambon-fromage) mais non, le douanier est intraitable et il termine son contrôle sur un rigolard "Je suis désolé, Welcome to the Brexit".  

Et c'est justement cette phrase qui ulcère, depuis, la presse des brexiters, sur le mode "heureusement que nous avons quitté cette Europe bureaucratique et revancharde qui s'acharne sur nos braves routiers en les privant de leurs casse-croûte". 

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The Sun fait également état de expatriés anglais en Espagne qui n'ont pas pu prendre leur avion pour Madrid à cause de documents d'identité qui n'étaient plus conformes aux nouvelles règles. Les Britanniques commencent  à découvrir les conséquences pratiques de leur décision de quitter l'UE. "Le saumon écossais ne s'exporte plus aussi vite vers l'Europe et s'abîme dans des frigos, les rayons des supermarchés commencent à se vider en Irlande du Nord, et ce n'est que le début", prédit le quotidien néerlandais The Standaard sur le même ton goguenard que son compatriote douanier.