Les trois frères et clowns Alberto, Francois et Paul Fratellini avec leurs costumes et maquillage de scène
Les trois frères et clowns Alberto, Francois et Paul Fratellini avec leurs costumes et maquillage de scène ©Getty
Les trois frères et clowns Alberto, Francois et Paul Fratellini avec leurs costumes et maquillage de scène ©Getty
Les trois frères et clowns Alberto, Francois et Paul Fratellini avec leurs costumes et maquillage de scène ©Getty
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La place et le statut du clown sur scène a beaucoup évolué dans l'histoire. S'il n'était d'abord qu'un personnage secondaire servant de faire valoir aux circassiens et comédiens, il s'impose progressivement sous les projecteurs, en peaufinant son allure, son entrée et son jeu avec ses partenaires.

Avec
  • Pascal Jacob Historien du cirque et directeur artistique du cirque Phénix

Le mot clown provient de l'anglais ancien "clod", qui signifie "motte de glaise" et qui pointe ainsi du doigt l'origine rustre du personnage. Ses attributs offrent un contre-point à toutes les valeurs nobles, puisqu'il est à la fois maladroit, malappris et malséant. Ainsi, de l'Antiquité au Moyen Âge, le clown est ce saltimbanque, ce farceur et ce fou qui se présente sous les traits d'un roi à l'envers. Au XVIe siècle, le théâtre italien de la Commedia dell'arte puise dans cet héritage pour composer le personnage d'Arlequin, dont le masque noir et le costume fait de losanges multicolores démontrent la pauvreté et la fourberie. L'auteur de théâtre Goldoni a hissé ce genre à son sommet tout en le modernisant, en fixant dans l'écriture un jeu qui était jusque là improvisé. Devenu un véritable miroir des vicissitudes humaines, ce théâtre à l'humour corrosif a fortement influencé Molière. Toutefois, le clown est avant tout un être de scène, et c'est dès la fin du 18ème siècle qu'il est présenté au public comme tel. Pour le devenir, il lui a fallu tout apprendre : la musique, l'acrobatie, la mise en scène, l'art du maquillage et du costume, bien que ce soit le sens de l'humour qui ait fait toute la différence. Le registre du clown a été fondé notamment par Jean-Baptiste Dubois, membre de la troupe de Philip Astley, lors du spectacle dit de La Course du tailleur à Brentford où l’on voyait un cavalier vêtu de l’uniforme des tailleurs de l’armée. Le personnage provoquait immédiatement des rires par sa maladresse et son incapacité à se tenir correctement en selle. Il ouvrit ainsi la voie au « Môssieur Clown », symbole du souffre-douleur et transfuge du personnage de Pierrot dont tout le monde se moque. Le jeu clownesque s'est ensuite élargi à la fin du XIXe siècle avec l'apparition de l'Auguste qui a permis de mettre en place un jeu en duo d'une subtile alchimie. De grands artistes tels que Laurel et Hardy ou Pipo et Rhum en ont révélé la puissance comique, jusqu'à ce que les frères Fratellini ajoutent un troisième personnage, rappelant ainsi à quel point les ficelles du comique sont susceptibles d'être renouvelées. 

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Clémentine Boulard
Production déléguée