Pierre-Auguste Renoir (1841–1919), "L'enfant à l'oiseau", (Mademoiselle Fleury dans un costume algérien), 1882, huile sur toile, (126,4x78,1cm).
Pierre-Auguste Renoir (1841–1919), "L'enfant à l'oiseau", (Mademoiselle Fleury dans un costume algérien), 1882, huile sur toile, (126,4x78,1cm). ©Getty
Pierre-Auguste Renoir (1841–1919), "L'enfant à l'oiseau", (Mademoiselle Fleury dans un costume algérien), 1882, huile sur toile, (126,4x78,1cm). ©Getty
Pierre-Auguste Renoir (1841–1919), "L'enfant à l'oiseau", (Mademoiselle Fleury dans un costume algérien), 1882, huile sur toile, (126,4x78,1cm). ©Getty
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La représentation de l’enfant dans la peinture n’a jamais été une évidence puisqu’il n’y avait à l’origine que très peu de portraits d’enfants ordinaires. La manière dont ils sont dépeints traduit souvent des questionnements plus larges, d'ordre religieux ou politiques.

Avec
  • Nadeije Laneyrie-Dagen Professeure d'histoire de l'art à l'Ecole normale supérieure (ENS)
  • Sébastien Allard Conservateur général du Patrimoine, Directeur du département des Peintures du musée du Louvre

S’il y a peu de représentations d’enfants dans la peinture du Moyen Âge, c’est notamment parce que l’infans était dans la société assez mal considéré, associé à un fou et privé du droit à la parole. Seul l’enfant Jésus faisait l’objet d’une admiration unanime, et pourtant, dans les multiples Vierge à l’Enfant qui existent, son corps ne ressemble pas à celui d’un nouveau-né. Cela s’explique d’une part par le fait que l’enfant Jésus est moins un enfant qu’un être miraculeux et d’autre part par l’interprétation religieuse à laquelle les peintres sont soumis selon le pays où ils vivent. Ainsi, alors que les Italiens veulent que l’on devine Dieu dans l’enfant Jésus, les Flamands, eux, assument cette incarnation. Dans le même esprit, les peintres de la Renaissance européenne, dès XIVe siècle, affirment nettement la dimension sexuelle du Christ dans les représentations. Un tournant décisif s’opère au XVIe siècle, puisque les peintres s’intéressent alors aux enfants particuliers, et non plus seulement à Jésus, et lui offrent la première place en faisant leurs portraits. Il y eut même l’apparition de « vedettes » du portrait, tel  Philippe le Beau qui fut l’un des plus représenté. Mais quand est-ce que l’enfant a commencé à être représenté pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il allait devenir ? En quoi est-ce plus difficile de peindre un enfant qu’un adulte ? Est-ce qu’il ne symboliserait pas la plupart du temps l’idée de l'innocence perdue ? 

  • Les invités : Sébastien Allard, directeur du département des Peintures du musée du Louvre et auteur notamment de L'Art français ; XIXè siècle publié chez Flammarion en 2006 et Nadeije Laneyrie-Dagen, professeure d'histoire de l'art à l'École normale supérieure de Paris et spécialiste de la Renaissance, autrice notamment de L’Invention du corps. La représentation de l’homme du Moyen Âge à la fin du XIXè siècle publié aux éditions Flammarion en 1997 mais aussi de Histoire de l’art pour tous aux éditions Hazan en 2011, co-auteurs avec Emmanuel Pernoud, professeur d'histoire de l'art à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l'ouvrage L’enfant dans la peinture publié aux éditions Citadelle et Mazenod en 2011. 

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Anne-Vanessa Prévost
Collaboration
Didier Pinaud
Collaboration
Laurence Jennepin
Collaboration
Clémentine Boulard
Production déléguée