Robert Badinter pose dans son bureau, le 27 février 2006, près du Luxembourg, à Paris.
Robert Badinter pose dans son bureau, le 27 février 2006, près du Luxembourg, à Paris.
Robert Badinter pose dans son bureau, le 27 février 2006, près du Luxembourg, à Paris. ©AFP - Catherine GUGELMANN
Robert Badinter pose dans son bureau, le 27 février 2006, près du Luxembourg, à Paris. ©AFP - Catherine GUGELMANN
Robert Badinter pose dans son bureau, le 27 février 2006, près du Luxembourg, à Paris. ©AFP - Catherine GUGELMANN
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Résumé

Premier entretien avec Robert Badinter pour ouvrir cette série de quinze épisodes de "Mémorables" dans lequel l'ancien avocat raconte ses origines et son enfance de fils d'immigrés juifs arrivés de Russie.

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Dans ce premier moment de la série des "Mémorables", Robert Badinter évoque ses origines familiales. Il se qualifie de "fils d'immigrés" puisque ses deux parents sont des exilés du Yiddishland, ces zones de la Russie tsariste où étaient parqués les Juifs. La famille de sa mère est partie pour Paris après les pogroms de 1905, puis le reste de la famille est venu "par tranches successives". Il parle de la misère de cette communauté juive mais aussi de la grande solidarité et du rôle fondateur de l'école républicaine en ce début du 20ème siècle. C'est cette école modèle que sa mère a fréquentée, c'est là où elle a appris le français et rattrapé son retard dans sa scolarité.

À réécouter : Robert Badinter et les mondes disparus

Son père, lui, a pu bénéficier en Russie d'études secondaires au Lycée impérial très strict et régi selon des règles militaires. Discriminé en raison de ses origines juives, il devint irrémédiablement hostile au régime tsariste. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est devenu un révolutionnaire attiré par Trotski. Il a quitté l'URSS au début des années 1920 pour venir en France. Une fois arrivé, il a totalement tourné le dos à ses origines russes. Robert Badinter raconte ainsi comment son père refusa d'apprendre le russe à ses enfants et préféra choisir un professeur extérieur à la famille, "pour ne pas que ses enfants puissent penser de quelque façon que ce soit qu'ils aient un lien avec la Russie". Badinter l'affirme : "C'était ça la façon dont on ressentait à cette époque l'intégration républicaine, et ça ne se discutait pas."

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On a du mal à imaginer cette intensité inouïe de l'amour de la France pour des garçons qui avaient été élevés dans le rêve de la république et dans l'amour de la littérature française.

Il décrit le sentiment qu'éprouvaient les Juifs d'Europe centrale à l'égard de la France dans ces années-là, un immense patriotisme et une défense sans limite de la culture et de la littérature françaises : "Dès le départ, il n'y avait de voie tracée pour ces immigrés en France, pour leurs enfants, que celle du savoir."

Une production de Joël Calmettes, réalisée par Pierrette Perrono.

Mémorables - Robert Badinter, entretien 1/15 : Un amour de France (Première diffusion : 04/02/2002)

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