Chouchou, mamour, bibou : de quoi les surnoms sont-ils le nom ?

Chaton, poussin, pupuce, princesse : et vous ? Comment appelez-vous votre moitié.e ?
Chaton, poussin, pupuce, princesse : et vous ? Comment appelez-vous votre moitié.e ? ©Getty - CSA-Printstock
Chaton, poussin, pupuce, princesse : et vous ? Comment appelez-vous votre moitié.e ? ©Getty - CSA-Printstock
Chaton, poussin, pupuce, princesse : et vous ? Comment appelez-vous votre moitié.e ? ©Getty - CSA-Printstock
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Vous avez beau les détester, vous les subissez. Pire, vous les utilisez peut-être. Mais d’où viennent-ils ? Comment s’imposent-ils ? Et quelle place occupent-ils dans notre langue ? Entre marque d’affection et infantilisation cucul, de quoi les surnoms sont-ils donc le nom ?

Avec
  • Julie Neveux Maîtresse de conférences en linguistique à Sorbonne Université

Chouchou, Jeannot, mon lapin, chéri, Pierrot, bibou... personne n'échappe aux surnoms. Qu'on le veuille ou non, il y a comme une fatalité du surnom, de ce petit nom qui nous tombe dessus et qu'on a sur le bout de la langue, qu'on ne peut s'empêcher de donner à nos amis et surtout à nos amours. 
Comme si, malgré nous, on avait besoin de signifier quelque chose en plus, de montrer que cette personne, c'était pas n'importe qui.
Mais pourquoi ? Qu'est-ce que ça veut dire de dire ça ? Et comment moi, qui pensais être au-dessus de ça, suis-je tombé dans le piège du surnom cucul ?

Surnom amical ou amoureux ?

“Le surnom exprime quelque chose de très fort dès lors qu’il y a une création linguistique. Seb, Gégé… ce ne sont pas forcément des surnoms inventifs mais plutôt des codes amicaux que n’importe qui peut reprendre. Le surnom dans le couple est souvent différent parce qu’on a besoin de rebaptiser quelque chose, de créer une nouvelle forme de familiarité.” Julie Neveux

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Le prénom : point d'ancrage de la rêverie amoureuse

“Lors d’une rencontre amoureuse, le prénom n’est pas directement associé à la personne. Il remplit sa fonction de nom propre à merveille car il ne renvoie à rien d’autre qu’à lui-même. Le prénom ne dit rien sur les traits de caractère d’une personne. Il y a une sorte de flottement du nom propre qui peut mener à des envolées lyriques car on tente de l’appréhender, de se l’approprier. Il est le point d’ancrage d’une rêverie.” Julie Neveux

Sons diffusés :

  • Mix par Nicolas Berger : Fernandel, On m’appelle Simplet (1942) ; Eminem My name is (1999) ; Boby Lapointe, Bobo Léon (1974) ; The Miracles, Ooh Baby Baby (1965) ; Félix Mayol, Viens poupoule (1932) ; Julien Clerc, Elle voulait qu’on l’appelle Venise (1976) ; The Ting Tings, That’s not my name (2008) ; Bob Dylan, Gotta serve somebody (1979) ; Isabelle Adjani, Et moi chouchou (1983) ; Renaud, Le p’tit bal du samedi soir (1981) ; Aya Nakamura, Doudou (2020)
  • Extrait du film de Robert Wise et Jerome Robbins, West Side Story, 1962
  • Chanson de Françoise Hardy, Moi vouloir toi, 1989
  • Extrait de la saison 2 de la série de Phoebe Waller-Bridge, Fleabag, 2016-2019
  • Compilation de Louis de Funès qui appelle sa femme Josépha, “ma biche” dans la série des Gendarmes, 1964-1982
  • Extrait de l’épisode 75 de la saison 3 de la série d'Isabelle Camus et Hélène Jacques, Un gars, une fille, 1999 -2003
  • Chanson de Félix Mayol, Les petits noms, 1928

Bibliographie :

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