Cochenilles "Dactylopius coccus" au centre et pigments dérivés. ©Getty - fitopardo
Cochenilles "Dactylopius coccus" au centre et pigments dérivés. ©Getty - fitopardo
Cochenilles "Dactylopius coccus" au centre et pigments dérivés. ©Getty - fitopardo
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Résumé

À première vue, aborder la peinture par le versant de la cochenille peut sembler saugrenu. C'est pourtant un moyen efficace de comprendre l'histoire de l'art autrement, en inscrivant la valeur esthétique dans une histoire plus large des pigments, à la fois technique, économique et sociopolitique…

avec :

Georges Roque.

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La cochenille Dactylopius coccus est un petit insecte originaire d'Amérique du sud et du Mexique, parasite notoire des figuiers de barbarie. Cette espèce a pour particularité de contenir une très grande proportion d'acide carminique, ce qui lui confère un important pouvoir colorant. Dans l'Amérique précolombienne, cette qualité était mobilisée pour de nombreux usages, aussi bien corporels que textiles. C'est peut-être pour cette raison que, dès le début du XVIe siècle, la cochenille est l'une des toutes premières denrées du Nouveau Monde qui se repend sur les marchés européens.

51 min

En suivant le fil du considérable essor de ce pigment en Europe, c'est une histoire matérielle de la couleur que se propose de faire Georges Roque : la présence d'un rouge de cette teinte dans La Mort d'Actéon de Titien s'explique aussi bien par la décision esthétique de son auteur que par l'histoire des échanges commerciaux entre les différentes rives de l'Atlantique et la concurrence économique des pays d'Europe entre eux, dont dépendent le prix des pigments et les possibilités effectives d'approvisionnement des ateliers. Documentées par l'histoire de leurs matières premières, ce sont d'autres histoires de la peinture ainsi que du vêtement qui se déploient ainsi, où la signifiance d'une couleur est à chercher aussi dans la scène politique et le contexte économique auxquels on la destine.

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C'est une autre présence du rouge qui baigne la Pièce jointe de Romain de Becdelièvre : celle que mobilise Dario Argento dans Les Frissons de l'angoisse.

3 min
  • Georges Roque est philosophe et historien de l'art, membre du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (CRAL) et chercheur au CNRS. Ses travaux portent sur la théorie de la couleur et sur les problématiques d'argumentation et de persuasion visuelle. Il est notamment l'auteur d'Art et science de la couleur (Gallimard, 2009), de Quand la Lumière devient couleur (Galllimard, 2018) et récemment de La cochenille, de la teinture à la peinture - Une histoire matérielle de la couleur (Gallimard, 2021).
Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Cyril Marchan
Production déléguée
Aloïs Guérin
Stagiaire