Astor Piazzolla lors d'un concert à Amsterdam, le 26 juin 1989
Astor Piazzolla lors d'un concert à Amsterdam, le 26 juin 1989
Astor Piazzolla lors d'un concert à Amsterdam, le 26 juin 1989 ©Getty - Peter Schellekens
Astor Piazzolla lors d'un concert à Amsterdam, le 26 juin 1989 ©Getty - Peter Schellekens
Astor Piazzolla lors d'un concert à Amsterdam, le 26 juin 1989 ©Getty - Peter Schellekens
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Résumé

Astor Piazzolla, né en Argentine en 1921 et mort dans le même pays en 1992, a réinventé le tango. Le basculement qu'il a engagé vers la musique moderne lui a valu de nombreux reproches chez les tenants du tango traditionnel, en même temps que des invitations sur les grandes scènes du monde entier.

avec :

Christophe Apprill, Emmanuelle Honorin (Photojournaliste).

En savoir plus

Son nom est définitivement associé au tango, pourtant Astor Piazzolla préférait parler seulement de musique à son sujet. De fait, s'il s'est bien emparé des codes et des instruments du tango, le compositeur passé par New-York et formé au conservatoire à Paris était intéressé par ce genre pour sa teneur musicale et pour l'expérimentation rythmique qu'il rend possible, et non pour les pratiques sociales et folkloriques auxquelles le tango renvoie. Ainsi Astor Piazzolla a-t-il inventé une forme nouvelle, qu'il appelait tango nuevo, plus variée et plus complexe, pour laquelle il déconstruit les éléments traditionnels du tango, emploie des techniques issues de la musique contemporaine, et fait appel à des instrumentistes classiques. Ce décloisonnement du tango, semblable à ce qui se produit pour le jazz à la même époque, lui vaudra d'être très contesté par les tenants du tango traditionnel.

Ainsi, entre les notes entendues de Bach qui lui donneront envie d'apprendre le piano d'une part, et la figure tutélaire de Carlos Gardel qui le prendra brièvement sous son aile de l'autre, Astor Piazzolla traverse successivement la Buenos Aires où le tango s'apprête à devenir un phénomène de masse (au début des années 1940), le bouillonnement créatif de Paris de l'après-guerre et l'enseignement de la musicologue et pianiste Nadia Boulanger (qui aura aussi fortement marqué Philip Glass), ou les secousses politiques que connait l'Argentine à partir des années 1960...

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En compagnie de nos deux invités du jour, nous retraçons quelques lignes directrices de l'art d'Astor Piazzolla et quelques unes de ses étapes biographiques, pour voir comment celui-ci a fait vivre sur les scènes du monde entier une version réinventée du tango, qui a inspiré d'autres artistes bien au-delà de sa mort en 1992.

Dans sa Pièce jointe, Romain de Becdelièvre évoque les rapports ambigus du compositeur avec l'auteur de L'Aleph, Jorge Luis Broges.

3 min

Les invité.e.s

  • Emmanuelle Honorin est ethnologue, spécialiste des musiques populaires, journaliste et productrice de musiques du monde. Elle a co-signé le Dictionnaire amoureux du Tango édité au Seuil en 2015, et elle est l'autrice de l'essai biographique Astor Piazzolla, le tango de la démesure, paru aux éditions Demi-Lune en 2011.
  • Christophe Apprill est sociologue et danseur. Il a notamment écrit Les Audaces du tango (Transboréal, 2018) une Sociologie des danses de couple, Une pratique entre résurgence et folklorisation (L’Harmattan, 2006), ou encore Tango, Le couple, le bal et la scène (Autrement, 2008).
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée
Aloïs Guérin
Stagiaire