Le président Zelensky s'est mis en scène sur CNN dans les tranchées de la ligne de front
Le président Zelensky s'est mis en scène sur CNN dans les tranchées de la ligne de front ©AFP - STR
Le président Zelensky s'est mis en scène sur CNN dans les tranchées de la ligne de front ©AFP - STR
Le président Zelensky s'est mis en scène sur CNN dans les tranchées de la ligne de front ©AFP - STR
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En attendant le déclenchement potentiellement imminent d'une guerre ouverte entre la Russie et l'Ukraine au Donbass, les deux pays s'affrontent dans une guerre des informations.

Il y a une semaine, nous vous parlions déjà, dans cette même revue de presse, de la situation tendue dans le Donbass, du regroupement des troupes russes à la frontière : 80 000 militaires prêts à envahir selon Kiev, sans compter les 28 000 combattants séparatistes pro-russes. Une situation qui témoigne tout du moins, d'une hausse de la pression du Kremlin dans ce conflit qui dure depuis 7 ans maintenant, et qui a fait plus de 13 000 morts. Les accrochages sont quasiment quotidiens entre les soldats de l’armée ukrainienne et les séparatistes soutenus par la Russie, et parfois mortels : deux soldats ukrainiens sont morts hier lors de combats sur la ligne de front. Sur le plan diplomatique, les deux pays n'échangent que par déclarations de leur ministre des Affaires étrangères et porte-paroles respectifs, chacun appelant à cesser d'user d'une rhétorique militaire et de désinformation.

Face à cela, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, continue ses appels à l'aide, en direction des Etats-Unis, pour obtenir de la Maison-Blanche un soutien financier, un soutien logistique et un soutien politique auprès de l'OTAN. Et quoi de mieux pour cela, que de mettre en scène ces appels à l'aide. Le chef d'Etat, ancien humoriste et acteur, connaît le pouvoir des images. Il a donc invité la chaine américaine CNN à l'accompagner sur le front. On a donc une équipe de télévision qui suit le président Zelensky au plus près des combats, en hélicoptère d'abord, puis sur le terrain. Le président est habillé en treillis militaire, casque sur la tête, comme s'il se préparait lui-même à l'assaut. "Cela fait sept ans que certains sont là, épuisés par ce conflit", justifie t-il, "il est important de leur montrer que le pouvoir politique est avec eux". Et on découvre des images étonnantes, de tranchées, creusées à même la terre, maintenues avec des troncs d'arbres, de soldats qui évoluent dedans, les pieds dans la boue et le froid. Comme une plongée une centaine d'années en arrière, dans la Première Guerre mondiale. Voilà donc les nouvelles du front que l'Ukraine veut transmettre. Opération de communication réussie en tout cas, tous les médias américains évoquent depuis hier cette séquence. 

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Pendant ce temps, de l'autre côté, la machine médiatique russe tourne également à plein régime. Les journaux reprennent le discours du Kremlin, de justification de la présence militaire à la frontière : des exercices militaires de routine, ou encore, cette déclaration du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov hier, reprise par le site Lenta, qui explique pourquoi les troupes russes sont concentrées à la frontière près du Donbass. "La réponse est très simple", dit le ministre, "nous vivons là-bas, c'est notre pays". A la télévision même, détaille The Independant, le journaliste vedette Dmitry Kiselyov, considéré comme un apôtre de Vladimir Poutine prépare les esprits à une guerre amplement justifiée à ses yeux. Le présentateur qualifie l'Ukraine d'état nazi. La Russie, assène t-il, pourrait n'avoir d'autre choix que de le dénazifier par la force.

Au Royaume-Uni, un ancien Premier ministre se retrouve au coeur d'un scandale politico-financier

On avait presque oublié le nom de David Cameron, Premier ministre entre 2010 et 2016, parti du pouvoir juste après avoir lancé le premier épisode du très long feuilleton du Brexit, avec le référendum sur la sortie de l'Union. Il a quitté la politique et est entré dans le monde du lobbying, en intégrant en 2018 au poste de conseiller spécial, la société financière Greensill Capital, spécialisée dans les financements de court terme pour les entreprises. Une société qui vient de faire faillite et qui fait l'objet d'enquêtes journalistiques depuis plus de trois semaines, du Financial Times et du _Sunday Times_notamment, sur les liens entre l'entreprise, son patron Lex Greensill et le pouvoir. Car il se trouve d'une part que Lex Greensill, a occupé le poste de conseiller non-rémunéré de David Cameron quand il était Premier ministre, qu'il disposait même d'un bureau au 10 Downing Street, et qu'à ce titre, selon le Sunday Times il aurait poussé des lois favorables à ses affaires.  

D'autre part, le rôle de David Cameron ces dernières années, au sein de Greensill Capital, mais pas si loin du pouvoir, puisqu'il a eu des contacts avec des membres du gouvernement, le ministre des Finances, Rishi Sunak, le ministre de la Santé, Matt Hancock, pour tenter d'obtenir notamment des aides pour l'entreprise. Face au scandale de corruption qui monte, raconte le Guardian, le gouvernement britannique a ordonné hier une enquête indépendante sur les activités de lobbying menées par l'ex-Premier ministre. Ce dernier se défend d'avoir violé "ni code de conduite ni règle du gouvernement". Il a en tout cas attendu deux ans, comme la loi l'oblige, avant de se faire embaucher dans le privé. Mais à travers l'affaire, ce sont les pratiques en général qui sont pointées du doigt, des anciens ministres qui quittent leurs fonctions et mettent à profit leur connaissance du pouvoir pour s'enrichir. Un système de "chumocracy", démocratie du copinage, comme le qualifie le Guardian, qui passe d'autant plus mal, en période de crise actuelle. A ce titre, la BBC ne résiste pas à ressortir une déclaration de David Cameron datant de 2010, dans laquelle il met en garde contre le prochain grand scandale qui frappera le monde. Ce scandale à venir, disait-il à l'époque, c'est celui de "la relation bien trop chaleureuse entre le monde politique et celui de l'argent".

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Camille Magnard
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