Illustration pour "Le vingtième siècle: La vie électrique" d'Albert Robida (1848-1926).
Illustration pour "Le vingtième siècle: La vie électrique" d'Albert Robida (1848-1926). ©Getty
Illustration pour "Le vingtième siècle: La vie électrique" d'Albert Robida (1848-1926). ©Getty
Illustration pour "Le vingtième siècle: La vie électrique" d'Albert Robida (1848-1926). ©Getty
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Le XIXe siècle fut le grand siècle de la futurologie. La littérature s'est emparée des thèses positivistes, des avancées techniques et du rationalisme ambiant pour réinventer la dystopie.

Avec
  • Valérie Stiénon enseignante-chercheuse (MCF) en littérature des 19e-21e siècles à l'Université Sorbonne Paris Nord

Albert Robida, Jules Verne, Emile Souvestre, Camille Flammarion ou encore Léon Daudet, ces écrivains peuvent être qualifiés d’écrivains de science-fiction même s'ils ne se sont jamais réunis pour poser ensemble les principes de cette nouvelle forme de littérature qui se met en place tout au long du XIXe siècle et qui imagine ce que sera l'avenir. Des rôtisseries géantes, des tuyaux à soupes qui traversent la ville, des taxis volants, des écrans télévisés... Autant d'inventions qui anticipent les réalisations techniques d'aujourd'hui. Pour autant, est-ce que leur vision de l'avenir reste ancrée dans les conceptions propres au XIXe siècle ? Dans quelle mesure s'agit-il d'inventions ingénieuses ou de prises en considération des progrès qui sont en cours ? La dystopie est un laboratoire à hypothèses et scénarios apocalyptiques, qui couvrent tout autant la science que la politique. On se souvient du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley qui préfigure la société totalitaire, mais c'est au XIXe siècle que la littérature dystopique s'est ancrée avec Stuart Mill ou Victor Hugo par exemple, qui, en 1848, écrivait dans ses Choses vues : "Nous sommes sur le radeau de la Méduse de Géricault, et la nuit tombe". C'est cependant Albert Robida qui fut le principal représentant de ce courant littéraire. Né en 1848 et mort en 1926, après une carrière de dessinateur de presse et de caricaturiste, il publie à partir de 1883 son grand roman d'anticipation, composé de trois volumes et intitulé Le vingtième siècle. Quelles sont les obsessions et inquiétudes de son époque dont rend compte son œuvre ? Fasciné par le moyen-âge, il réalise un quartier d’habitations médiévales durant l’exposition universelle de 1900 et devient une sorte de reporter du passé. Le présent n’est-il qu’un pont entre ce qui l’intéresse vraiment, le passé et l’avenir ? 

  • L'invité : Valérie Stiénon, maîtresse de conférences en littérature française du XIXe-XXe siècles à l’Université Paris XIII, éditrice avec Clément Dessy de (Bé)vues du futur: Les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940) paru aux Presses universitaires du Septentrion en 2015.