Manifestation contre la répression anti-communiste aux Philippines, Manille le 10/12/2020
Manifestation contre la répression anti-communiste aux Philippines, Manille le 10/12/2020
Manifestation contre la répression anti-communiste aux Philippines, Manille le 10/12/2020 ©AFP - Maria Tan
Manifestation contre la répression anti-communiste aux Philippines, Manille le 10/12/2020 ©AFP - Maria Tan
Manifestation contre la répression anti-communiste aux Philippines, Manille le 10/12/2020 ©AFP - Maria Tan
Publicité
Résumé

Le président philippin Rodrigo Duterte donne pour consigne aux policiers et militaires de tirer à vue sur tous les "rebelles communistes", faisant craindre un bain de sang répressif contre toute opposition de gauche. Le français Clément Beaune empêché de visiter une "LGBT free zone" en Pologne.

En savoir plus

Dans l'archipel des Philippines, le président Rodrigo Duterte donne un "permis de tuer" à ses forces de l'ordre

Un permis de tuer voire même une consigne de tirer à vue, d'après l'article que consacre Al Jazeera au discours qu'a prononcé le président philippin vendredi dernier, discours consacré à la menace communiste qui selon lui gangrène le pays et menace de renverser son pouvoir. 

Publicité

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Je le dis aux policiers et aux militaires : si vous avez face à vous un ennemi, un rebelle communiste qui est armé, alors tuez-le ! Tuez-les tous, achevez-les, vérifiez qu'ils sont bien morts. Et au diable les droits de l'Homme : si quelqu'un doit aller en prison, ce sera moi ! 

Rodrigo Duterte égal à lui-même, lui qui a laissé ses forces de l'ordres, après son arrivée au pouvoir en 2016, tuer des milliers de personnes au nom de la lutte contre le trafic de drogues... Le voilà qui reprend donc les armes contre la "menace communiste". Ce terme, nous précise Al Jazeera, faisant référence au départ aux Philippines à la rébellion maoïste qui résista au pouvoir central philippin dès la fin des années 1960. Duterte n'a pas réussi à désarmer ses derniers représentants par des négociations de paix comme il l'avait promis. Alors pas de quartier, désormais pour les combattre, Rodrigo Duterte reprend ses accents de chef de guerre plutôt que de chef d'Etat, lui qui en 2018 déjà appelait ses soldats à "abattre les femmes rebelles en visant leurs parties génitales", ou leur offrait une récompense pour chaque communiste tué. 

Sauf que cette fois, poursuit le site d'info indépendant Rappler, tout porte à craindre que, sous couvert de chasse aux rebelles communistes, ce soit la moindre opposition politique de gauche qui soit pourchassée et massacrée. D'ailleurs, deux jours après l'appel au meurtre lancé par le président, plusieurs opérations conjointes de la police et de l'armée, au sud de Manille, ont conduit à la mort de neuf personnes et l'arrestation de six autres, tous militants dans des syndicats ou des organisations de défense des droits civiques et de la démocratie aux Philippines, proches du parti d'opposition Bayan, de gauche certes mais pas vraiment une guerilla communiste pour autant.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Les forces de l'ordre ont expliqué avoir eu des informations selon lesquelles les militants étaient en possession d'armes, ce qui n'a pas été confirmé a posteriori pour toutes les victimes. Il s'agit clairement là "d'exécutions politiques", et "d'actes profondément lâches", assènent dans le quotidien Tempodeux sénatrices d'opposition, selon qui il ne saurait y avoir de coïncidence entre les paroles du président vendredi et leur sanglante mise en application dimanche. 

Une enquête a été ouverte par la Commission philippine des droits de l'Homme... Mais on l'a bien compris ce n'est pas ça qui va arrêter Rodrigo Duterte, lequel prépare déjà la campagne pour sa réélection à la présidentielle de l'an prochain.  

Une visite officielle plutôt tendue, en Pologne, pour le secrétaire d'Etat français chargé des affaires européennes Clément Beaune. La visite a débuté lundi, c'est à lire sur le site Politico Europe, et Clément Beaune affirme que les autorités polonaises l'empêchent de se rendre comme il en avait émis le souhait dans la ville de Krasnik, l'une de celles que le gouvernement ultra-conservateur a décrétée "zone garantie sans idéologie LGBT", c'est à dire où la promotion de la soi-disant "propagande" favorable à l'homosexualité peut être répréhensible. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Or Clément Beaune, quand il avait rendue publique sa propre homosexualité au magazine Tétu en décembre, avait dit qu'il comptait se rendre dans une de ces "LGBT free zones" pour y dénoncer les discriminations inacceptables dont les gays sont victimes en Pologne. Il l'avait d'ailleurs redit hier dans l'interview qu'il a accordé à la Wyborcza Gazeta. Mais c'est impossible, les autorités polonaises ont justifié cette impossibilité par la situation sanitaire liée au Covid-19.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Clement Beaune affirme qu'il a pensé annuler tout son voyage officiel... Mais l'a finalement maintenu, car il faut selon lui garder le dialogue ouvert, malgré les divergences en particulier sur le sujet du droit à l'avortement, avec la Pologne qui reste un Etat membre de plein droit de l'Union Européenne. 

Le Français ne s'est d'ailleurs pas privé lundi à Varsovie, et au grand dam de l'hebdo conservateur Najwyzszy Czas qui le rebaptise de manière crasse "le ministre homosexuel", de rencontrer l'un des plus ardents défenseurs de la cause LGBT en Pologne, Bart Staszewski, qui lui a dressé un état des lieux sans fard de la situation... Dans ces zones d'exclusion de facto créées contre les homosexuels.

A New-York, le quartier de Chinatown serait-il menacé par la crise sanitaire, la pression immobilière et la gentrification ? 

C'est la crainte exprimée par Wilfred Chan dans la revue The Nation qui s'émeut de la fermeture d'une institution culinaire new-yorkaise : Jing Fong, le plus grand restaurant chinois de Chinatown disparaît, avec ses trois étages de parquets couverts de tapis rouge et ses salles où plus de mille personnes pouvaient dîner. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Fort de 180 employés, le restaurant était le seul du quartier à avoir un syndicat, et d'ailleurs les manifestations y étaient ces derniers jours quotidiennes, de serveurs et cuisinières souvent âgés qui ne se résignent pas à voir cet établissement où ils ont fièrement travaillé pendant des décennies fermer ses portes. 

Mais la cause était perdue d'avance : le propriétaire du bâtiment, qui n'a pas augmenté le loyer depuis 1993, a cédé aux sirènes de la gentrification, cette demande de logements pour les nouveaux habitants aisés des quartiers populaires qui en chassent progressivement les anciens occupants. 

Il faut dire aussi que Jing Fong depuis un an peinait à payer son loyer, très affaibli financièrement par la crise sanitaire et la fermeture imposée pendant de longs mois. Ce mal-là, bien au-delà de l'institution Jing Fong, il concerne des milliers de restaurants new-yorkais qui ont déjà mis la clé sous la porte ou vont y être condamnés dans les prochains mois. 

Dans la presse gastronomique, comme sur le site Thrillist, on pleure déjà les salles dorées du Jing Fong où chaque famille de la communauté asiatique new-yorkaise a des souvenirs heureux, de repas ou de fêtes. A terme, c'est toute l'âme de Chinatown qui pourrait disparaître, déplore The Nation, tant il est vrai qu'elle tient, cette âme, en grande partie à ces restaurants chinois, à leurs enseignes... Et aux effluves de leurs cuisines.